Pas de REM à Chambly

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Par Jean-Christophe Noël
Pas de REM à Chambly
Après analyse, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) ne recommande pas le prolongement du REM vers Chambly et Saint-Jean-sur-Richelieu. (Photo : Jean-Christophe Noël)

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) écarte l’idée de prolonger le Réseau express métropolitain (REM) jusqu’à Chambly et Saint-Jean-sur-Richelieu.

Le segment de 22 kilomètres était pourtant une promesse électorale que la CAQ avait faite. Dans un article paru en octobre 2018 dans le Journal de Chambly, à la question « Une des promesses de campagne a été d’amener le REM à Chambly. Aujourd’hui, vous dites encore que cela se fera lors d’un premier mandat? », Jean-François Roberge, député de Chambly, avait répondu ceci : « Je ne veux pas donner l’échéancier des travaux, mais on va aller de l’avant dans notre promesse et il y aura une station du REM à Chambly. Nous allons tenir nos engagements. » Or, il n’est plus question pour la CDPQ de prolonger le REM vers Chambly et Saint-Jean-sur-Richelieu.

Réactions de la Ville

« C’était un projet qui nous permettait d’espérer un soulagement sur le plan de la congestion de la circulation, qui est un problème aux heures de pointe. Nous sommes déçus, mais, une fois le choc accusé, il faut regarder de l’avant et se dire que nous n’aurions pas pu choisir meilleur moment pour amorcer notre étude de circulation, qui est prévue pour cette année avec les élus », confie Alexandra Labbé, mairesse de Chambly.

Représentations auprès du député

Plusieurs citoyens fondaient espoir autour du prolongement du REM vers Chambly. La Ville fera-t-elle des représentations auprès du député Jean-François Roberge? « Pour l’instant, il est difficile de faire des représentations sur des chiffres et une étude que je n’ai pas. Cette décision n’a pas été prise à la hâte; nous attendons depuis longtemps l’étude. Avant d’essayer de renverser cette décision, je vais d’abord essayer de la comprendre », mentionne la mairesse.

« C’est très décevant, mais nous devons tenir compte des données pour prendre les meilleures décisions. » – Jean-François Roberge

Trouver des solutions

« Nous allons nous mettre en processus de solutions et travailler fort afin d’assurer du service en transport en commun […] de notre côté, nous avons cet effort de faire par nous-mêmes des recherches pour voir d’autres façons de se sortir de ce changement de donne. Il y aura des concertations à avoir avec les villes avoisinantes. On est toujours en train de faire l’arrimage à la station de Brossard, qui démarrera ses opérations bientôt. Les voies réservées aux autobus sont de belles avenues pour favoriser la fluidité du transport en commun et pour désengorger les artères. Je n’ose toutefois pas me prononcer sur des solutions tant que nous n’avons pas, à tout le moins, un portrait plus clair de la situation », complète Mme Labbé.

Au moment d’écrire ces lignes, la CDPQ devrait revenir vers le journal afin de préciser les détails de l’étude liée au prolongement du REM vers Chambly.

Réaction de Jean-François Roberge

En réaction à l’annonce, le député de Chambly a écrit « qu’aussitôt élu, le gouvernement a mandaté la Caisse de dépôt, organisme responsable de construire et d’exploiter le REM, d’étudier le prolongement du tracé jusqu’à l’intersection des autoroutes 10 et 35. Nous venons de recevoir les résultats de cette étude. C’est très décevant, mais nous devons tenir compte des données pour prendre les meilleures décisions. Ainsi, considérant le peu d’achalandage prévu et l’absence de gain de temps pour les usagers, le rapport conclut qu’il n’est pas opportun d’aller de l’avant avec le prolongement du REM dans l’axe de l’autoroute 10 à ce stade-ci. Afin de mieux servir la population de la région et pour lui faire gagner du temps, le gouvernement a aussitôt décidé d’ajouter une voie réservée de chaque côté de l’autoroute 10. Cette solution pourra être mise en œuvre plus rapidement que ne l’aurait été le REM et aura une incidence directe sur la fluidité de la circulation et la durée des déplacements des citoyens. Aussi, à très court terme, pour faciliter le transport en commun, une UAB (voie d’usage de l’accotement pour bus) sera ajoutée en direction de Montréal dès cet été. Nous aurons ainsi des UAB dans les deux directions avant la fin de 2021 dans cet axe important ».

Carignan

Le refus de prolonger le REM vers Chambly a un effet sur les villes avoisinantes. « Ça va changer la donne, car le REM devait diminuer la circulation, particulièrement sur la route 112. Il y a eu des études envisageant l’aménagement de voies supplémentaires sur la 112. Avec la venue du REM, tout avait été mis de côté. On est de retour à la case départ. Il faut donc remettre le dossier de la 112 sur le dessus de la pile et revoir l’aménagement de l’intersection 10/35, qui est aussi un problème », constate Patrick Marquès, maire de Carignan.

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Veronique
Veronique
1 année

En tant qu’usagée, je vote pour le boycott du REM et pour la continuation d’un service de bus Chambly – Montréal, tel qu’il est présentement. Pourquoi changera un système qui fonctionne no. 1? Je suis en total désaccord avec le fait de faire de multiples embarquements, débarquements avant d’arriver à Montréal. Le trajet ne sera que plus long et moins efficace. C’est contreproductif.