La santé publique veut vacciner plus de 30 000 personnes

La santé publique veut vacciner plus de 30 000 personnes

Près de 30 000 résidents du Haut-Richelieu-Rouville ont été immunisés contre l’influenza l’an dernier. Pour la présente campagne de vaccination antigrippale, la direction de la santé publique souhaite améliorer ce résultat.

«Plus de 200 000 doses sont administrées en Montérégie. On souhaite augmenter ce nombre particulièrement pour les clientèles vulnérables», lance d’emblée Dr Jean Rodrigue, directeur de la santé publique en Montérégie et pour le Centre intégré de la santé et des services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Centre. La vaccination vise à protéger les personnes du virus de la grippe et de ses complications (pneumonie, hospitalisation, décès, etc.). Le vaccin est offert gratuitement aux personnes vulnérables (enfants de 6 à 23 mois, adultes âgés de 60 ans et plus, personnes de 2 ans et plus atteintes de maladies chroniques, d’immunodéficiences ou d’obésité ainsi que les femmes enceintes) et à leurs proches. Il faut compter de 10 à 14 jours après l’administration de la dose avant que le vaccin soit actif dans l’organisme. «Il faut rappeler qu’il s’agit d’un vaccin sécuritaire qui cause très peu d’effets secondaires. On parle principalement d’une inflammation au site de l’injection», soutient Dr Jean Rodrigue.

Trois souches

Le vaccin offert cette année protège contre trois souches (A(H1N1), A(H3N2) et une souche du groupe B). «Les virus du groupe A frappent à l’automne et au début de l’hiver. Ceux du groupe B frappent à la fin de l’hiver et au début du printemps», fait remarquer Dr Rodrigue. La souche H3N2 serait la plus agressive. «Au début, on croyait que le H1N1 serait plus virulent et causerait plus de décès. Finalement, le H3N2 cause plus d’hospitalisations et de mortalités que le H1N1», ajoute Dr Jean Rodrigue.

Pic grippal

Chaque année, le virus de la grippe fait son apparition aux États-Unis. Il transite ensuite vers la Colombie-Britannique pour se diriger vers le Québec. Une équipe de vigie de la santé publique assure la surveillance de la progression. «Actuellement, il y a une activité grippale sporadique au Canada», confirme Louis-Charles Primeau, porte-parole du CISSS de la Montérégie-Centre.

L’Agence de la santé publique du Canada indique, présentement, que le H3N2 est le sous-type le plus répandu chez les Canadiens. «Si en Colombie-Britannique, on dépiste la souche H3N2, il y a de fortes probabilités que ce soit cette souche au Québec», mentionne Dr Rodrigue.

La santé publique débute le dépistage systématique des cas de grippe quand plusieurs sont suspectés. «On commence les tests pour identifier le virus. On va le faire en période d’éclosion», poursuit M. Rodrigue.

Au moment d’écrire ces lignes, la Montérégie n’était pas en éclosion. Dès qu’elle débutera, il faudra compter entre quatre et six semaines pour atteindre le pic de l’activité grippale. Cette pointe survient généralement entre la mi-décembre et la mi-janvier. La période des Fêtes est propice à la transmission du virus. «Il y a énormément de contacts étroits entre les gens. Cette promiscuité heureuse est propice à répandre le virus. Les mesures d’hygiène de base sont importantes. Et on oublie parfois que d’aimer ses proches, c’est aussi de s’éloigner d’eux quand on a la grippe», rappelle Dr Rodrigue.

 

Efficace le vaccin contre la grippe?

L’an dernier, le vaccin contre la grippe a manqué sa cible. Son taux d’efficacité a été nul, ou presque. Pour le directeur de la santé publique de la Montérégie, Dr Jean Rodrigue, il s’agit d’une exception.

«Si on regarde les dix dernières années, le taux d’efficacité a été entre 40 et 60%, sauf l’an dernier», concède-t-il. Dr Rodrigue explique que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) analyse l’activité grippale sur le globe au début de chaque année. Elle identifie ensuite les souches qui sont les plus propices de causer des éclosions grippales pour la prochaine année. Les compagnies pharmaceutiques développent ensuite le vaccin. «En janvier 2014, c’est le H3N2 qui a été commandé. Entre le moment de la commande et l’automne, le virus a changé. Même si le vaccin protégeait contre le H3N2, la souche qui se promenait n’était plus la même. Cette année, on a bon espoir que la nouvelle souche [incluse dans le vaccin] soit celle qui va frapper», note Dr Rodrigue.

Il soutient que le vaccin est le meilleur moyen pour se protéger contre le virus de l’influenza. «Dans les faits, le vaccin est efficace. Il y a d’autres mesures d’hygiène, mais elles sont moins efficaces que le vaccin», dit Dr Rodrigue.

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