La liberté de peindre à 93 ans!

La liberté de peindre à 93 ans!

L'oeuvre Les cuivres chantent.

À l’âge vénérable de 93 ans, Louis Hébert manie encore librement le pinceau. Il expose ses œuvres au Corps de garde du Fort Chambly dans le cadre de l’événement Abstraction lyrique.

L’artiste réside à Chambly depuis deux ans. C’est ici à proximité de la mairie que son oncle, le célèbre sculpteur Louis-Philippe Hébert, a immortalisé Michel de Salaberry. Ailleurs au Québec, il a érigé des monuments destinés à Édouard VII et Paul de Chomedey, pour ne citer que ceux-là.

Déjà en 1943, Louis Hébert s’intéresse à la gravure alors qu’il est un élève à l’École des Beaux-Arts. À l’âge de 52 ans, il s’inscrit  à l’UQAM et obtient en 1982 son baccalauréat en arts plastiques. Il est aussi de la cohorte 1953-56 du Famous Artists Course en graphisme. Il a à son compte plusieurs expositions en Suisse, en France, à Cuba, au Portugal, en Espagne et dans d’autres endroits au Québec.

Esprit libre

Canne à la main et accompagné par son amie Marie-Aline Lemay, elle aussi artiste peintre, Louis Hébert a eu l’amabilité de se présenter au journal. Il confie peindre encore aujourd’hui, car, dit-il en riant : « Je n’ai pas de temps à perdre! » Il se définit comme un autodidacte dans ce médium. « J’ai fait durant plusieurs années de la gravure. C’est dans la famille. Jeune, j’ai toujours dessiné. Mon grand-oncle Louis-Philippe Hébert et mes cousins faisaient de la sculpture et de la peinture », relate le plus que nonagénaire.

Il mentionne avoir commencé à peindre du figuratif avant d’embrasser l’abstrait. Il affirme avec humour : « J’ai commencé par le figuratif, des paysages, quand je n’avais pas le temps ! L’abstrait est venu avec de la gravure sur le bois. » Ce matériau, a-t-il illustré, lui a offert une multitude de regards par ses traces et ses reliefs.

« Dans la gravure, c’est trop tard quand on fait une erreur, mais en peinture, on peut corriger; ça laisse plus de liberté. » – Louis Hébert

Lucide, il répond qu’il ne sait pas ce qui l’inspire : « C’est difficile à dire. On commence d’une façon et on termine de façon complètement différente. C’est le tableau qui nous mène. »

Le travail de Louis Hébert est vu comme une « recherche d’une peinture libre, ouverte sur l’imaginaire et la rêverie. Son travail offre aux regards des étendues de lumière aux contours heurtés par des déflagrations de couleurs ». Il dira aussi qu’il se laisse influencer tout en demeurant libre. Il ajoutera encore avec humour que sa signature est toujours en bas du tableau, mais elle reste cachée! Il confie vouer aussi une admiration pour les peintres chinois.

« Dans la gravure, c’est trop tard quand on fait une erreur, mais en peinture, on peut corriger; ça laisse plus de liberté », de préciser l’artiste, dont le secret pour rester encore actif est l’amour de la vie.

Louis Hébert va exposer du 22 septembre au 8 octobre en compagnie d’une autre artiste, soit Danielle Nadon. La population est invitée au vernissage, qui aura lieu le dimanche 30 septembre, à 13 h. Ce vernissage sera présenté dans le cadre de la programmation des Journées de la culture. Les visiteurs pourront découvrir cette exposition tous les samedis et dimanches, de 13 h à 17 h, de même que le lundi 8 octobre.