La Route des cidres

Photo de Jean-Christophe Noël
Par Jean-Christophe Noël
La Route des cidres
Des dizaines de milliers de bouteilles reposent et se bonifient dans la cave de la Cidrerie Michel Jodoin, passant à travers le temps aux côtés de tonneaux de brandy vieilli en fût de chêne. (Photo : courtoisie)

ROUGEMONT. Reconnue à travers la province comme étant la capitale de la pomme, Rougemont coupe le souffle lorsque, au mois de mai, les fleurs des nombreux pommiers flamboient à pétales déployés. Issu de la fermentation du jus de pommes, le cidre, cette boisson alcoolisée dont se délectent les friands amateurs, fait partie de l’attrait touristique qui colore la région. Le Journal de Chambly s’est lancé, par une splendide journée, sur la Route des cidres, créée en 1998 par Tourisme Montérégie.

Le bucolique rang de la Montagne, qui permet de longer les multiples douceurs que Rougemont offre à ceux qui s’y abandonnent en toute bonne foi, dessine l’horizon d’un jour empli de promesses. Sur le somptueux chemin campagnard menant au royaume de la pomiculture, les commerçants et les artisans du fruit à pépins foisonnent et deviennent rapidement la norme. Les effluves enveloppants de tartes moelleuses, de beignes tendres, de gelées consistantes et de sucre d’orge se marient et enchantent la tache olfactive qui, stimulée, ouvre l’appétit plus hâtivement que prévu.

Domaine Cartier-Potelle
La première escale se situe au Domaine Cartier-Potelle. Du bas de l’allée rocailleuse, on perçoit la moderne construction qui se profile et s’harmonise agréablement au rythme où on l’approche. Copropriétaire avec son conjoint et son frère, Josée Cartier raconte le début de leur aventure. « Nous avons acheté en 2011 à la suite d’un immense coup de cœur et en 2013, nous entamions la commercialisation », décrit la détentrice des terres, desquelles émergent près de 15 000 pommiers.

Vin blanc, vin rouge, vin rosé, cidre de glace et cidre fortifié font partie des produits mis à l’essai afin d’éveiller et d’égayer les papilles gustatives.

Pour respecter le cahier de charges de l’Indication Géographique Protégée (IGP), l’usage de l’appellation « cidre de glace » est réservé exclusivement aux produits certifiés conformes à celui-ci. Les sucres du liquoreux nectar auront été au préalable concentrés uniquement par le froid naturel, découlant de pommes pressées au fil des rigueurs d’une période située entre les mois de décembre et mars. La concentration de ces sucres par le froid peut être réalisée selon deux méthodes, soit la cryoconcentration et la cryoextraction.

6 – C’est le nombre de cidreries proposées par Tourisme au Cœur de la Montérégie au sein de la Route des cidres.

Domaine De Lavoie
Non loin, s’étalant sur deux générations, se situe l’histoire de famille du Domaine De Lavoie. Plus rustique, on y dénote un cachet traditionnel provincial nous baignant de ruralité. Accueilli par Francis Lavoie et sa douce moitié, tous deux originaires de la Gaspésie, le représentant du Journal est d’emblée gratifié d’un rafraîchissant mousseux. Enracinée à Rougemont depuis 1983, la famille Lavoie comptabilise désormais plus de 83 000 vignes, 20 000 pommiers ainsi que 4 000 poiriers.

Tout en circulant sur les différents lots du Domaine, Francis Lavoie explique l’histoire des lieux, la production au champ et le processus de transformation avant de compléter à la cave à vin, qui mène vers une suave dégustation pleinement méritée. « Nous avons beau être natifs de la Gaspésie, je me plais à dire que Rougemont est la plus belle place du monde », confie, sourire en coin, M. Lavoie d’un regard malicieux.

Cidrerie Michel Jodoin
Le dernier arrêt de la journée se déroule à l’illustre Cidrerie Michel Jodoin, là où le jus de pomme coule dans les veines de la famille depuis plusieurs générations. La voie n’a pas toujours été lisse telle la pelure d’une pomme, et Michel Jodoin, propriétaire de la cidrerie mondialement réputée, ne s’assoit pas sur ses lauriers. « Il ne suffit pas que de faire un bon produit, il faut être audacieux, il faut innover, il faut avoir une vision », explique l’homme dont l’effervescence des yeux n’a d’égal que le contenu de certaines de ses bouteilles.

Dans ce temple de la pomme, on ne peut faire autrement que de se laisser charmer par les différents dialectes qui caressent les tympans des multiples visiteurs s’y arrêtant pour une première fois ou pour redécouvrir le vaste espace de plus belle. Français, Américains, Chinois, Japonais, ils sont nombreux à quitter joyeusement, alourdis de produits signés de la main de celui qui a pris les rênes de la compagnie en 1988.

Autres cidreries
Le temps se faisant plus avare, le Journal n’a malheureusement pas été en mesure de boucler l’itinéraire auquel se rattache la Route des cidres. La Cidrerie du Village (Rougemont), le Vignoble et Cidrerie Coteau Rougemont et la Cidrerie Verger Léo Boutin (Sainte-Angèle-de-Monnoir) sont également des étapes pavant le délicieux trajet.

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