La loi 10, un an plus tard: la santé, toujours un chantier d'incertitudes

Par Karine Guillet
La loi 10, un an plus tard: la santé, toujours un chantier d'incertitudes

L’entrée en vigueur de la loi 10, le 1er avril 2015, marquait le début d’un important chantier dans le réseau de la santé au Québec. Un an plus tard, le personnel-cadre est passé sous le couperet, mais la réorganisation n’est toujours pas terminée et l’in

Selon le ministère de la Santé, la réorganisation se voulait en continuité avec le regroupement d’instances de santé déjà amorcé il y a quelques années. La transformation devait générer à terme des économies de 220 M$ à la grandeur de la province et faciliter le parcours du patient en regroupant tous les services sous une même entité.

La Montérégie comptait neuf centres de santé et de services sociaux (CSSS), une agence régionale et sept centres (notamment en réadaptation, en déficience intellectuelle et en protection de la jeunesse), représentant 17 établissements de santé autonomes. Depuis la fusion, le territoire est maintenant partagé entre trois centres intégrés de la santé et des services sociaux (CISSS) dont les sièges sociaux sont logés à Longueuil (CISSS Montérégie-Centre), Saint-Hyacinthe (Montérégie-Est) et Châteauguay (Montérégie-Ouest), un de plus que ne l’avait initialement prévu la loi.

Diminution de cadres

Un des objectifs de la loi 10 visait également la réduction du nombre d’employés cadres.

Le CISSS Montérégie-Est emploie pour sa part 405 cadres, alors que l’objectif se situait à 449. Le nombre de cadres à ce jour pourrait varier, puisque la réorganisation n’est pas encore terminée. Le réseau issu de la fusion des CSSS Richelieu-Yamaska, Pierre-de-Saurel et Pierre-Boucher ainsi que du Centre Jeunesse de la Montérégie, comptait à la fusion 507 cadres.

Le CISSS Montérégie-Est emploie pour sa part 405 cadres (507 cadres avant la réforme), alors que l’objectif se situait à 449. Le nombre de cadres à ce jour pourrait varier, puisque la réorganisation n’est pas encore terminée.

Le CISSS Montérégie-Ouest comptait 397 employés-cadres à la fusion des neuf établissements qui la composent. L’organisation en compte aujourd’hui 301, soit 39 de moins que la cible fixée par le gouvernement pour 2017.

Perte de contact

La fusion des établissements de santé a également coupé le nombre de grands patrons, faisant passer à trois le nombre de PDG. Les conseils d’administrations sont également restreints à trois, mais se déplacent d’un établissement à l’autre dans le cas des CISSSMO et CISSME.

Si le CA et les cadres se déplacent, la présidente du syndicat de catégorie 3, sur le territoire de l’ancien CSSS Pierre-de-Saurel, Micheline Charron, se dit elle-aussi inquiète des relations avec la direction. «Pour nous Sorel, le contact que nous avions directement avec le CA est perdu. Maintenant, malgré le fait que le nouveau conseil d’administration fasse une tournée une fois par mois dans chaque gros centre, le contact que nous avions avec la direction générale au quotidien n’est plus», déplore-t-elle.

Au syndicat paratechnique Richelieu-Yamaska, la présidente Sylvie Lachambre s’inquiète de la grandeur du territoire que couvre maintenant le CISSS Montérégie-Est dont elle fait partie. Si le personnel administratif devait en partie être réuni dans un nouveau bâtiment annexe au CLSC des Maskoutains de Saint-Hyacinthe, elle s’inquiète que des cadres devront se déplacer entre les différents établissements du CISSS, sur un territoire de quelque 3727 km2.

«Ça va coûter une beurrée. Les cadres ne vont pas se déplacer gratuitement», illustre-t-elle.  Il a été impossible de confirmer avec le CISSSME si des sommes avaient été déboursées en frais de déplacement pour des cadres.

Fusion de services

Mme Lachambre s’inquiète également de voir plusieurs services centralisés vers le territoire de Longueuil, comme le service de la paie ou le projet Optilab, qui vise la migration de 70% des analyses de laboratoire de la Montérégie vers Longueuil.

«C’est inquiétant comme employé, mais ce n’est pas qu’inquiétant que pour les employés. Tantôt, vont-ils vouloir se mettre à centraliser tous les services? En tant qu’utilisatrice de services, je me questionne. S’ils le font avec les laboratoires, rien ne dit qu’ils ne le feront pas pour des services où le patient se déplace», lance-t-elle.

Avec la collaboration de Sarah-Ève Charland.

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