L’école primaire du futur

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Par Chloé-Anne Touma
L’école primaire du futur
Ricardo nous parle de la vision du Lab-École et des six concepts choisis. (Photo : médias sociaux et courtoisie - Pelletier de Fontenay et Leclerc Architectes)

Le journal s’est entretenu avec Ricardo Larrivée à propos de l’initiative Lab-École, dont il est co-instigateur, et dont les projets d’architecture pour bâtir les écoles primaires de demain ont été dévoilés cette année.

Sur les 160 projets innovateurs soumis au concours, six ont été choisis pour bâtir des écoles primaires du futur à Gatineau, Maskinongé, Québec, Saguenay, Shefford et Rimouski. « Avec Pierre Lavoie et Pierre Thibault, on a voulu être des vecteurs d’énergie et de créativité, en architecture, en sport, en santé et en alimentation. On s’est entourés de centaines de gens compétents, on a consulté les villes, les écoles, les centres de services et les parents pour répondre à un paquet de questions, notamment sur la sécurité et les infrastructures routières, sur l’éclairage, etc. On s’est demandé, par exemple, si toutes les écoles sont obligées d’avoir des clôtures laides autour d’elles? On veut que l’école soit un lieu de vie, la fierté de leur ville, pas un lieu de réprimande », amène Ricardo.

« La pire erreur que le gouvernement pourrait faire serait d’uniformiser toutes les écoles comme dans les années 50 à 70. » – Ricardo Larrivée

Les concepts choisis répondent directement aux enjeux actuels et impliquent des espaces aérés, des classes nature, des divisions en mini-écoles, et même l’intégration d’éléments qui rappellent l’histoire des peuples autochtones, comme ce sera le cas à l’école Pierre-Elliott Trudeau de Gatineau. On joue beaucoup des volumes et des lumières, notamment dans le concept « Nouveaux horizons », imaginé pour la future école de Shefford. On mise beaucoup sur la libération des espaces pour offrir plus de latitude aux enfants et faciliter le respect d’une distance appréciable entre individus, ce qui fait écho aux « espaces-bulles » anti-COVID-19 imposés cette année.

« C’est clair que l’on ne savait pas que la pandémie frapperait. Le besoin d’espace était déjà un grand problème dans les écoles », explique Ricardo. Il dit vouloir que le gouvernement s’inspire de modèles gagnants pour les écoles de demain à l’échelle de la province. « Ça le dit, c’est un laboratoire. En faisant des écoles dans des milieux de vie socioéconomiques très différents, on veut que le gouvernement en conserve les idées et tire des conclusions. »

Ricardo se réjouit de l’appui que le projet a reçu du gouvernement. « On est chanceux, parce que le ministre de l’Éducation est député de Chambly. On est d’ailleurs en contact permanent pour discuter de l’école secondaire de Chambly, qui est en processus d’agrandissement, car même si elle n’est pas une école durable, elle est importante. » Pour Ricardo, il est primordial de s’assurer que chaque école conserve son identité et sa différence. « La pire erreur que le gouvernement pourrait faire serait d’uniformiser toutes les écoles comme dans les années 50 à 70. Il est important de conserver la fierté locale et sociale. On ne mange pas pareil, on ne pratique pas le même sport, la température n’est pas la même. L’école en montagne commande un autre type de construction qu’une école en terrain plat comme à Chambly. Tout ça est maintenant pris en compte, et c’est vraiment stimulant de voir cela. »

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