Les vestiges de la maison Boileau seront fouillés

Par Martine Veillette
Les vestiges de la maison Boileau seront fouillés
La maison Boileau a été détruite en novembre. (Photo : Martine Veillette)

Le terrain laissé vacant par la démolition de la maison Boileau fera l’objet de fouilles archéologiques. La Ville de Chambly a octroyé un contrat en ce sens à la firme Artefactuel.

« On veut boucler la boucle pendant que le trou est ouvert. Tout le monde a hâte de sécuriser les lieux et qu’on arrête de payer les frais pour les clôtures », soutient la mairesse Alexandra Labbé. Elle ajoute que « la population a besoin d’avoir des réponses pour faire le deuil de cette histoire ».

Au coût maximal de 19 000 $, le contrat prévoit les fouilles mais aussi que les Amis de la maison Boileau et la Société d’histoire de la Seigneurie de Chambly soient impliqués et que les trouvailles soient présentées aux citoyens. Le trou devrait ensuite être remblayé.

Il a été octroyé à la firme qui a déjà effectué des fouilles et produit des rapports concernant ce site. La Ville a donc pris en considération qu’Artefactuel « possédait les connaissances du terrain pour poursuivre les travaux de recherches sur l’espace laissé vacant ».

Bel accueil

Cette décision a été reçue avec joie par le regroupement les Amis de la maison Boileau, par la Société d’histoire de la Seigneurie de Chambly ainsi que par l’ancien candidat péquiste, Christian Picard, qui avait tout tenté pour que la démolition soit arrêtée.

« On ne peut qu’être ravi de constater que la demande qu’on a réitérée à maintes reprises soit entendue », s’est exclamée Louise Chevrier, des Amis de la maison Boileau.

« La Société d’histoire avait elle-même recommandé que des fouilles archéologiques ou à tout le moins des sondages soient entrepris sur ce site très ancien », souligne Paul-Henri Hudon, le président.

M. Picard, à qui nous l’apprenons et qui l’avait également demandé, a indiqué que c’était « une excellente nouvelle. Je suis très heureux que la Ville soit proactive et que nous ne soyons plus obligés de la pousser pour que le patrimoine soit respecté ». Il a ajouté que « les fouilles étaient une belle avenue avant de reconstruire ».

Il précise toutefois qu’il aimerait que des écoles soient impliquées dans ces fouilles. « Ça permet de leur transmettre des connaissances sur le patrimoine et l’histoire. Le ministère de la Culture dispose de fonds pour ce type de projet », indique-t-il.

La mairesse ne croit pas que ce sera possible. « Je ne crois pas que les infrastructures le permettront. Les étudiants seront invités à la présentation des résultats », dit-elle.

« Ces fouilles nous permettront d’en apprendre plus sur la famille Boileau et surtout sur l’histoire de Chambly. » – Louise Chevrier

Potentiel

Selon le rapport qu’avait remis la firme d’archéologues, le site aurait un potentiel. C’est une des raisons qui ont incité les élus à octroyer ce contrat.

Le site « bordait vraisemblablement une piste indienne antique. Ce fut une des premières terres concédées dès 1710 et une des premières défrichées. Il y a donc des possibilités d’artefacts divers que ce sol pourrait recouvrir », mentionne M. Hudon.

Mme Chevrier mentionne que deux chemins anciens passaient près de ce site. « On sait que le site est occupé depuis 1704, indique-t-elle. Avant la maison Boileau, il y avait une autre maison. Ces fouilles nous permettront d’en apprendre plus sur la famille Boileau et surtout sur l’histoire de Chambly. » Elle ajoute que cette démolition a « privé la population d’un pan de son histoire ».

Projet

Pour le moment, aucun projet n’est prévu pour meubler le site laissé vacant en novembre. La mairesse assure que la population sera consultée avant qu’un projet final soit approuvé. « On aura une oreille attentive à la population. Pour moi, on ne peut cicatriser la plaie en deux temps, trois mouvements. Il faut prendre le temps de faire les choses comme il faut. Il n’y a pas d’urgence de reconstruire. On va prendre le temps », affirme Mme Labbé.

Rappelons que la maison a été démolie le 22 novembre, sous la directive de l’ancien directeur général, Michel Larose. Il alléguait des raisons de sécurité pour expliquer cette décision.

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