Le fort Chambly protégé des catastrophes

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Par Martine Veillette
Le fort Chambly protégé des catastrophes

À l’instar de la cathédrale Notre-Dame de Paris, qui a été victime d’un violent incendie le 15 avril, si le fort Chambly subissait le même sort, ce serait une grande perte pour Chambly et le Canada.
« Le fort Chambly est un peu comme la cathédrale Notre-Dame de Paris sur le plan du symbole et de l’image emblématique. Chambly sans Fort, ce n’est pas Chambly », soutient Paul-Henri Hudon, président de la Société d’histoire de la seigneurie de Chambly.
« Le fort Chambly est l’un des plus vieux forts français encore debout et ayant conservé son intégrité au Canada. C’est un lieu important pour tout le Canada », souligne André Gousse, ancien guide au Fort et employé retraité de Parcs Canada.
Il ajoute qu’au chapitre local, c’est un lieu que tous connaissent depuis leur enfance et qu’ils y sont attachés. « S’il arrivait le même sinistre qu’à Paris, il y aurait le même genre de réaction », croit-il.
Pour Parcs Canada, propriétaire du fort Chambly, les « lieux historiques nationaux reflètent le patrimoine riche et varié de notre nation et offrent à la population canadienne une occasion d’en apprendre davantage au sujet de notre histoire diversifiée ».

Protection

Pour assurer la protection du lieu historique à Chambly en cas d’incendie, Parcs Canada mentionne que « des extincteurs portatifs et deux systèmes de gicleurs couvrent l’ensemble du lieu. Le bâtiment est aussi équipé d’un système d’alarme incendie muni d’avertisseurs manuels, de dispositifs de signalisation, de détecteurs de fumée et il est relié à une centrale dès qu’une alerte est déclenchée ».
M. Gousse mentionne que les gicleurs ont été installés dans les années 1980, lors de travaux de mise aux normes et pour transformer le Fort en musée.
Il précise que le bâtiment est davantage menacé par la rivière et les inondations. Il est déjà arrivé à quelques reprises que l’eau atteigne la cave du Fort et le terrain autour du lieu historique. Des pompes ont depuis été installées afin d’évacuer rapidement l’eau.
M. Gousse estime qu’avec les systèmes mis en place, le bâtiment pourrait résister à une catastrophe naturelle.

« Le fort Chambly est l’un des plus vieux forts français encore debout et ayant conservé son intégrité au Canada. C’est un lieu important pour tout le Canada. » – André Gousse

Histoire du Fort

L’ancien guide explique que le Fort actuel est en réalité le quatrième construit au même endroit. Les premiers étaient fabriqués en bois et c’est seulement le dernier qui a été couvert de pierres.
Celui-ci a été victime d’un feu en 1776 alors que des Américains en avaient pris possession des mains des Britanniques. En quittant, ils avaient volontairement mis le feu. « Le bâtiment n’a pas été jeté à terre, rassure M. Gousse. C’est la charpente de bois qui a été touchée. Les Britanniques l’ont rebâti. »
Le second Fort, construit de bois, avait aussi été victime d’un incendie, mais accidentel. Le Fort a aussi été laissé à l’abandon durant plusieurs années, devenant une ruine. « Les gens venaient y récupérer des matériaux de construction parce qu’il n’était pas surveillé », indique l’ancien guide. À la fin, il ne restait que trois murs.

Authenticité

À Paris, les gens se mobilisent afin de trouver les fonds pour reconstruire la Cathédrale. Cependant, le président de la Société d’histoire croit que la reconstruction de Notre-Dame de Paris lui enlèvera son cachet historique après 900 ans d’existence. « C’est sûr que ça va enlever. Les poutres en bois dataient du Moyen Âge. Je ne crois pas qu’ils la referont identique parce que ça prendrait beaucoup trop de bois », indique M. Hudon.
« C’est triste. Même si c’est à Paris, c’est notre patrimoine à tout le monde », estime-t-il.

Églises

Du côté des églises de la région, M. Hudon s’interroge à savoir si elles seront reconstruites en cas de catastrophe naturelle. « Jamais elles ne seront reconstruites pour les quelques personnes qui vont à la messe. Elles ne sont pas aussi symboliques et précieuses que Notre-Dame de Paris. Elles ont perdu du cachet historique après Vatican II (en octobre 1962). Ils ont enlevé tous les ornements de décor », soutient-il.
Le président de la Société d’histoire estime que celle dans la région qui représenterait la plus grande perte est l’église de Saint-Mathias-sur-Richelieu, pour son âge et son cachet artistique et patrimonial. Cette dernière et son mur du cimetière sont cités dans le répertoire du patrimoine culturel du Québec sur le site Web du ministère de la Culture.

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