Le bassin de Chambly, « pire que jamais »

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Le bassin de Chambly, « pire que jamais »
Le journal a constaté une forte présence d’algues dans le bassin de Chambly. (Photo : Chloé-Anne Touma)

Selon Louis Lahaie, président d’Action Eau Richelieu et diplômé de l’Université McGill en sciences, l’état du bassin de Chambly serait « pire que jamais » en raison de la prolifération d’algues, constatée notamment par le journal à plusieurs endroits, incluant le long de la rue Martel.

Pour M. Lahaie, la présence de plantes aquatiques et d’algues en surabondance est le symptôme d’un écosystème « très perturbé, où des pesticides et autres produits toxiques sont probablement aussi présents en concentration nuisible ». Indirectement, le chevalier cuivré, une espèce de poisson en péril, pourrait aussi en subir les retombées puisque son écosystème est affecté.

« Il arrive que l’on voie très bien les algues et que d’autres fois, elles soient moins visibles, non pas parce qu’elles disparaissent, mais parce qu’elles descendent et se calent dans le fond, ce qui crée l’envasement. À l’automne, avec l’arrivée du gel, elles meurent et se déposent dans le fond. Au fil des années, elles s’accumulent et on a de moins en moins d’eau. »

« (…) la rivière des Hurons est l’une des pires au Québec (…) » – Louis Lahaie

Il ajoute que le fait que le niveau de l’eau dans le bassin soit très bas pour ce temps de l’année contribue au problème, puisqu’on parlerait d’un mois et demi d’avance. « En juillet, il était comme il aurait dû l’être en septembre. C’est que plus l’eau est basse, plus elle se réchauffe, et les algues poussent comme des plantes. Et lorsqu’il y a de fortes averses de longue durée, la turbidité (transparence de l’eau) du Richelieu en est affectée. Mais je soupçonne davantage l’érosion des terres agricoles et des berges d’être en cause, dont les sédiments, emportés par les fortes pluies, se retrouvent dans la rivière. »

La rivière des Hurons en cause

Il explique que les îles qui font face au barrage hydroélectrique divisent le courant amené par la rivière en deux courants principaux qu’il faut considérer : un qui va vers la rue Martel et un autre vers la rivière des Hurons, qui, elle, amène son propre courant. « C’est au point de rencontre de ces deux courants qu’il y a le plus d’algues vertes filamenteuses, car la rivière des Hurons est l’une des pires au Québec, malgré son faible débit, en ce qu’elle amène beaucoup de sédiments et de phosphore », reconnu pour nourrir les plantes.

« Il faut diminuer l’érosion du sol. Il faut prendre soin du bassin, car il est au centre des enjeux de préservation écologique de la rivière », d’amener M. Lahaie.

L’organisme Action Eau Richelieu rappelle qu’il est en recrutement de nouveaux membres souhaitant œuvrer pour la conservation des ressources aquifères.

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