L’avenir prometteur d’Erin Rainville

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Par Chloé-Anne Touma, Initiative de Journalisme local
L’avenir prometteur d’Erin Rainville
Erin Rainville reçoit une bourse d’excellence de 10 000$ de la FAEQ. (Photo : courtoisie - Wrestling Canada Lutte)

Erin Rainville, une jeune athlète de la région, fait partie des 31 récipiendaires d’une bourse de recrutement de 10 000 $, remise par la Fondation de l’athlète d’excellence (FAEQ), qui sera répartie sur cinq ans.

La lutteuse de 20 ans, originaire de Saint-Mathias-sur-Richelieu, vit présentement en appartement avec son frère à Montréal pour demeurer à proximité de ses études en mathématiques, statistiques et informatique qu’elle suit à l’université de Concordia. « J’adore les mathématiques. C’est ce que j’aime en parallèle du sport. »

Une lauréate en série

Erin a reçu la médaille de bronze aux jeux du Canada en 2017. L’année suivante, elle a remporté deux fois l’argent , aux nationaux juvéniles et junior. Bien qu’habituée à recevoir des bourses, Erin confie qu’à chaque remise de prix, elle est toujours aussi heureuse que la première fois. « Étant donné que mes études et mes entraînement accaparent la majeure partie de mon temps, je n’ai pas beaucoup de temps pour avoir un emploi, et les bourses m’aident vraiment à payer mon appartement et à réduire mon niveau de stress, même si mes parents m’aident financièrement. » Avec le montant de la bourse, Erin compte payer ses frais de scolarité et les frais d’accommodation liés aux éventuelles compétitions.

Des plans contrecarrés par la COVID

« La pandémie a vraiment ruiné beaucoup de choses. Les nationaux de lutte étaient le 24 mars, mais avec la COVID-19, tout s’est terminé deux semaines avant. Ça m’a beaucoup déçue car c’est ma dernière année dans ma catégorie d’âge actuelle. J’espérais vraiment remporter l’or et me rendre aux championnats mondiaux. Mais depuis mars, il n’y a eu aucune compétition en lutte. Quand les sports se sont déconfinés, les arts martiaux ont repris en septembre, puis se sont reconfinés en octobre. Je peux toujours m’entraîner, mais ce n’est vraiment pas l’idéal. Pour ce qui est des mesures sanitaires lors des entraînements, on ne porte pas de masque alors qu’on est en action, mais on le porte lorsqu’on se déplace pendant les pauses. »

« La pandémie a vraiment ruiné beaucoup de choses (…) car c’était ma dernière année dans ma catégorie (…) » – Erin Rainville

L’année prochaine, Erin luttera dans la catégorie Senior, soit celle des plus vieux que 20 ans. « Je serai en compétition avec des athlètes qui ont gagné des olympiques et des championnats du monde. Le défi sera plus grand car je serai parmi les moins forts de ma catégorie.

Un but atteignable

Erin espère remporter l’or aux nationaux, et un jour aux championnats du monde. « L’année passée, j’ai failli m’emparer de l’or, mais j’ai fait une erreur qui m’a recalée au bronze. Ça reste une déception. Mais mon but, dans un futur quand même éloigné, serait d’avoir l’or aux mondiaux. Mais je sais que ça prendra beaucoup de temps. En lutte féminine, c’est autour de 28 ans qu’on est vraiment au top de ses capacités en général. J’ai encore quelques années devant moi pour me rendre à ce niveau-là. »

Erin s’entraîne présentement dans un club national, au sein duquel plusieurs entraîneurs s’occupent d’elle, dont Victor Zilberman, qui a remporté six championnats au cours de sa carrière, et Martine Dugrenier, « qui a gagné plusieurs médailles d’or aux mondiaux et qui est championne olympique. » Selon Erin, les coachs ne semblent pas inquiets quant à son évolution. « Victor est russe. C’est moins dans sa culture de faire des compliments », confie Erin en riant. « Mais je sais que mes entraîneurs ont confiance que j’ai ce qu’il faut pour y arriver. »

Erin se dit aussi bien entourée et soutenue par sa famille, établie à Saint-Mathias. « Je ne pense pas que je serais là où j’en suis sans le soutien de mes amis et de ma famille. Au secondaire, mon père assistait à tous mes matchs. Mes parents m’ont toujours soutenue dans ma passion. C’est vraiment moi qui ai choisi de faire de la lutte, même si j’ai d’abord suivi mon frère là-dedans. Ma sœur, quant à elle, est plutôt artiste. Mes parents ont aussi fait plein de choses pour lui permettre d’embrasser sa passion à elle.  Même l’Alliance Sport-études m’a beaucoup aidée au Cégep, en me faisant un horaire adapté, qui me permettait de concilier mes entraînements avec mes études. »

Inspirer les autres

Erin dit ne « jamais avoir eu de difficulté à (se) faire accepter dans le milieu de la lutte », mais qu’elle a tout de même constaté que les filles étaient souvent moins encouragées à pratiquer ce sport. « Au secondaire, je me souviens qu’on ne voyait pas la lutte comme un sport féminin, et les filles n’étaient pas encouragées à en faire, donc je m’entraînais beaucoup avec les garçons. J’en ai fait un peu ma mission d’introduire plus de filles à la lutte. » À toutes celles qui doutent aujourd’hui d’avoir ce qu’il faut pour évoluer comme athlètes, Erin dit que « c’est normal de douter, mais il ne faut pas se laisser dominer par ses peurs, peu importe son domaine ou son objectif. Si c’est ce qu’on veut, il suffit de travailler fort pour y arriver, sans se décourager. »

Noël sur Facetime

Vu les circonstances sanitaires, et le fait qu’elle ne puisse fréquenter plusieurs bulles, Erin compte fêter Noël sur Facetime, en téléconférence, pour partager des moments de célébration en la compagnie virtuelle de sa famille.

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