L’école secondaire à distance

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Par Jean-Christophe Noël
L’école secondaire à distance
Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation et député de Chambly. (Photo : archives)

Bien que les élèves de niveau secondaire ne retourneront pas sur les bancs d’école avant septembre, les apprentissages doivent se poursuivre. Le Journal de Chambly s’est entretenu avec Jean-François Roberge, ministre de l‘Éducation et député de Chambly.

Quelles sont les attentes du ministère envers les enseignants?

Une prestation de travail complète est exigée des membres du personnel scolaire jusqu’à la fin de l’année scolaire. Les lignes directrices principales sont les suivantes : viser le maintien des acquis et la poursuite des apprentissages des savoirs jugés essentiels; un plan de travail hebdomadaire fourni par les enseignants afin de permettre aux élèves de se bâtir un horaire et une structure de travail; une disponibilité accrue du personnel enseignant pour répondre aux questionnements des élèves et des parents; assignation d’un enseignant-tuteur pour chaque élève et d’un intervenant-pivot pour les élèves ayant un plan d’intervention. Privilégier au moins un contact direct (téléphone ou visioconférence) par semaine par ces intervenants, en plus de plusieurs rencontres de groupe à distance; une disponibilité accrue des membres de l’équipe de professionnels de l’école pour venir en aide aux élèves vulnérables et des séances virtuelles individuelles entre ces élèves et le ou les professionnels appropriés.

Est-ce que les élèves seront évalués à distance pour ce segment?

Les bulletins des deux premières étapes sont complétés avec des notes en pourcentage classique. Pour la troisième étape, il y aura un bulletin en fonction de ce qui s’est passé dans les dernières semaines et celles à venir. Il pourrait y avoir une inscription de non-évaluation, mais, de manière générale, il y aura vraisemblablement la mention de réussite ou non-réussite. Cela suppose donc qu’il pourrait y avoir ses évaluations faites sous différentes formes. Suite aux trois étapes, il y a le résultat final qui se trouve à être la note de l’année. Les enseignants accorderont une plus grande importance aux deux premières étapes, étant plus formelles et plus fiables quant à la qualité de l’évaluation.

Quand les enseignants offrent leur prestation en ligne, doivent-ils prendre la présence des élèves?

C’est une décision qui se prend au niveau de l’école.

Comment encadre-t-on à distance un élève ayant de grandes difficultés ou des besoins particuliers?

Ce n’est pas simple. Depuis au moins avril, il est précisé que l’élève ayant un plan d’intervention ou un suivi avec un professionnel, doit continuer d’avoir ce suivi personnalisé. L’élève devrait donc recevoir un suivi pédagogique et un accompagnement comme il le reçoit normalement, dans le contexte actuel.

Comment aide-t-on un parent qui fait du télétravail ou qui travaille à accompagner son enfant à s’y retrouver dans cette nouvelle façon de faire?

L’idée n’est pas de mettre une pression supplémentaire. Le réseau scolaire est là pour offrir le support académique aux élèves et accompagner les parents. Le message depuis le début est qu’on ne veut pas que le parent se transforme en enseignant. On leur demande d‘être de bons parents, d’accompagner, d’encourager, mais nous ne demandons pas qu’ils fassent « l’école à la maison ».

Où en est la distribution des outils afin de rendre accessible la technologie dans tous les foyers?

Il y a déjà plus de 30 000 tablettes dans le réseau qui ont été prêtées, qui sont rendues dans les maisons. Il en reste encore des dizaines de milliers. Je ne m’explique pas à ce moment-ci comment ça se fait, mais elles sont disponibles pour les familles présentement. Les familles doivent faire la demande à même l’école.

Quelles sont les chances que la rentrée scolaire de septembre se fasse virtuellement au secondaire?

On travaille pour avoir une rentrée scolaire qui ressemble le plus possible à la normalité. Ça ne m’intéresse absolument pas d’effectuer une rentrée chacun chez soi. On veut une rentrée physique.

Comment réagissent les enseignants devant ces nouvelles méthodes d’enseignement numériques?

Il y a des gens qui ont des habiletés avec l’informatique et qui préconisent d’emblée la technopédagogie. Pour eux, le pas est moins grand. Cela dit, même pour ceux-ci, la présence physique avec les élèves leur manque. L’idéal est l’utilisation des outils numériques et d’avoir un contact avec les élèves. Cette situation n’est un plan A pour personne. Certains enseignants ont moins d’apprentissages à faire pour s’adapter alors que d’autres font des pas de géant.

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