Le « chaos » de la rue Martel

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Par Chloé-Anne Touma (Initiative de journalisme local)
Le « chaos » de la rue Martel
Pascale Harvey et Alexandra Labbé lors de la séance du conseil du 7 juin. (Photo : capture d'écran)

L’achalandage, le camionnage et l’excès de vitesse que connaît la rue Martel affectent le quotidien de plusieurs Chamblyens, désireux de voir la Ville agir pour y remédier.

Pascale Harvey réside sur la rue depuis plusieurs années. Comme plusieurs citoyens, elle se plaint de « problèmes de circulation » qui perturbent les gens du coin, mais aussi ceux qui avaient pour habitude de s’y balader. Elle craint qu’un accident ne survienne en raison de l’achalandage du secteur. « Par peur de circuler dans la rue, les cyclistes vont maintenant sur les trottoirs. C’est rendu le chaos. » Dans une lettre d’opinion envoyée au journal, une autre Chamblyenne du nom de Marie-Josée Tassé parle de la rue Martel comme d’une rue « rabaissée par tout (le) chaos de bruit et de pollution » des camions.

« Je sais que vous êtes au bout du rouleau » – Alexandra Labbé

Les solutions proposées

En séance du conseil municipal du 7 juin dernier, Mme Harvey a rappelé qu’au travers de ses nombreux échanges avec la Ville, elle a proposé des solutions au problème, dont celle d’ajouter un feu de circulation entre le boulevard De Périgny et la rue Daigneault, ou des dos d’âne. Or, la Ville lui aurait répondu que le ministère des Transports (MTQ) avait refusé et qu’il fallait attendre les conclusions de l’étude de circulation en cours. 

Mme Tassé a, quant à elle, suggéré d’imposer le sens unique sur la rue Martel, de réduire la vitesse permise à 30 km/h ou encore d’y interdire le stationnement six mois par année. 

« Comment se fait-il que depuis un an, on nous promet une étude qui est constamment retardée? », a questionné, lors de la séance, le citoyen Michel Casgrain, qui a affirmé avoir essuyé des refus de la part du service d’accès à l’information de la Ville lorsqu’il tentait de prendre connaissance des échanges menés avec le MTQ quant au dossier.

« Je sais que vous êtes au bout du rouleau », a déclaré la mairesse de Chambly, Alexandra Labbé, se disant consciente du problème. Mais, selon elle, les délais ne peuvent être évités.

Michel Casgrain lors de la séance du conseil. (capture d’écran)

Une longue réflexion à mener

 « On est au courant, et du problème, et des solutions, et on y travaille. Mais l’étude de circulation sera une étape importante et sa première phase a atterri. Il faut attendre l’aboutissement des volets deux et trois. Vous parlez de circulation, mais il y a aussi la mobilité active à conjuguer avec tout ça », a répondu Mme Labbé en séance, indiquant, conjointement avec le conseiller Jean-Philippe Thibault, que la pandémie avait retardé le processus, puisque mener l’étude en période de télétravail et de faible achalandage aurait faussé les données.

En entrevue avec le journal suivant la séance, Mme Labbé a confirmé que les échanges tenus avec le MTQ avait mené à trois refus. « La porte a été ouverte trois fois pour discuter avec le ministère des Transports de la route 112 et, chaque fois, la Ville de Chambly s’est fait dire non à la proposition du feu de circulation. J’ai eu plusieurs rencontres avec le MTQ, mais à l’échelle de la Montérégie. On sent que le Ministère a pour nouvelle orientation de travailler davantage sur des boulevards urbains et d’envisager différentes possibilités pour les municipalités, mais c’est un travail de longue haleine. Les changements au MTQ s’opèrent très lentement, et on a peu de chances de se retrouver dans son plan cette année. Sans le MTQ, on ne peut rien faire. On va analyser les options qui s’offrent à nous grâce à l’étude en cours et voir comment le Ministère se positionne de son côté. Ce sera un peu une sorte de tango. » 

La Ville a-t-elle déjà une proposition claire à recommander au Ministère pour remédier au problème? « À ce stade, je ne sais même pas de manière concrète ce qu’il faut choisir de faire pour le prolongement de l’avenue Bourgogne, répond la mairesse. Le plan directeur nous a fait prendre conscience d’un manque quant aux infrastructures sportives, mais on se demande si l’on doit y prévoir une zone commerciale ou d’autres aménagements. Il reste beaucoup de réflexion stratégique à faire. Le terrain du Golf, par exemple, est l’un des rares secteurs qu’il nous reste en périmètre urbain. Et juste à côté de ce terrain vacant, on a créé un développement qui est non fonctionnel. Il est certain que des réponses s’y trouvent, mais cela prendra une discussion avec les citoyens. C’est ce que l’on vise avec l’entente de partenariat que l’on vient d’adopter avec l’organisme Vivre en ville, qui nous accompagnera pour l’aménagement durable et le déplacement actif. » Notons qu’un montant de 10 000 $ sera consacré à cet accompagnement, d’une durée d’un an et demi.

Une rencontre avec le MTQ le 14 juin

Durant la séance, le directeur général, Jean-François Auclair, s’est engagé à aborder le dossier lors de sa prochaine rencontre avec le MTQ, prévue le 14 juin. Quant à la suggestion du feu de circulation, M. Auclair estime « que l’on est rendus là », mais que le prolongement de l’avenue Bourgogne est aussi une option à amener à la table de discussion.

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