La peur entre les murs

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Par Julien Dubois (Initiative de Journalisme Local)
La peur entre les murs
La machinerie a impressionné les résidants de la rue du Pont. (Photo : Courtoisie)

Suzanne Ouimet est persuadée que les travaux opérés sur deux chantiers voisins de son domicile provoquent de gros dégâts sur sa maison. Une affirmation que réfute le constructeur.

« C’était mon cadeau d’anniversaire. Je l’ai achetée en décembre 2008. » Suzanne Ouimet est profondément attachée à sa maison. « Elle a 150 ans!, poursuit la résidante de la rue du Pont à Marieville. Je ne sais pas si elle a une valeur historique, mais j’espère bien jouer cette carte pour m’aider à me sortir de cette situation. Car maintenant, ce n’est plus de l’inquiétude qui m’habite. C’est de la peur. Je sens que ma sécurité est en jeu. »

Bientôt l’éboulement?

Les raisons qui poussent Suzanne Ouimet à craindre un éboulement relèvent du déclin de l’état de sa demeure. « Tout a commencé au début du printemps. Mon voisin a entamé des travaux au marteau-piqueur avec une machine immense. Une semaine plus tard, des travaux pour construire un édifice ont commencé en face de chez moi avec des engins énormes! Les vibrations font chanceler la structure! Mon plancher s’incline dans la cuisine, le plafond de la salle de bain s’affaisse au point que je ne peux plus fermer les portes, les cadres de porte sortent des murs ainsi que les clous au plafond. Là où j’ai réellement peur, c’est mon escalier. Je sens qu’il bouge et s’il s’écroule, je chute trois mètres plus bas dans la cave! »

« Je veux aller en cour. Les assurances sont réservées pour des accrochages ou des arrangements. » – Suzanne Ouimet

La Marievilloise supporte mal la situation puisqu’elle s’estime aussi perturbée mentalement par les coups de marteau-piqueur à longueur de journée. « Je perds patience. La dépression guette. J’ai essayé de voir avec la Ville, mais les permis sont en règle. » Pour la résidante, il est impossible que l’état de la maison soit détérioré de manière naturelle. « J’ai investi 50 000 $ dans les rénovations, du plancher au toit, en 2008, précise-t-elle. Tout s’est dégradé dès les premières semaines du chantier. J’ai contacté la Régie du logement pour voir comment cette situation pourrait être réglée. »

Professionnel de la construction

Normand Blanchard possède son entreprise dans la construction. C’est lui qui est à l’initiative du premier chantier voisin, qui verra l’implantation de deux bâtiments à condos dans neuf mois approximativement. « Il est impossible, selon moi, que mes travaux causent du tort à la maison de madame Ouimet. J’ai déjà discuté avec elle et une autre voisine. Je n’ai pas laissé leurs plaintes lettre morte. Je leur ai suggéré de mettre en relation leurs assurances avec les miennes pour constater les faits. Mon assureur est prévenu et en cas d’appel, il s’en occupera. Mais madame Ouimet n’a rien fait en ce sens. »

Suzanne Ouimet n’est pas la seule à constater des dégâts dans son logis. M. Gilbert, qui vit juste derrière, déplore aussi des dommages. « J’ai acheté ici deux ans auparavant. Le crépi a cassé et je constate des fissures dans les fondations. Mon autre problème est que si deux bâtiments à étages s’érigent à côté de chez moi, les locataires auront une vue imprenable sur ma maison et le temps d’ensoleillement de ma propriété sera réduit. Ainsi, ma maison pourrait perdre beaucoup de valeur. »

Suzanne Ouimet est décidée, elle ne souhaite pas passer par les assurances. « Je veux aller en cour. Les assurances sont réservées pour des accrochages ou des arrangements. Là, c’est beaucoup plus grave! »

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