Le verger de l’Abbaye de Rougemont renaît

Le verger de l’Abbaye de Rougemont renaît

À droite sur la photo, Abbé Dom Raphaël, lors de la cérémonie pour célébrer l’inauguration du nouveau bâtiment de l’abbaye de Rougemont.

Crédit photo : SM

L’ambiance était joyeuse mercredi 5 septembre dernier au Verger de l’Abbaye cistercienne de Rougemont alors qu’on inaugurait les nouveaux bâtiments qui ont été ravagés par un incendie le 18 septembre 2017.

« Ce qui aurait pu être une tragédie signant la fin de notre participation au développement socioéconomique de notre localité s’est transformé en une merveilleuse occasion de renouveau et d’audace avec le désir de contribuer au développement durable du tourisme agroalimentaire », a introduit Dom Raphaël, abbé devant un parterre d’invités.

«C’était une torche haute de 100 pieds, avec des flammes visibles de très loin», avait décrit le directeur du service des incendies de Rougemont, Patrick Brodeur au Journal de Chambly le 18 septembre 2017.

Abbé Dom Raphaël mentionne que seul le verger a été sauvé. Le bâtiment était une perte totale et les moines n’avaient plus rien. Ils ont pu compter sur l’aide d’un pomiculteur qui leur a donné des sacs en vue de l’autocueillette de l’automne.

Les nouveaux bâtiments possèdent quatre espaces : une grande salle d’accueil aérée avec plus de lumière où l’on trouve tous les produits fabriqués par les moines cisterciens (miel, jus, chocolat pour le moment, etc.); une salle culturelle destinée aux activités religieuses, dont la construction sera terminée en octobre; un espace agroalimentaire avec, entre autres, une salle de pressage, un labo, et une cuisine, et finalement un espace sanitaire muni de 12 toilettes pour répondre aux besoins de nombreux visiteurs qui viennent pour l’autocueillette.

L’Abbaye a pris, par ailleurs, la décision de fermer la cidrerie qui existe depuis 80 ans, ainsi que la chocolaterie pour centrer ses efforts sur les jus et le moût de pomme.

Les fondateurs du village

« Ce sont les fondateurs du village, témoigne le maire de Rougemont, Michel Arseneault. Il faut comprendre que les Cisctériens sont de gens formés en agriculture; on peut quasiment dire que ce sont nos agronomes de l’époque. Ce sont des gens de communication qui ont appris à la communauté comment développer cette agriculture-là. Le fait qu’il ait une continuité dans cette infrastructure-là ça assure un avenir incroyable et c’est juste garant de ce qui s’est fait dans le passé pour Rougemont. »

L’Abbaye cistercienne de Rougemont a été fondée en 1932 par des moines venus de monastère de Lérins, en France, un monastère qui date de 1600 ans. Abbé Dom Raphaël précise en outre que les moines ont pu développer le verger modestement dans une économie très locale. Aujourd’hui, poursuit-il, les 14 moines ont une moyenne d’âge de 49 ans, « la moyenne d’âge la plus faible dans tout le Canada ».

« Ce qui aurait pu être une tragédie signant la fin de notre participation au développement socioéconomique de notre localité s’est transformé en une merveilleuse occasion de renouveau et d’audace. » – Abbé Dom Raphaël

Le verbe facile, imagé et espacé de temps à autre par des références à la religion et à Dieu, Abbé Dom Raphaël, évoquant la construction du bâtiment, a parlé d’« échanges fructueux, des confrontations éclairantes et l’aide précieuse des voisins producteurs et vergers. (…) Ce difficile équilibre entre cet élan vers le haut et cet enracinement dans les fonds des vallées. Cette recherche de communion entre la nature et l’urbanisme; ce jeu de lumière si précieux pour nous moines ».

Il a mis de l’avant également les « valeurs monastiques (qui) vont soutenir l’effort de faire de notre localité une plaque tournante de l’économie du Québec ». Et d’ajouter aussi en entrevue : « On l’a construit pour vous accueillir, pour vivre une expérience unique avec ceux qui vous sont chers, en mangeant une bonne pomme un peu comme Adam lorsqu’il a rencontré Ève ! »