Le Fourquet Fourchette au fil du temps

Photo de Jean-Christophe Noël
Par Jean-Christophe Noël
Le Fourquet Fourchette au fil du temps
André Dion. (Photo : Jean-Christophe Noël)

Le Fourquet Fourchette a vécu quelques mues en plus de 20 ans et des étapes marquantes tracent son histoire évolutive, au fil du temps.

C’est dans le cadre d’une vision d’Unibroue et de son président André Dion qu’est né le Fourquet Fourchette dans un processus graduel qui a évolué à maintes reprises en quelques années. En 1997, Unibroue se porte acquéreur du bâtiment. Il y avait là des bureaux et une petite salle de réception, La Farandole.

À l’origine, l’idée était d’établir un musée de la bière auquel serait rattachée une reconstruction historique de la Taverne Jean-Talon, première brasserie de la Nouvelle-France, fondée sous Colbert à Québec en 1667. Déjà, le lien bière-histoire est fondateur. Rapidement, avant même les travaux de rénovation et d’agrandissement, le projet évolue pour attacher au musée une salle à manger proposant une idée audacieuse à l’époque : une cuisine entièrement préparée avec de la bière, des entrées aux desserts.

Des planches à dessin pour devenir pleinement opérationnel, le musée se matérialise plutôt en un « centre d’interprétation de la bière », incluant des équipes de spécialistes proposant des dégustations de bière Unibroue et des accords « bières et mets ». À cette époque, la salle de réception, à l’étage, n’est pas encore complétée, ni la grande terrasse. « Nous avions des bières de dégustation que nous avons voulu agencer avec la nourriture, comme il se faisait avec le vin », indique au journal André Dion.

1997 – C’est l’année où Unibroue s’est porté acquéreur du bâtiment.

La salle située au-dessus du rez-de-chaussée se définit à la suite de l’acquisition de pièces d’ameublement provenant d’une église. Des vitraux, des colonnes et un grand plafond en arche y sont ajoutés. La salle devient « L’Abbaye », avec son caractère médiéval, faisant écho aux monastères belges dont s’est aussi inspiré Unibroue dans l’élaboration de ses bières.
L’animation historique s’ajoute au concept : employés de service en costume de l’époque Nouvelle-France, troubadours, violon traditionnel et chansonniers. L’ouverture de la salle de réception et de la terrasse accélèrent la croissance du restaurant. Des clientèles corporatives et touristiques se développent et les équipes d’Unibroue, des ventes et des opérations, se retrouvent débordées.

La « marque de commerce » Fourquet Fourchette est acquise par deux partenaires : François Pellerin, chef déjà bien établi, et Richard Rassi, propriétaire d’auberges implantées dans les Laurentides.

Les années Fourquet Fourchette

Avec la créativité de François Pellerin, et sous l’administration de Richard Rassi, le Fourquet Fourchette consolide ses acquis et développe de nouveaux marchés. Les voyagistes, la clientèle locale, les événements corporatifs, les festivals, tout et tous s’arriment. Le concept du défunt Festibière naît entre les murs du Fourquet Fourchette.
Le menu se développe et se définit sous la triple inspiration bières-histoire-produits locaux. Un composant « cuisine des Premières Nations » se développe également. L’engagement de Richard Rassi avec Tourisme Montérégie encourage des liens forts avec le développement récréotouristique de la région et du fort de Chambly.

Des projets d’agrandissement et d’expansion se dessinent. Il est question de seconde et de troisième phases de développement des lieux, qui incluraient une auberge champêtre, harmonisée au paysage et au voisinage historique. Le projet ne verra jamais le jour. Pendant la période de restructuration d’Unibroue, le Fourquet Fourchette commence à évoluer un peu plus indépendamment. Au cours des années 2000, au moins huit distinctions régionales/nationales sont soulignées, dont des grands prix du tourisme du Québec et celui du Chef de l’année Montérégie en 2007.

Entre 2005 et 2013, une succursale ouvre dans le Palais des congrès de Montréal. Ce sont les grandes années du Fourquet Fourchette. François Pellerin fait alors équipe avec Jean-Pierre Élie (chef de production) et Hugo Larouche (chef à Montréal). François Pellerin fonde sa propre boulangerie (Le Garde-Manger de François) en plein milieu de cette époque et quitte le navire. La signature « bières et cuisine » fait alors école à travers le Québec et de jeunes chefs prennent la relève dans la continuité (Alexandre Auclair et Shane Sluchinsky, en collaboration avec Jean-Pierre Élie). Une vocation culturelle des lieux se maintient et se diversifie : café-théâtre, café musical, soirées de spectacles et de galas.

Les dernières années

Depuis 2006, Richard Rassi est l’unique propriétaire du bâtiment et de la compagnie. Le départ d’André Dion d’Unibroue et l’achat par les brasseries Sleeman ont mis fin au partage d’actionnariat d’Unibroue dans le Fourquet Fourchette. Le lien entre Unibroue et le Fourquet Fourchette devient un gage d’amitié et de partenariat commercial.

Quelques projets de construction d’une auberge ou d’un petit hôtel n’arrivent pas à lever de terre. Il s’agissait, chaque fois, de projets chers à Richard Rassi et à plusieurs acteurs locaux des milieux d’affaires, communautaires et politiques de Chambly. « Ce sont des projets qui auraient permis d’allonger les séjours des touristes dans la région tout en confirmant un rôle attractif de pôle culturel et historique pour Chambly », estime Frédéric Pichette, à la direction du restaurant.

Des activités subsistent au Fourquet Fourchette de Chambly, principalement orientées autour d’événements spéciaux, de mariages, de brunchs et de la terrasse. Une relance de l’exploitation de l’entreprise devient nécessaire dans le cadre d’un projet large et encadrant. Jusqu’à la toute fin, Richard Rassi encouragera la reprise du bâtiment par un groupe qui aura une vision structurante de l’édifice et de sa vocation.

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Claude Pellerin
Claude Pellerin
2 mois

Que de bon souvenir lorsque François étais le grand chef Ont y a bien fêter a quelque reprise