Les bulles-classes éclatent entre les heures de classe

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Par Jean-Christophe Noël
Les bulles-classes éclatent  entre les heures de classe
École secondaire du Mont-Bruno. (Photo : archives)

La notion des bulles-classes n’est pas un système facilement applicable, particulièrement au secondaire où la vie sociale gagne en importance et où la notion d’appliquer les règlements n’est pas une priorité pour tous à l’adolescence.

« Tu t’en vas à 100 pieds de l’école, plus personne n’a de masque, on se fait des câlins, des poignées de main, on s’échange la vapoteuse à tour de bras, etc. Ensuite, ils nous disent de se laver mais il est trop tard. Ton lavage de mains, il n’est plus efficace. Oui, ils mettent des restrictions mais, au final, ça donne rien », mentionne Philippe*, Chamblyen de quatrième secondaire à l’école secondaire du Mont-Bruno.

En attendant l’agrandissement de l’école secondaire de Chambly, les adolescents de quatrième et cinquième secondaire de Chambly et de Carignan s’entassent à l’école secondaire du Mont-Bruno. L’absence de casiers ajoute à la gymnastique de logistique liée à l’espace.

« On est 36 dans la classe et on devrait être 37. On était pris dans une classe pas de fenêtres, on manquait de place et il y avait même deux personnes qui regardaient le tableau perpendiculairement. Étant donné que nous n’avons plus de casiers, on doit entrer en classe avec nos sacs pleins, nos vestes. Ce sera quoi cet hiver avec les bottes et les gros manteaux? », questionne l’adolescent. À la suite de la demande de plusieurs parents, les élèves du groupe de Philippe ont changé de local.

« Tu t’en vas à 100 pieds de l’école, plus personne n’a de masque, on se fait des câlins, des poignées de main, on s’échange la vapoteuse à tour de bras. » – Philippe, élève de quatrième secondaire

Éducation physique

Les élèves n’ont plus accès aux vestiaires et n’ont pas le droit de se changer en classe pour leur cours d’éducation physique. Ils doivent donc arriver à l’école avec leur tenue de sport ou la porter sous leurs vêtements habituels. Il est permis de croire que 36 adolescents aux hormones actives, dans une même classe sans fenêtres, portant leur linge rempli de sueur pourraient créer une ambiance particulière pour l’odorat.

« Je viens de m’acheter des joggings. Habituellement, je suis en short. Là, on n’a plus le droit de se changer. Il faudrait que j’arrive avec des shorts sous mon pantalon, mais je ne suis pas confortable ainsi et à 10 degrés, tu ne pars de chez toi en shorts le matin. On se fait dire d’apporter notre antisudorifique et d’en mettre plus pendant la journée », explique le jeune Chamblyen.

Réussite scolaire

Le passage au secondaire n’est pas une étape facile pour tous les adolescents. Comment cette ‘’nouvelle’’ école peut-elle impacter un élève?

« Déjà, je suis peu motivé d’aller à l’école. Je ne suis pas super bon et on m’impose cette nouvelle réalité. Je ne dis pas que je vais lâcher demain matin, mais ça n’embellit pas tes journées, disons. Ce sont des journées qui demandent encore plus de préparation. Ça ajoute au poids », conclut Philippe.

Cégep

Le cégep n’est pas épargné par ces bouleversements. C’est le cas de Sophie*, Chamblyenne qui en est à sa première année en soins infirmiers au cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu. Certains de ses cours se disent « en présentiel », c’est-à-dire que l’étudiant doit être sur place, alors que d’autres se disent « en virtuel », c’est-à-dire que la matière peut être transmise par visioconférence. Qu’en est-il quand un virtuel est suivi immédiatement d’un présentiel?

« Pour le cours virtuel, je dois emprunter un local. Je passe mon cours en ligne dans le local. Ensuite, je peux me présenter à mon cours qui se déroule concrètement à l‘école. »

Au cégep, ce sont les élèves qui sont responsables de désinfecter leur place de travail. Tant que tout le monde n’est pas assis, les étudiants doivent garder leur masque. Cette nouvelle ère, Sophie s’y adapte sans difficulté. « Ça ne me dérange pas. Je trouve qu’ici, la capacité d’adaptation est grande. Cette semaine, ma sœur passait un test pour la COVID-19 et je devais attendre ses résultats afin de pouvoir retourner au cégep. Ma prof a fait son cours en présentiel et m’a incluse en ligne pour que je puisse suivre le cours », termine positivement la cégepienne.

*Prénom fictif

 

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