La diversité au menu

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Par Jean-Christophe Noël
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Rainbow Drag Queen. (Photo : courtoisie - Alexandre Cormier)

Rainbow Drag Queen animera le spectacle Humour en abondance au Pôle culturel de Chambly, soulignant le 20e anniversaire de l’organisme la Corne d’abondance.

La diversité est de plus en plus présente dans le paysage commun, en cette société qui tend vers l’inclusion. C’est ce que symbolise l’animatrice et productrice de soirée Rainbow, drag-queen depuis plus de dix ans. « J’entame ma onzième année à mettre des bas-culottes », établit la drag-queen de 29 ans qui vient de Joliette.

Tôt dans son parcours, sa ferveur fiévreuse pour la mode, le glamour et le maquillage s’est manifestée. « Jeune, j’ai toujours eu une passion pour ce qui était un peu plus flyé, coloré », reconnaît la drag-queen, qui souligne avoir eu officiellement la piqûre quand elle a découvert le Cabaret Mado. Elle a commencé à y sortir, à y danser et à vivre l’univers.

N’ayant jamais vécu de crise identitaire ou de questionnements sur l’identité de genre, Rainbow a tout de même essuyé des commentaires désobligeants lors de l’adolescence. Forte de caractère, elle s’est levée face à l’intimidation. « Ça n’a pas duré si longtemps, parce que je suis un peu effrontée dans la vie et j’ai la réplique facile. Je suis capable de faire fermer la yeule aux gars », convient ouvertement la femme de spectacle. C’est après le secondaire qu’elle a quitté Joliette afin de s’établir à Montréal pour y étudier alors en loisir au cégep de Saint-Laurent.

« Je suis capable de faire lever l’party en trois minutes avec ça! Les gens sont debout et ça hurle. » – Rainbow Drag Queen

Une société diversifiée

Les mots ‘’diversité’’ et ‘’inclusion’’ sont des termes maintenant fréquemment mis de l’avant pour se définir en tant que société dite tolérante. Où en sommes-nous en tant que société devant ce qui est différent d’une norme autrefois convenue? « Je pense que l’on en est au point où si une personne va rire de ça (drag-queen), elle va se faire ramasser. On a énormément évolué devant la diversité, que ce soit à Montréal ou que ce soit en région », témoigne Rainbow. Elle fait beaucoup de route pour ses spectacles et sort plus souvent qu’autrement de la périphérie de la métropole. Elle remarque une ouverture et même un intérêt. « Même que ça commence de plus en plus jeune », ajoute-t-elle. Les insultes qu’elle reçoit parfois, ce n’est pas l’oreille qui les capte, car elles sont inaudibles. C’est plutôt à travers l’écran qu’elle les lit, une façon moderne d’invectiver à qui veut bien l’entendre.

Présente dans le portrait

Il n’y a pas si longtemps, Mado Lamothe ou des films comme The Adventures of Priscilla, Queen of the Desert faisaient partie des rares références pour la masse en matière de drag-queen. Maintenant, elles forgent leur place dans la mosaïque. Des émissions telles RuPaul’s Drag Race ou Dragnificent! ont contribué à l’émancipation de ce monde. Plus près de nous, Rita Baga a littéralement mis sous les feux de la rampe cette réalité. « On a une bien meilleure visibilité maintenant, même si je pense qu’il y aura toujours du travail à faire. Avant, les drags, on était considérées comme des clowns », met en lumière l’artiste.

Spectacle et baladodiffusion

Après un trouble d’anxiété nommé à la suite de deux années d’abstinence pandémique, le retour en scène est amorcé. Surnommée La drag 450, elle se produit régulièrement dans le Village gai de Montréal, mais sort fréquemment de l’île pour propager ses multiples couleurs. « Je me décris comme du ‘’vomi de Froot Loops’’ pour la simple et unique raison que je suis sainement colorée et que tu ne sais jamais où je m’en vais. Je suis la drag bonbon dans la vie », définit-elle. Dans ses spectacles, elle personnifie à sa façon Lady Gaga, Shania Twain, Miley Cyrus, Gabrielle Destroismaisons, etc. Toutefois, l’importance de faire ressortir sa saveur authentique bien à elle transcende sur le résultat. Son numéro le plus populaire est celui sur La Fureur, au sein duquel la musique cesse et le public chante. « Je suis capable de faire lever l’party en trois minutes avec ça! Les gens sont debout et ça hurle », assure-t-elle.

C’est aussi par un langage cru et direct qu’elle et sa comparse, Mona de Grenoble, joignent leur public à travers leur baladodiffusion nommée Entre 2 lèvres. Elles ont d’ailleurs été en nomination, dernièrement au Gala Les Olivier, dans la catégorie du podcast humoristique sans script de l’année.

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