L’action communautaire se mobilise

Par Annabelle Baillargeon
L’action communautaire se mobilise

REVENDICATIONS. La campagne de mobilisation de l’Action communautaire autonome (ACA) s’est arrêtée à Carignan le 18 novembre dans le cadre de sa commission populaire de l’ACA Montérégie. Les différents organismes de la région étaient donc invités à prendr

À la barre de la commission, l’humoriste et membre des Zapartiste Christian Vanasse, Caroline Meunier du Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec et Claudine Laurin du Réseau québécois des OSBL d’habitation du Québec agissaient à titre de commissaires.

« L’idée est d’expliquer l’impact que rapportent les organismes à l’état », souligne M. Vanasse. Selon les commissaires, le milieu communautaire pallie les coupes faites par l’état, sans pour autant avoir plus de moyens.

Ce constat inquiète Mme Laurin, qui remarque que les organismes sont de plus en plus sollicités par les institutions, sans pour autant être reconnus à leur juste valeur.

 « C’est comme si on pelte dans leur cour, mais que les organismes doivent en plus fournir la pelle », image l’humoriste commissaire.

De la commission, deux thèmes phares émanent de cette consultation. Mme Meunier précise que les principales revendications du milieu communautaire s’avèrent être la reconnaissance de du travail effectué, ainsi qu’un meilleur soutien.

Martin Bécotte, directeur de la Fédération régionale des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie, remarque qu’un grand travail doit être fait pour valoriser l’impact social et économique du milieu communautaire auprès de la population.

Si le monde communautaire participe davantage au PIB que l’emploi dans le secteur minier selon lui, la population ne semble pas au courant de ces vertus.

« On doit attirer l’attention des gens pour rendre la crédibilité et la valeur au monde communautaire », estime M. Bécotte.

Manque de reconnaissance

Nathalie Grenier, directrice de la Corporation de Développement Communautaire (CDC) du Haut-Richelieu-Rouville, insiste sur les conséquences du manque d’investissement dans le milieu communautaire.

Si le milieu intervient pour contrer la pauvreté et la détresse, elle craint que par manque de ressources, il devienne plus difficile de répondre aux besoins.

« Il y a une grande méconnaissance du communautaire. Il est temps qu’on en reconnaisse le travail, sans pour autant être vu comme du cheap labor », note Mme Grenier.

Au Carrefour familial du Richelieu à Chambly, la directrice générale, Guylaine Lapolice, compose avec les mêmes difficultés. Depuis près de 10 ans, les sommes qui sont allouées au communautaire n’ont pas été indexées.

« C’est une question de survie. À la maison, on aide toutes les familles, avec des subventions seulement pour les familles vulnérables », note-t-elle.

De plus, elle se désole que la paperasse pour obtenir des subventions exige autant de temps, l’empêchant de travailler pour sa mission première.

La campagne de mobilisation doit se terminer en juin, avec le dépôt d’un rapport des commissaires de partout au Québec.

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