Le COVABAR instaure une journée de sensibilisation

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Par Saïd Mahrady
Le COVABAR instaure une journée de sensibilisation

Une soixantaine de personnes, dont la grande majorité sont des inspecteurs municipaux, ont participé jeudi dernier à Saint-Charles-sur-Richelieu, à une conférence et à un atelier sur les applications concrètes et les meilleures pratiques de la politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (PPRLPI) et les aménagements urbains.
La rencontre organisée pour la quatrième fois par le Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu (COVABAR) s’inscrit, souligne en entrevue Marcel Comiré, directeur général, dans « notre mandat de sensibiliser les différents décideurs et la population sur la gestion de l’eau et des problématiques (inhérentes) ».
Le COVABAR a été mandaté aussi par le gouvernement de Québec afin de gérer le plan directeur de l’eau de la région. L’organisme qui couvre un territoire à partir de la frontière avec les États-Unis jusqu’à Sorel-Tracy souligne qu’« il se fait de plus en plus de travaux en rive dans le bassin versant de la rivière Richelieu et de ses sous-bassins. Et c’est tant mieux ».
Au programme, une conférence et un atelier sur des « applications concrètes et des meilleures pratiques dans le domaine grâce à des spécialistes. Des exemples d’aménagements en rive ont été présentés en lien avec la protection des rives. Idéal pour un rafraîchissement et une bonification des connaissances de la PPRLPI pour toutes les instances touchées par cette politique importante pour la ressource en eau dans notre région ».

« On s’aperçoit que d’une municipalité à une autre, la politique peut être interprétée de façon différente.  Peut-être que les inspecteurs ont moins le temps quand il s’agit de petites municipalités. » – Marcel Comiré

Des lacunes

Le directeur général rappelle que les municipalités doivent appliquer la politique de protection des rives. « On s’aperçoit que d’une municipalité à une autre, la politique peut être interprétée de façon différente. » Et de poursuivre : « peut-être que les inspecteurs ont moins le temps quand il s’agit de petites municipalités ».
Marcel Comiré évoque « certaines lacunes pas nécessairement à propos des règlements eux-mêmes. Je pense que c’est au niveau des applications. »
Il y a plusieurs années, relate le directeur général en citant un exemple de plaines inondables à l’île des Lièvres à Carignan. Une « mauvaise gestion » s’est traduite par l’aménagement d’« un gros rectangle de roches pour stabiliser les berges ». Une initiative « suggérée par une firme privée au lieu d’y aller avec une technique de génie végétale plus douce ».
Et d’ajouter : « il faut que les aménagements soient réalisés le plus naturellement possible, recommande Marcel Comiré. Ça peut arriver qu’on soit obligé de mettre de la roche dans des cas extrêmes d’érosion où on voit des arbres qui tombent, mais quand c’est une ligne droite et qu’il n’y a pas de courant, ce n’est pas nécessaire ».

L’érosion des berges

Ce n’est pas un secret pour personne que le Richelieu souffre, du moins le long de la région immédiate, d’absence de berges. Le directeur fait allusion aux berges artificialisées qui datent de longtemps, car ces lieux étaient des coins de villégiature occupés maintenant par de grosses résidences.
Il a tenu à rappeler que la politique des rives interdit la reconstruction des murs si ceux-ci s’effondrent. Marcel Comiré estime, d’autre part, que l’érosion touche davantage les petits tributaires autant dans le milieu agricole que dans le milieu urbain. L’érosion pourrait s’accélérer en raison des changements climatiques, poursuit-il, notamment lors d’orages causant beaucoup de pluie. Les cours d’eau montent rapidement ce qui pourrait arracher des morceaux de berges.

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