La situation des Centres d’action bénévole de la Montérégie

La situation des Centres d’action bénévole de la Montérégie

Le CAB La Seigneurie de Monnoir de Marieville, comme l'ensemble du RCABM, demande a être aidé financièrement et plus reconnu pour leur rôle.

Crédit photo : archives

Le Regroupement des Centres d’action bénévole de la Montérégie (RCABM), a rédigé un document d’information sur les réalités que vivent les Centres d’action bénévole (CAB). Une des craintes des CAB : faire face à leur capacité de soutenir leur communauté comme ils le font actuellement.

Aussi bien à Chambly, avec le Centre de bénévolat de la Rive-Sud rattaché au CAB de Longueuil, au CAB de Saint-Césaire ou qu’à Marieville avec le CAB La Seigneurie de Monnoir, le constat semble être le même, les bénéficiaires des services de ces centres de premier recours sont de plus en plus nombreux.

Il n’en fallait pas plus pour le RCABM, pour publier un document d’information sur la situation des 24 CAB membres du regroupement, au lendemain des élections provinciales.

« Nous ne sommes pas dans une situation d’urgence, mais nous avons voulu faire le point sur ce qui se passe en Montérégie avec les services que nous proposons », fait savoir Patrick Thibert, directeur général du CAB de la Vallée-du-Richelieu et président du RCABM.

Et même s’il n’y a pas d’urgence, il y a des inquiétudes sérieuses.

La mission des CAB

Les CAB ont une mission permettant de moduler leurs actions et offrir des services en lien avec l’expression des besoins du milieu. Il arrive aussi que dans plusieurs secteurs, le CAB soit pratiquement le seul organisme communautaire en santé et service sociaux ayant pignon sur rue, devenant ainsi un carrefour communautaire important.

Une des constations dans le rapport du RCABM est que « depuis les dernières années, avec les différentes réorganisations systémiques, budgétaires, et humaines dans le réseau de la santé et d’autres secteurs gouvernementaux, nous vivons une augmentation de demandes de services ».

Une augmentation qui n’est pas forcément synonyme d’augmentation de moyens. Les CAB s’interrogent sur le fait que les accueils psychosociaux, les services SAD ou encore les travailleurs sociaux des CLSC et des hôpitaux méconnaissent leurs services, politiques et critères d’admissibilité aux services. « Ils exercent pourtant une pression accrue pour que nous acceptions des usagers pour lesquels ils ne peuvent eux-mêmes offrir un service, orientation des personnes pour que nous puissions les aider à trouver la bonne ressource », est-il écrit dans le document.

« Nous n’avons pas les fonds des CLSC pour répondre à chacune des situations. Nous sommes conscients que les CLSC ont perdu beaucoup de leurs services et eux aussi ont besoin de plus de fonds, car les CAB et les CLSC vont de pair, mais nous avons tous les deux une approche différente. On demande d’être mieux reconnu dans ce qu’on fait en général et non de se référer uniquement à notre libellé de mission pour nous accorder des subventions. Nous en faisons beaucoup plus », de préciser M. Thibert.

Les CAB bénéficient de subventions gouvernementales de l’ordre de 20 à 50 % de leur budget global. Ils arrivent à combler leurs besoins financiers chaque année à travers des dons, une vente de services, mise en place de friperie, des activités de financement.

« Le gouvernement nous propose des subventions ponctuelles pour offrir des projets innovants. Mais notre personnel est tellement réduit que pour mettre en place ces projets, il faudrait que nous abandonnions ce que nous faisons tous les jours. »

Des salaires trop bas

Face au vieillissement de la population, les employés vivent une pression quotidienne afin de maintenir la qualité des services. « Ils doivent constamment faire plus avec de moins en moins de ressources », explique le RCABM.

Pour le président du RCABM, les CAB ne peuvent pas rivaliser avec les conditions de travail offertes par le privé ou le réseau de la santé. « Cela est fort dommage, car après quelques années, nous assistons régulièrement à un exode de nos travailleurs. De plus, il existe une situation de plein emploi actuellement et il est difficile d’attirer des professionnels dans le monde communautaire. Il faudrait augmenter les salaires de nos professionnels. On va être réaliste, au-delà de ça, on n’aura pas beaucoup plus. »

Et pourtant, l’apport dans la société des CAB a été chiffré par la Fédération des centres d’action bénévole du Québec. Cette dernière estime qu’un dollar investi dans un organisme gérant des bénévoles en rapportait quatre fois plus à la société.

Les inquiétudes

Les CAB, par manque de moyens, craignent un épuisement de leur personnel, des risques accrus de coupes de services. « Les CAB sont des ressources de premier plan dans le paysage communautaire, car justement, ils touchent à plusieurs secteurs. Ils sont un peu comme les médecins des urgences. Ils sont là, en première ligne, et peuvent répondre à de nombreux besoins », rappelle Patrick Thibert, directeur général du CAB de la Vallée-du-Richelieu et président du Regroupement des centres d’action bénévole de la Montérégie.

Une des tendances que le RCABM craint peut être illustrée par le prix du stationnement dans les hôpitaux. Jusqu’à maintenant, les bénévoles avaient accès à des places de stationnement gratuites dans les hôpitaux de la grande région de Montréal. Avec le fusionnement, ils ne pourront plus bénéficier de ce privilège, devant alors refiler la facture aux usagers. « Nous demandons que partout au Québec, il y ait une politique de gratuité des stationnements lorsqu’un bénévole encadré par un CAB reconnu par son CISSS ou CIUSSS transporte une personne ». Ce que souhaite le RCABM est que « lors d’attribution de financement ciblé, il serait important d’inclure des directives qui tiennent compte de la réalité des actions menées directement auprès de la population et non seulement se baser sur un libellé de mission qui souvent ne fait pas état de tout ce qui est accompli », de conclure M. Thibert.