Là où le vertige n’est pas invité

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Par Jean-Christophe Noël
Là où le vertige n’est pas invité
Lysanne Richard performe mondialement depuis 2016 en plongeon de haut vol. (Photo : courtoisie)

La Chamblyenne Lysanne Richard a complété sa saison de plongeon de haut vol au troisième rang du classement général du Red Bull Cliff Diving, alors qu’elle s’est élancée du haut du pont de la Salve depuis une plateforme située à 22 mètres au-dessus des eaux du fleuve Nervion, à Bilbao, en Espagne.

À 38 ans, Lysanne Richard, qui a effectué un retour au plongeon en 2015 après vingt années d’abstinence, est la doyenne de son sport. Mère de trois enfants, elle ne correspond pas aux normes habituelles de l’athlète qui se consacre exclusivement à sa préparation personnelle dans le but d’atteindre les plus hauts sommets.

Pourtant, les résultats de Mme Richard sont plus qu’impressionnants comme en font foi, récemment, sa troisième position du 24 août en Bosnie-Herzégovine et sa deuxième place en Espagne du 14 septembre. Cette fin de semaine en Espagne bouclait sa saison de huit compétitions, elle qui n’a pu participer qu’à six d’entre elles, demeurant sur le carreau deux fois en raison de blessures.

Jeux olympiques 2020

La plongeuse chamblyenne œuvre sur deux circuits qui se combinent. Il y a le circuit de la Fédération internationale de natation (FINA) et leRed Bull Cliff Diving. L’engouement envers ce sport est en croissance et sa présence aux Jeux olympiques de Tokyo est présentement à l’étude.

« Nous aurons la confirmation en début d’année 2020. La FINA travaille fort et fait les démarches en ce sens actuellement. Pour l’instant, parmi toutes les disciplines que régit la Fédération, le plongeon de haut vol est la seule ne faisant pas encore partie des Jeux olympiques. Si ce n’est pas en 2020, ce sera sûrement en 2024 à Paris », met de l’avant la femme qui s’est installée en sol chamblyen à la fin du mois d’août.

« Quand tu fais des sauts d’une hauteur moyenne de 22 mètres et que tu entres dans l’eau à environ 80 km/h, la marge d’erreur est minime. »
– Lysanne Richard

Risques

L’image de marque Red Bull en est une que l’on associe naturellement à facteur de risque. Implantant parfois ses plateformes directement sur la paroi d’une falaise au sein d’un paysage à couper le souffle, la compagnie sélectionne finement les sites afin que l’adrénaline soit toujours au rendez-vous et que le public s’en régale.

« Quand tu fais des sauts d’une hauteur moyenne de 22 mètres et que tu entres dans l’eau à environ 80 km/h, la marge d’erreur est minime. Tu dois avoir une verticale impeccable. Il y a des facteurs incontrôlables. Il peut y avoir une vague affectant de quelques degrés ton angle d’entrée dans l’eau. Les repères visuels varient également. Tu te prépares dans des installations neutres, mais quand tu arrives sur un nouveau lieu de compétition, tu as une journée pour t’acclimater à ton nouvel environnement. Tu effectues ensuite quatre sauts dans les deux jours qui suivent. Tout est une question de synchronisme. C’est pour ça qu’il y a des plongeurs qui nous attendent dans l’eau, car des pertes de conscience restent possibles.

Parcours de vie

Certains athlètes ont un parcours linéaire, ne se dévouant corps et âme qu’à leur sport. Ce n’est pas le cas de Mme Richard, qui détient un bagage de vie riche et fort intéressant. Blogueuse, conférencière, artiste au Cirque du Soleil et au Cirque Éloize et analyste spécialisée en plongeon de haut vol pour les émissions Red Bull Cliff Diving de TVA SPORTS font partie du volumineux curriculum vitae de la trentenaire.

« Le spectacle O du Cirque du Soleil m’a attirée vers le cirque. J’ai perfectionné mon jeu d’actrice en suivant une formation à l’École nationale de cirque et j’ai vécu de magnifiques moments lors de tournées et d’événements spéciaux », relate la dame multidisciplinaire.

Depuis 2016, si l’on exclut l’année 2017, où Mme Richard n’a pas plongé en raison de blessures, ce sont 16 podiums qu’elle a accumulés sur un total de 20 compétitions.

La plus féroce compétitrice de Lysanne Richard est l’Australienne Rhiannan Iffland, qui termine première année après année.

 

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