L’heure est à la vente

Photo de Julien Dubois (Initiative de Journalisme Local)
Par Julien Dubois (Initiative de Journalisme Local)
L’heure est à la vente
Les maisons en vente sont rares sur Chambly. (Photo : (Photo : Julien Dubois))

Chambly À la suite de l’extraordinaire inflation du prix des maisons et de l’attractivité des taux d’intérêt ces derniers mois, le paysage foncier s’est transformé radicalement au Québec et sur Chambly. Deux agents immobiliers nous dépeignent la situation actuelle.

Pour ceux qui rêvent d’une baisse des prix, il faudra encore attendre : « On est encore dans la surenchère sur certaines propriétés, souligne Nicole Gingras, de l’agence RE/MAX. Les propriétés évaluées à plus de 800 000 $ se vendent plein prix et les offres d’achat se multiplient pour les maisons plus abordables. Il n’est pas rare de voir arriver sur notre table une proposition à 100 000 $ de plus que le prix affiché. » Un phénomène qu’explique Richard Massicotte, aussi de RE/MAX : « L’inventaire est encore bas. Peu de maisons sont à vendre, si bien que les montants affichés sont encore plus hauts qu’en mars dernier. »

« Nous constatons l’arrivée de beaucoup de familles venant de Montréal. » – Nicole Gingras

Outre le fait que peu de maisons sont à vendre, il existe aussi un attrait particulier pour Chambly et ses environs : « Nous constatons l’arrivée de beaucoup de familles venant de Montréal, explique Nicole Gingras. Elles viennent ici pour la tranquillité. La circulation et les travaux y sont aussi moindres. On peut ajouter aussi le fait que Montréal soit moins sécuritaire. Enfin, le prix des propriétés est inférieur d’environ 30 % par rapport à l’île de Montréal. Pour une petite maison avec des travaux à réaliser à Montréal, vous pouvez obtenir un pavillon clés en main à Chambly ou dans les communes environnantes. On se rapproche d’ailleurs des prix de Longueuil, mais il reste encore une marge. » L’augmentation des prix se poursuivra-t-elle dans le futur ou une stagnation, voire une baisse sont à prévoir? Richard Massicotte livre son analyse : « Le marché a brutalement changé à la mi-juin. La tendance est encore à la surenchère, mais il se peut que l’ensemble se stabilise prochainement. Selon moi, c’est le meilleur moment pour vendre. Il existe beaucoup de demandes pour Chambly comme dans toute la Montérégie. »

La frilosité des banques

L’autre grande interrogation est le comportement des banques. Après avoir proposé des taux variables très bas sur lesquels bon nombre d’acheteurs se sont rués, l’heure est au retour sur terre avec un chiffre actuel tournant autour de 5,5 %, alors qu’il était en dessous de 2 % quelques mois auparavant : « Il est vrai que les banques sont davantage frileuses, poursuit Nicole Gingras. Aujourd’hui, elles qualifient les acheteurs à hauteur de 7 %. Les taux vont certainement tourner autour de cela désormais. Mais c’est compliqué pour beaucoup de ménages d’assumer une hypothèque à ce prix. Néanmoins, les banques ne sont pas intéressées à récupérer des maisons de mauvais payeurs pour essayer de les revendre. Elles vont plutôt chercher une entente, comme un terme sur 30 ans au lieu de 20 ans. Les propriétaires vont payer plus longtemps mais seront dans la capacité d’absorber le coût de l’investissement. À noter que les foyers ayant contracté pour un taux garanti de six mois ne sont pas touchés par cette hausse. »

Richard Massicotte confirme que le taux d’intérêt peut être un frein actuellement pour l’achat d’une maison : « C’est le problème principal! Durant la COVID, les prix et les taux étaient bas par rapport à maintenant. Je n’ai pas de boule de cristal, mais il est fort possible que cela se stabilise en 2023. »

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