Le deuil animal

Photo de Jean-Christophe Noël
Par Jean-Christophe Noël
Le deuil animal
Lynne Pion et son teckel, qui est dans une poussette pour animaux, ne pouvant plus marcher autant qu'avant pour des raisons médicales. (Photo : courtoisie) (Photo : Un texte de Jean-Christophe Noëljcnoel@journaldechambly.com)

À l’approche du temps des Fêtes, la Marievilloise Lynne Pion sensibilise à la réalité vécue par les gens ayant perdu un animal de compagnie.  

« Les »parents » d’animaux de compagnie qui les ont perdus durant l’année ou qui appréhendent leur décès dans les mois qui s’en viennent sont fortement affectés émotionnellement », met en perspective Lynne Pion. La Marievilloise est la fondatrice de Deuil Académie en pleine conscience. L’entité se veut un milieu d’apprentissage autant pour les particuliers que pour les professionnels offrant des formations sur un deuil spécifique.

Projet récent

Le projet existe officiellement depuis deux ans. Il est né à la suite de beaucoup d’accompagnements en démarche de croissance personnelle. « C’est douloureux, difficile, et d’en parler, ce n’est pas nécessairement accessible à tout le monde. Tous n’ont pas un réseau emphatique à ce deuil-là encore » établit d’entrée de jeu celle qui se définit comme étant spécialiste en gestion du deuil et de la résilience. « J’ai beaucoup de vécu de terrain et j’ai traversé plusieurs deuils », résume celle qui a suivi des formations en psychologie et qui procède à des lectures sur le deuil depuis une quinzaine d’années. Elle nuance que le deuil n’est pas que lié à la mort. « Ça peut être à la suite d’inondation ou d’une perte d’emploi », ajoute la conférencière et autrice.

« C’est douloureux, difficile, et d’en parler, ce n’est pas nécessairement accessible à tout le monde. » – Lynne Pion

Comme pour les humains

Lynne Pion compare le deuil d’un animal à celui d’un humain. Elle fait valoir que ce deuil peut bouleverser différents aspects de la vie : personnel, professionnel, familial, scolaire, social, etc. « Ça peut être pire qu’un deuil humain, même. C’est un amour inconditionnel et un lien d’attachement qui se crée rapidement. Ils sont toujours là pour nous, peu importe ce que l’on vit », ajoute-t-elle. Toutefois, certains humains ne conçoivent pas le deuil lié à la perte d’un animal. Ils voient ledit animal comme étant remplaçable. « Il y a encore beaucoup d’éducation à faire en ce sens », remarque celle qui constate qu’une absence d’empathie à cet effet existe toujours.

Parler de la mort

La présence d’un animal permet aussi d’aborder la thématique de la mort avec un enfant. « En parler avant, ça leur permet d’avoir un vocabulaire et de comprendre qu’il est possible de vivre plein d’émotions, et c’est normal », termine Mme Pion.

Un café-rencontre « Deuil animalier » virtuel, particulièrement sur cette thématique, aura lieu le 17 décembre, spécialement d’une durée de 2 h 30 au lieu de 1 h 30. La rencontre permettra « un cocon sécuritaire » au sein duquel les participants pourront échanger leur expérience et connecter entre eux, sans jugement.

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