Le personnel de la santé attend ses primes

Photo de Frédéric Khalkhal
Par Frédéric Khalkhal
Le personnel de la santé attend ses primes
Le personnel de santé de la Montérégie-Centre réclame le versement de leur prime pouvant atteindre 6000 $. (Photo : courtoisie)

Considérant le retard dans les paiements des sommes dues par le gouvernement, sommes dues par les employeurs que sont les CISSS, plusieurs membres et syndicats manifestent depuis la semaine dernière leur volonté de se mobiliser et d’agir pour forcer l’employeur à payer. Le gouvernement leur promet de résoudre une partie de la situation le 1er mars.

La Fédération de la Santé et des services sociaux (FSSS-CSN), la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), le Syndicat canadien de la fonction publique (CPAS-SCFP), le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-FTQ), la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ), l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), la Fédération des professionnèles (FP-CSN) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) déplorent que le gouvernement n’honore pas sa signature et qu’il repousse encore son échéancier dans le versement des sommes dues à des milliers de travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux.

La semaine dernière, le FIQ-SPSMC avait lancé un plan d’action local qui se poursuit sur les réseaux sociaux sous #mobiliséespourêtrepayées, même si des discussions vendredi dernier ont fait avancer les choses, mais pas assez au goût des travailleurs de la santé. « Les négociations se sont poursuivies vendredi et nous avons obtenus la garantie que les montants dus seront versés en grande partie le 1er mars, il y aura des avances de fond par la suite pour solder les comptes, mais la date de la balance des sommes dues n’est pas connue », indique au journal Denis Grondin, président du FIQ-SPSMC.

En colère

L’intersyndical se dit également déçu de cette réponse du gouvernement. « Devant la forte pression exercée par les syndicats depuis le mois de novembre dernier pour accélérer les paiements, le ministre de la Santé et des Services sociaux (MSSS), Christian Dubé, s’était pourtant engagé à procéder aux paiements pour le 1er mars 2022, échéance qu’il n’a pas tardé à repousser sans même en aviser le personnel du réseau touché ni les organisations syndicales. Vendredi dernier, des représentants du MSSS ont présenté un nouveau calendrier de versements des sommes, incomplet et imprécis, s’échelonnant jusqu’au 23 mars dans certains cas, et que ces versements pourraient se faire par des avances. Les syndicats s’inquiètent que leurs membres puissent recevoir des montants erronés qu’ils devront ensuite rembourser. »

Au CISSS de la Montérégie-centre les membres syndiqués ont été appelés à se photographier avec leur montant dû sur un chèque. « Nous avons également fait des chèques qui ont été mis à l’avant de l’hôpital Charles-Lemoyne et l’Hôpital du Haut-Richelieu. Nous allons maintenir cette pression pour être payé. Sans cette mobilisation rien n’aurait bougé », a indiqué M. Grondin. La FIQ encourage donc ses syndicats affiliés, ainsi que l’ensemble des professionnelles en soins, à joindre le mouvement et à réclamer que le gouvernement paie immédiatement ce qu’il leur doit.

Toujours mobilisé

« Il y a des grosses sommes qui sont en jeux. Rien que pour la Montérégie-Centre on parle de 14 millions de dollars qui dorment dans les coffres du gouvernement. Pour nos 3600 membres, cela représente des chèques de 4 000 à 6 000 $ », précise M. Grondin. Pour l’intersyndical au Québec « Ce sont à 80 % des femmes qui attendent des montants qui représentent 1,28 milliard de dollars à la suite des signatures des conventions collectives et, pour certains titres d’emploi, il faut ajouter 1,15 milliard de dollars pour le règlement de plaintes en équité salariale de 2010 et 2015. Quant au versement des sommes pour les règlements d’équité salariale, aucune date n’a été avancée, sinon que rien ne sera fait avant le mois d’avril. »

À la suite de la signature de la convention collective récemment avec le personnel de santé, les primes rétroactives qui doivent être versées depuis le début de la pandémie en 2020, ont du mal a être comptabilisées dans le système informatique du gouvernement. « Nous avons signé l’entente de principe en juin. Le gouvernement aurait pu se préparer. Nous avons des discussions quotidiennes avec l’employeur, nous espérons que cela se débloquera très vite maintenant », de conclure M. Grondin.

En attendant, le personnel de la santé de la Montérégie-Centre affiche toujours, sur des chèques factices, les montants qu’ils attendent de recevoir pour les primes promises en juin par le gouvernement.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires