Le Potager Mont-Rouge récompensé pour ses efforts locaux

Le Potager Mont-Rouge récompensé pour ses efforts locaux

Au cœur de la Capitale de la Pomme, Le Potager Mont-Rouge a su tirer son épingle du jeu depuis près de deux décennies en se spécialisant dans la culture de fruits et légumes de grande qualité, qui viennent orner les tables de nombreux restaurants de la ré

« C’est vraiment agréable de se faire reconnaître par ses pairs », confie Marielle Farley, encore toute émue quelques jours après avoir été désignée récipiendaire avec Robert Beauregard du prix, le 20 novembre dernier. Ce dernier est remis par l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ) et s’adresse uniquement à une personne ou à une entreprise productrice membre de l’association qui s’est distinguée par son implication dans le milieu horticole et qui a contribué à l’épanouissement du secteur.

Des débuts chaotiques

Tout le monde connaît dans la région Le Potager Mont-Rouge et la famille Beauregard, une entreprise familiale très engagée. Robert Beauregard et Marielle Farley ont repris la ferme en 1988 et préparent la relève avec une 4e génération : Marjolaine et Philippe, et leurs frères Maxime et Laurent. « Mon mari était fils unique et étudiait à l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe, où je l’ai connu alors que j’étudiais en horticulture ornementale. J’ai fait deux printemps dans une pépinière, en attendant que nous achetions la terre de mon beau-père », se souvient Marielle.

La production était à l’époque consacrée à plus de 70 % à la pomme. « Nous avons subi un gros gel au début des années 90, nous faisant perdre tous nos pommiers, à peine deux ou trois ans après avoir racheté les terres. Avec nos dettes, les enfants, nous avons vite fait le calcul que la production des pommes ne serait pas rentable avant de nombreuses années, et nous n’avions pas les moyens d’attendre aussi longtemps », raconte la maraîchère. La décision est alors prise de se consacrer entièrement aux courges, au maïs sucré et aux tomates, qui font aujourd’hui la renommée du potager avec plus de 50 variétés différentes.

Une courge d’hiver!

La ferme opère toute l’année. Durant l’été, elle est présente dans plusieurs points de vente et Marchés publics à Montréal et sur la Rive-Sud. Pour faire face à l’évolution constante des produits horticoles, l’entreprise a également elle-même développé, entre autres, la courge d’hiver Beau-Far, de Beauregard-Farley. Elle fournit ses courges aux magasins Loblaws depuis plus de vingt ans, en plus de commercialiser celles-ci aux grossistes et aux exportateurs.

 

L’équipe reste à l’affût des nouvelles technologies pour s’améliorer constamment. Ayant comme croyance que nous vivons sur des terres empruntées à la prochaine génération, elle a mis en place plusieurs techniques modernes pour garder les sols vivants et les pérenniser : oxygénation des étangs, ensemencements ciblés, lutte contre la chenille ravageuse du maïs sucré à l’aide du trichogramme, production semi-directe sur paillis de seigle, système de ventilation pour améliorer la conservation des courges et dépistage hebdomadaire des cultures.

Un service de vente proche des gens

Animés par l’envie d’offrir un produit de qualité, les Beauregard proposent depuis de nombreuses années un service d’autocueillette, « parce qu’il faut bien se l’avouer, cueillir soi-même ses légumes rend la dégustation encore plus savoureuse, croit la maraîchère. Et puis produire de la courge, c’est facile. Mais produire de la belle courge avec un beau calibre qui rejoint les critères des chaînes, c’est beaucoup plus difficile ».

Si les revenus du Potager sont encore en grande partie tirés de la vente aux épiceries et aux grossistes de la région, la vente directe aux consommateurs tient une part de plus en plus importante : « Le lien producteur consommateur est de plus en plus fort, croit Marielle Farley. Nous devons faire l’effort en tant que producteur d’offrir aux gens ce qu’ils veulent, qui se démarque des grandes chaînes, où tout est standardisé, mais souvent la saveur ne suit pas. Lorsqu’un client vient chez nous, il vient chercher quelque chose de différent ».

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