Leur lieu d'entraînement passe au feu: Les pompiers dans l'embarras

Leur lieu d'entraînement passe au feu: Les pompiers dans l'embarras

INCENDIE. Quelques heures après avoir effectué des simulations d’incendie sur une maison désaffectée, les pompiers de Chambly ont été pris au dépourvu lorsqu’ils ont dû revêtir leur uniforme à nouveau pour combattre un feu qui faisait rage… au même endroi

Un appel a été logé au 911 le 20 septembre vers 23h25 pour signaler un incendie au 1732, rue des Tulipes sur l’île Goyer. Un peu plus tôt dans la journée, le Service de sécurité incendie de Chambly avait donné une formation pratique à 26 pompiers dans cette demeure.

Contacté à ce sujet, le directeur du service, Stéphane Dumberry, affirme qu’il était peu probable que l’incendie soit dû à la pratique des pompiers, mais il note qu’une erreur est possible.

«Ça pourrait être eux. Il n’y a personne d’infaillible», se défend-il. Lors de l’entrevue téléphonique, le porte-parole semblait être sur la défensive. «Ce n’est pas très agréable de  vous parler. J’ai l’impression que cet article va mal tourner», a-t-il déclaré.

Lors du départ des pompiers vers 17h, il indique que tout avait été arrosé, ce qui explique la grande quantité d’eau retrouvée au sous-sol. De plus, des caméras thermiques ont été utilisées pour s’assurer qu’il n’y ait plus aucune source de chaleur sur le terrain.

Les pompiers sont retournés sur le lieu de la formation vers 22 h, après avoir répondu à un appel dans le secteur, pour s’assurer que tout était beau. Mais ils n’avaient pas de caméra thermique en leur possession. «Les procédures ont été suivies à la lettre. J’étais sur place», affirme toutefois M. Dumberry.

M. Dumberry va même jusqu’à penser que l’incendie aurait pu être déclenché volontairement par un individu.

Toutefois, celui-ci affirme qu’aucune enquête ne sera effectuée. «Quand nous trouvons la cause, c’est pour faire un programme de prévention. Nous ne mettrons pas de l’argent et de l’énergie parce que cette résidence est vouée à la destruction. En plus, nous ne pouvons pas faire d’enquête si tout est brûlé», soutient-il.

Des doutes chez les voisins

René Laprade, un résident du secteur, s’est réveillé vers 23h30 en raison du bruit sur les lieux de l’incendie. Après s’être rendu sur place, il doute de la version des pompiers selon laquelle de l’accélérant aurait été utilisé.

C’est l’hypothèse qui a été soulevée par les pompiers qu’il a rencontré sur place, convaincus que « le feu n’aurait pas pu repartir aussi rapidement sans cela », affirme M. Laprade.

«Je ne comprends pas pourquoi quelqu’un aurait mis de l’accélérant sur une maison déjà brûlée. Normalement, les pratiques sont pour les pompiers plus jeunes», s’est-il limité à dire.

Son voisin, André Moquin, partage cette position. «Je crois que les pompiers ont mal éteint le feu et qu’il a repris tranquillement», soutient-il.

Pour ce qui est de l’utilisation d’un accélérant, le directeur du service indique qu’aucun test n’a été réalisé pour le démontrer.

«Nous faisons seulement des tests lorsqu’il y a des décès ou des pertes matérielles, par exemple si la maison à côté brûle aussi», explique-t-il.

À 13 pieds d’une autre maison

Pour Stéphane Dumberry, cette pratique n’impliquait aucun risque pour les résidences à proximité.

«Il y a quatre personnes qui nous ont offert leur maison cette année et nous les avons presque toutes refusées, car c’était trop dangereux. Celle-ci était idéale, car elle est à 80 pieds des autres demeures et il y a deux sources d’eau de disponibles, une borne-fontaine et la rivière», raconte-t-il.

Pourtant, après vérifications du Journal de Chambly à l’aide d’un ruban à mesurer, la maison se trouve à environ de 13 pieds de la haie de cèdres bordant la demeure d’un voisin et à environ 30 pieds de la résidence d’un autre voisin.

Rencontré sur les lieux, le propriétaire de la maison non-habitée qui veut taire son nom ne croit pas l’incendie est dû à la formation effectuée par les pompiers précédemment. Il a aussi démenti l’allégation portée contre lui par certains de ses voisins à l’effet qu’il aurait lui-même déclenché le feu. Selon lui, la cause de l’incendie serait tout autre, mais il n’a pas voulu s’avancer à ce sujet.

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