Le vaccin contre la grippe populaire

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Par Martine Veillette
Le vaccin contre la grippe populaire
Les pharmacies sont en rupture de vaccins contre la grippe. (Photo : archives)

La période de vaccination contre la grippe vient à peine de commencer que les doses ne sont pratiquement plus accessibles aux personnes qui le désirent. Le vaccin connaît un grand engouement cette année.

«C’est phénoménal! », s’exclame Caroline Paré, propriétaire du Jean Coutu à Chambly. Sa pharmacie aura injecté 2000 doses cette année lorsqu’elle recevra les dernières commandées. L’an dernier, ce sont 1200 doses qui avaient été injectées au sein de son commerce. Mme Paré explique que sa commande a été faite cet été et qu’elle n’arrive plus à en demander davantage. « On n’avait aucune idée à ce moment si les gens viendraient. Avoir su, on en aurait demandé plus », dit-elle. La prise de rendez-vous s’est amorcée début octobre.

De plus, Mme Paré a remarqué que les clients souhaitent se faire vacciner rapidement. « En décembre, c’est déjà trop tard pour eux », indique-t-elle.

Les quelque 300 doses obtenues par la pharmacie Brunet de Nicolas Provost, à Chambly, ont aussi trouvé preneur rapidement. L’an dernier, il en avait reçu autour de 200. Le pharmacien souligne également ne pas réussir à en recevoir des supplémentaires. « On devrait pouvoir en commander d’autres cette semaine, mais on n’est pas capables », affirme
M.Provost.

«C’est phénoménal! »
– Caroline Paré

Il souligne que dès la mi-octobre, la pharmacie a commencé à prendre en note les noms des clients intéressés. À la fin du mois, le calendrier était complet. La campagne de vaccination débute le 1er novembre. Le pharmacien a privilégié les personnes ayant un dossier à la pharmacie et les plus vulnérables. « Les doses ont vite été passées », soutient-il.

Sur le site Web pour prendre rendez-vous auprès d’une clinique du CISSS de la Montérégie-Centre, il ne reste que quelques plages horaires disponibles en novembre et en décembre. Le calendrier affiche complet pour plusieurs jours. Au CISSS, Chantal Vallée indique qu’il y a eu « un fort engouement au début de la prise de rendez-vous » mais qu’il « est toujours possible de prendre rendez-vous ». Elle estime que la demande est « similaire ou légèrement supérieure à l’an dernier ».

En raison de la pandémie, le service est offert sur rendez-vous afin d’éviter les attroupements.

Ministère

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) mentionne qu’il avait prévu une hausse des demandes en raison de la pandémie. « Cette année, l’offre de services a été bonifiée pour justement répondre à cette hausse de la
demande », dit-on. Le gouvernement a commandé 2 millions de doses cette année comparativement à 1,6 millions l’an dernier. À noter que le nombre de doses avait également été majoré l’an dernier par rapport à l’année précédente, puisque les pharmaciens peuvent maintenant vacciner.

Le MSSS explique s’approvisionner en vaccins grâce à une démarche commune par le fédéral. Le Québec a obtenu 30 % plus de vaccins que l’an dernier. « Ce qui est amplement suffisant pour vacciner l’ensemble des clientèles visées par le programme de vaccination gratuit », croit le MSSS.

Le vaccin est gratuit pour les personnes vulnérables, soit celles ayant une maladie chronique, les personnes âgées de 75 ans et plus, les femmes enceintes en bonne santé au 2e et 3e trimestre de grossesse, les aidants naturels et les personnes résidant sous le même toit que celles mentionnées ci-haut, les enfants de moins de six mois et les travailleurs de la santé.

Les autres personnes peuvent se le procurer dans quelques pharmacies en déboursant des frais. Au Jean Coutu, c’est 40 $. Elles peuvent aussi se rendre dans des cliniques de vaccination privées.

Vaccin dans les pharmacies

Depuis mars, avec l’adoption de la loi 31 autorisant certains actes aux pharmaciens, ceux-ci peuvent vacciner. « Au départ, des pharmaciens étaient réticents à offrir la vaccination parce que c’est peu rentable », indique Nicolas Provost. Il ajoute que ça a toujours été les infirmières qui assuraient cette démarche. « Avec
la pandémie, le personnel de la santé est très occupé. Dans un élan de solidarité, les pharmaciens ont décidé de faire leur effort et de prendre en charge les vaccins pour aider les patients ».

Majoritairement, ce sont les infirmières employées par la pharmacie qui procèdent à la vaccination, mais des pharmaciens sont aussi formés pour le faire. La pharmacie Jean Coutu offre aussi la vaccination à domicile.

Il n’y a donc aucuns frais pour les personnes entrant dans le programme de vaccination gratuite qui reçoivent leur vaccin en pharmacie. Le gouvernement paie la dose ainsi que les frais d’injection cette année, mentionne Mme Paré. M. Provost précise que les pharmacies ne peuvent plus charger de frais décrits comme accessoires. Les pharmacies reçoivent un montant du gouvernement pour octroyer le service. Selon M. Provost, « c’est un honoraire qui paie tout juste les frais de l’injection ».

Efficacité

Le MSSS ne peut pour le moment se prononcer sur l’efficacité du vaccin. Elle se précisera lorsque le virus circulera.

Par ailleurs, le Ministère « rappelle que le vaccin contre la grippe ne protège pas contre la COVID-19, puisque celui-ci ne contient que des souches du virus influenza ayant circulé au cours de la dernière année ».

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