La police enquête sur l'incendie causé par un thermostat

La police enquête sur l'incendie causé par un thermostat

SAINT-MATHIAS-SUR-RICHELIEU. Une semaine après que le Journal de Chambly ait rapporté qu’un thermostat dangereux -faisant l’objet d’un rappel de Santé Canada et acheté sous une étiquette trompeuse- ait mis le feu à la maison d’un couple de Saint-Mathias-s

Bien que l’incendie ne soit pas considéré comme criminel, les policiers souhaitent pousser l’enquête plus loin.

«Le Bureau des enquêtes va analyser le thermostat, faire des vérifications auprès du Service de sécurité incendie de Saint-Mathias et recueillir la version des faits des différents témoins», confirme le capitaine Yannick Parent.

Pas d’enquête du Service de sécurité incendie

Du côté des pompiers de Saint-Mathias, le directeur Daniel Cléroux indique qu’il s’agit du premier incendie de ce type dans la municipalité, et mentionne qu’il n’était pas de son ressort de faire enquête dans cette affaire.

Le président de l’Association internationale des enquêteurs incendie section Québec (IAA-Québec) Alain Harvey renchérit. «Là, le point d’origine est clairement le thermostat. Il n’y aura pas d’enquête pour savoir pourquoi le feu a pris dedans, la cause est évidente.»

Des thermostats impossibles à retracer

Les Quirion, victimes de l’incendie, confirment la visite d’enquêteurs de la Régie de police. Ils envisagent aussi de porter plainte. «Nous attendons de voir avec la Régie jusqu’où ira le dossier», indique Chantal Quirion.

Des recherches menées par le Journal ont permis de confirmer que le thermostat défectueux, de marque UPM et de modèle HTM611A, faisait bien partie d’un rappel de Santé Canada en novembre 2013 et en avril 2015.

Seuls les thermostats fabriqués en 2008, dont le numéro de série commence par «08» étaient visés. Le numéro de série de l’appareil des Quirion commençait bien par «08», mais était caché par une autre étiquette, indiquant un numéro de série différent.

On ne sait, pour l’heure, qui a procédé au camouflage du numéro de série et mis en danger, de la sorte, la vie du couple Quirion et de tout autre citoyen qui aurait pu acquérir un autre exemplaire du thermostat en cause.

De nombreuses questions

Les témoignages du couple Quirion ainsi que de la quincaillerie BMR où le thermostat a été acheté semblaient viser la semaine dernière un fournisseur de Calgary qui a fait faillite récemment. Il a cependant été impossible de confirmer auprès de ce dernier qu’il était bien le fournisseur des thermostats chinois de marque UPM vendus par BMR.

Le président de l’Association internationale des enquêteurs incendie doute également de la possibilité de retracer la main criminelle: «On ne saura jamais qui a mis un sticker, c’est impossible, affirme-t-il. Le thermostat il arrive d’où, il est passé par quelles mains, dans quel entrepôt, qui a pris la décision? C’est énormément de questions.»

Une situation dommage, dit BMR

La porte-parole de BMR, Stéphanie Coutier, a indiqué qu’il lui était impossible de retracer les thermostats défectueux et possiblement trafiqués déjà vendus dans ses quincailleries, car les différents commerçants utilisent eux-mêmes différents systèmes informatiques.

«Nous avons procédé à un rappel de produit comme il y en a d’autres [après le rappel de Santé Canada en avril 2015], et malheureusement ça a mené à une situation qui est dommage», a poursuivi la porte-parole.

L’entreprise a également assuré qu’elle reprendrait tous les appareils défectueux dont le numéro de série aurait été falsifié achetés dans ses quincailleries.

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