La Bennett sera un sujet de la campagne à Chambly

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Par Frédéric Khalkhal
La Bennett sera un sujet de la campagne à Chambly
(Photo : archives)

C’est la consternation pour la mairesse indépendante de Chambly, Alexandra Labbé, candidate à sa réélection pour les prochaines élections municipales le 7 novembre. Dans une lettre envoyée au journal, elle fustige les élus qui ont voté contre la destruction de la Bennett Fleet.

C’est en tant que candidate qu’elle a montré sa déception quant à la décision de cinq élus du conseil municipal d’interdire la destruction du bâtiment de la Bennett Fleet lors de la séance du conseil municipal du 1er juin. Une destruction qui aurait laissé place à un édifice à logements locatifs. « Je suis persuadée que personne ne gagne au jeu partisan du grenouillage politique, et que c’est la transparence qui doit prévaloir », explique-t-elle.

Pour Julie Daigneault, conseillère du district 8, il n’y a rien de « politique » dans la décision qu’elle a prise de voter contre la démolition du bâtiment. « Ma position n’est pas noir ou blanc. J’ai pris le temps d’analyser les informations de l’administration, les citoyens, et de regarder les exemples qu’il y a eu dans les autres villes pour prendre ma décision. »
Mme Labbé reproche à des élus d’avoir voulu réorganiser les manières de faire de la Ville, alors que les rencontres officielles se sont multipliées, ou voulant organiser des rencontres entre élus.

« Les réunions à huis clos non documentées et partisanes doivent cesser. Nous nous sommes engagés à faire mieux pour notre communauté. Cette pratique vient de nuire à l’avenir de la Bennett. Les retombées auraient été multiples et positives pour notre communauté. Les élus avaient la possibilité de véritablement s’impliquer pour concrétiser la décontamination d’un site problématique et générer des bénéfices environnementaux pour l’ensemble de la population, du jamais-vu en près de 20 ans. »

Je suis persuadée que personne ne gagne au jeu partisan du grenouillage politique, et que c’est la transparence qui doit prévaloir. » – Alexandra Labbé

Mme Daigneault ne sait pas si c’est du jamais-vu depuis 20 ans, mais elle concède qu’elle n’a pas le souvenir d’une proposition de projet à cet endroit. « La Ville n’a jamais fait un appel à projet pour ce site et celui-là n’était pas le projet de la dernière chance. » Quant à l’avis donné par le Comité consultatif d’urbanisme (CCU) de la Ville, qui était en faveur de la démolition de la Bennett, Mme Daigneault rappelle qu’il ne s’agit là « que d’un avis. Il est donné en fonction des règlements et des lois en vigueur au sein de la Ville; ce n’est pas une opinion sur la qualité du projet ».

Elle rappelle que Mme Labbé a été invitée aux réunions organisées par les cinq élus qui ont voté contre la destruction de la Bennett. « Elle n’a jamais voulu y venir. Avoir du leadership, c’est pouvoir s’asseoir avec tout le monde et travailler en équipe. »

Sans proposition de remplacement au projet du promoteur, tout en reconnaissant qu’il y a une urgence d’agir en général sur le développement de plusieurs secteurs de la Ville, Mme Daigneault laisse une porte ouverte au constructeur. « Nous ne l’avons jamais disqualifié. » Elle demande cependant que des ajustements soient apportés.
Pour Serge Gélinas, conseiller municipal indépendant du district 5, qui a voté aussi contre le projet de destruction de la Bennett, il contredit les accusations de Mme Labbé. « J’ai toujours clairement identifié mon désaccord au projet. Le promoteur n’a pas à dicter à la Ville sa position. »

Depuis deux ans
Mme Labbé rappelle qu’en deux ans, il y a eu d’importantes modifications par rapport au jour un du projet. « On a baissé de quatre étages la construction envisagée, entre autres, et tous les élus ont pu influencer chacune des étapes. On avait obtenu plein de conditions supplémentaires pour faire un rappel historique structurant de la Bennett. On a eu une recommandation positive unanime du Comité citoyen d’urbanisme et, finalement, on a cherché des raisons pour dire non. »

La mairesse confirme qu’elle a reçu l’invitation de se joindre à des élus pour parler du sujet, « mais discuter d’un enjeu aussi grand sans avoir à la même table ceux qui ont négocié avec les promoteurs, ce n’est pas possible. Ce ne sont pas les élus qui négocieront avec les promoteurs; c’est même très maladroit que certains élus les aient rencontrés. Vous voulez faire de la politique?Parfait, faites de la politique sur de grands enjeux territoriaux. Là, vous avez fait de la politique avec une décision qui est documentée par l’administration et vous avez mis de côté toute la documentation préparée ».

Quant au lancement de l’appel à projet, là encore, la mairesse indique que ce n’est pas le rôle d’une Municipalité de trouver des projets à la place d’un propriétaire foncier. « On a un site privé. Je ne peux pas, moi, en tant que mairesse prendre mon bâton de pèlerin pour aller courtiser d’autres projets pour remplacer celui-ci. Ce serait mettre la Ville en porte-à-faux avec ses propres mécanismes. Le conseil a envoyé un message assez clair, non pas au Groupe Sélection, mais aux entrepreneurs qui voudraient s’installer à Chambly. Cela ne sera pas difficile de le faire, mais impossible. Il faudra que les élus et les candidats vivent avec la décision que le conseil a prise. »

À cinq mois des élections municipales, le dossier de la Bennett Fleet, à Chambly, vient de s’inviter dans une campagne politique qui est bel et bien lancée.

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Karine
Karine
1 mois

Qu’est-ce que c’est que ces histoires de jamais vu en 20 ans et de projet de la dernière chance? Ça été une usine jusqu’en 2013. Les premières traces du projet datent de 2018, une RPA de Bâtiments Québec, toujours propriétaire du site d’ailleurs, pour laquelle le lot a été subdivisé en octobre 2018. Voir le procès verbal de la séance du conseil, point 7.4. Et le plan d’urbanisme n’a été adopté que récemment. On a vraiment la mémoire courte…