Les enseignants en négociation de leur convention collective

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Par Martine Veillette
Les enseignants en négociation de leur convention collective
Des banderoles ont été accrochées devant des écoles du Centre de services scolaire des Hautes-Rivières. (Photo : courtoisie)

À travers les mesures entourant la pandémie, les enseignants sont en négociation avec le gouvernement pour convenir d’une convention collective. Déçus du déroulement, des professeurs exercent certains moyens de pression.

Une opération visibilité a été organisée dans les écoles du Centre de services scolaire des Hautes-Rivières le 8 octobre. Les enseignants ont installé des banderoles avec la mention En éducation, faut que ça change maintenant, thème de leurs négociations.

Ysabel Racine, secrétaire générale du Syndicat de l’enseignement du Haut-Richelieu, membre de la CSQ, mentionne qu’initialement, cette action était prévue en septembre. « Avec toutes les incertitudes liées à la COVID et la rentrée, on trouvait que ce n’était pas la meilleure idée », dit-elle. Le 5 octobre était la journée des enseignants, c’est donc pour cette raison que l’action a été reprise durant cette semaine. Ce mouvement veut souligner que les négociations ne sont pas réglées. « La COVID n’a pas réglé les problèmes. Elle a plutôt alourdi la tâche », soutient-elle.

Mme Racine poursuit en soulignant que l’offre gouvernementale n’ajoute pas de luxe à la profession pour attirer du personnel. « Ce n’est pas qu’une question d’argent. Il faut avoir des personnes disponibles pour pouvoir les engager », souligne-t-elle.

« Les tables continuent de siéger. Je ne sens pas d’animosité. Je sens que les gens veulent discuter et trouver des solutions », a indiqué le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge.

« La COVID n’a pas réglé les problèmes. Elle a plutôt alourdi la tâche. » – Ysabel Racine

Demandes

Les différents syndicats de l’enseignement, représentés par la CSQ et la Fédération des syndicats de l’enseignement, souhaitent que leurs conditions soient améliorées afin que l’emploi soit plus attractif.

Un des cinquante points est la baisse des ratios dans les classes. « Ça aiderait beaucoup à la distanciation. La pandémie nous a fait réaliser à quel point nos classes sont petites et bondées », avance Mme Racine.

Les syndicats voudraient aussi que la pondération des élèves en difficulté soit prise en compte dans ces ratios. « Il y a beaucoup d’élèves à besoins particuliers qui sont intégrés dans les classes, mais sans avoir plus de bras pour s’en occuper », déplore-t-elle.

Finalement, le salaire est également au cœur des demandes syndicales. « On est les moins bien payés à travers le pays. Ça n’aide pas à valoriser le métier », dénonce Mme Racine. Elle ajoute que « le système s’appuie sur le bénévolat des professeurs, ce qui contribue à leur épuisement ».

D’autres moyens de pression pourraient être mis de l’avant au cours des prochaines semaines. « Si le gouvernement ne se réveille pas et ne fait pas de l’éducation sa priorité, comme il le dit, il va falloir prendre des moyens plus lourds », avertit Mme Racine. Une assemblée générale est prévue le 27 octobre. Les moyens de pression y seront entre autres abordés.

Du côté du Syndicat de Champlain, personnel enseignant et de soutien, qui représente le personnel du Centre de services scolaire des Patriotes, on mentionne que les négociations piétinent. Les membres seront consultés afin d‘établir des moyens de pression et des actions à mettre de l‘avant.

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