Le stress des Fêtes

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Par Jean-Christophe Noël
Le stress des Fêtes
Dès janvier, on dénombre une croissance de patients consultant un psychologue. (Photo : courtoisie)

L’impact des Fêtes ne se fait pas ressentir que dans le compte en banque, mais bien dans la salle d’attente des cabinets de psychologues.

« Lorsqu’arrive le moment des Fêtes, on dénombre une diminution des consultations. Les gens sont occupés, les bureaux ferment, c’est une forme de trêve des Fêtes. On assiste toutefois à une recrudescence notable dès janvier », indique d’emblée la Dre Christine Grou, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec.

Effectivement, en se référant aux études rassemblées dans l’article The Christmas Effect on Psychopathology par Randy A. Sansone, docteur en médecine, et Lori A. Sansone, docteure en médecine, selon les tendances générales, les vacances de Noël se traduiraient par deux grandes tendances.

Il semble y avoir une augmentation de certains types de psychopathologie pendant les vacances, comme l’aggravation de l’humeur et les décès liés à l’alcool.

En revanche, il semble y avoir une diminution pendant les vacances de l’utilisation globale des services psychiatriques d’urgence et des admissions, des comportements d’automutilation et des tentatives de suicide. Les diminutions précédentes semblent montrer un phénomène de rebond après les vacances de Noël.

« On a tendance à idéaliser les Fêtes et ce qu’elles devraient être. Les attentes sont très élevées. » – Dre Christine Grou

Une période difficile

« Il n’y a pas nécessairement d’attribution de causalité entre les Fêtes et l’augmentation du volume d’achalandage de janvier. Cependant, pour ceux envers qui le temps des Fêtes en est un difficile, c’est souvent lié à l’enfance dépendamment des souvenirs que l’on en garde et qui sont encodés en nous. Certains ont vécu des traumatismes qu’ils traînent et qui refont surface lors de cette période. Ce temps de l’année est propice à la nostalgie. Il est important ici de ne pas confondre nostalgie et mélancolie. C’est un moment de l’année où l’on prend une pause et où l’on est confrontés à sa réalité. Transitions de vie, divorce, décès de proche dans l’année peuvent influencer comment on vit les Fêtes », poursuit la présidente.

Anxiété et dépression

Toujours selon l’article The Christmas Effect on Psychopathology, bernées par le mythe que tout le monde vit de bons moments lors des Fêtes, des personnes peuvent voir leur niveau d’anxiété et de dépression augmenter.

« Il y a plusieurs motifs générant cette anxiété, explique Christine Grou. L’aspect financier en est un. Les Fêtes coûtent cher et les gens s’endettent pour respecter un standard qu’ils se créent. Il y a également les conflits dans les familles. Certains profitent de ce moment pour régler des problèmes, alors que ce n’est pas nécessairement la juste situation pour le faire. Aussi, tout l’aspect de comparaison en est un causant de l’anxiété. On reçoit, on se met de la pression, on craint de décevoir, on veut être à la hauteur. On a tendance à idéaliser les Fêtes et ce qu’elles devraient être. Les attentes sont très élevées. Quand on est anxieux à la base, notre anxiété ne prendra pas de pause à Noël », complète-t-elle.

 

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