La famille isolée pour le protéger

Par Martine Veillette
La famille isolée pour le protéger
Mia-Florence, 10 ans, Océane, 18 ans et Esteban, 14 ans, passent du temps ensemble durant la quarantaine. (Photo : courtoisie)

Esteban Olivier, 14 ans, est atteint de la fibrose kystique, une maladie qui touche principalement les poumons. Afin de le protéger, la famille de Chambly s’est mise en quarantaine.

Avant même que le gouvernement du Québec ne décrète l’état d’urgence, contraignant les Québécois à rester chez eux, Amivi Olivier avait pris la décision de sortir son fils de l’école pour au moins deux semaines. « On ne peut pas contrôler les autres. La meilleure façon de se protéger, c’est de s’isoler pour les prochaines semaines. On ne va même pas dans la rue », précise cette mère de trois enfants.

Elle ajoute « qu’avec une maladie respiratoire, la personne est vulnérable. Le coronavirus est nouveau. On ne peut pas dire s’il sera dangereux pour lui, mais on sait que les personnes avec une maladie dégénérative sont plus à risque. » Plus jeune, lorsque Esteban attrapait une pneumonie, il devait être hospitalisé pour recevoir ses traitements. En vieillissant, il suivait ceux-ci à la maison. Au cours des dernières années, avec les différents traitements qu’il suit pour contrôler la fibrose kystique, il n’en a pas refait.

« On ne peut pas contrôler les autres. La meilleure façon de se protéger, c’est de s’isoler pour les prochaines semaines. » – Amivi Olivier

Hospitalisation

Pour le moment, la mère d’Esteban ne craint pas de ne pas avoir accès à des soins si son fils en a besoin. Il est suivi par l’hôpital Sainte-Justine et une équipe de pneumologues. « Il n’y a pas encore beaucoup d’hospitalisations (liées à la COVID-19). Je crois que s’il arrivait quelque chose à Esteban, on serait corrects. Mais si ça s’étire sur plusieurs mois, le réseau pourrait être saturé. Mais on n’est pas rendus là », dit-elle.

La situation en Italie fait en sorte que le personnel de la santé là-bas ne soigne pas certaines personnes, dont celles avec des maladies dégénératives. « Je ne suis pas quelqu’un d’anxieux, mais ça reste dans mon conscient. Je demeure informée quotidiennement », soutient Mme Olivier.

Quarantaine

Durant la quarantaine, la famille se fait livrer les médicaments par la pharmacie. Elle regarde aussi pour commander son épicerie en ligne. « On n’est pas très en ligne, normalement. On est en train de voir comment ça fonctionne pour se faire livrer », relate Mme Olivier. Des membres de la famille élargie se sont aussi offerts pour effectuer des courses.

Son conjoint, ses enfants et elle se tiennent occupés de différentes manières, soit en jouant à des jeux de société, en bricolant, en lisant et en s’adonnant à tout ce qu’ils n’ont pas le temps de faire habituellement, dont le ménage.

Salaire en moins

Mme Olivier est éducatrice dans une garderie, qui a fermé au moins pour deux semaines. Son conjoint s’est retiré du travail par précaution. « On est un peu entre deux chaises. On ne sait pas s’il sera payé puisqu’il n’est pas en quarantaine parce qu’il revient de voyage », indique-t-elle.

La Chamblyenne a réussi à repousser certains paiements. C’est cet aspect qui l’inquiète. Les médicaments pour Esteban coûtent très cher. Avec un salaire en moins, il sera plus difficile pour la famille de joindre les deux bouts. Le père de Mme Olivier a créé, il y a dix ans, le Fonds d’aide pour Esteban afin de faire face aux imprévus. Un concert-bénéfice était prévu en avril pour renflouer les coffres. Comme tous les spectacles, il a été repoussé à une date ultérieure.

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