Juste pour filles

Photo de Jean-Christophe Noël
Par Jean-Christophe Noël
Juste pour filles
Sinem Kara sera en spectacle au Délires et Délices le 21 octobre prochain. (Photo : courtoisie) (Photo : (Photo : courtoisie))

Alors que la place des femmes se forge en humour, il en va de même pour la diversité culturelle. Sinem Kara, en spectacle le 21 octobre au Délires et Délices, en est l’un des visages.

Elle a participé l’été dernier au spectacle QUÉBÉCOISES. Le show concept mettait en vedette Emna Achour à l’animation et ses invitées Garihanna, Sinem Kara, Erika Suarez, Altesse et Claudia Lopez. Elles y ont notamment abordé des sujets comme le racisme, le sentiment d’appartenance et l’alternance codique, souvent nommé code-switching. Cela désigne l’alternance entre plusieurs codes linguistiques au sein d’un même et unique discours ou énoncé, voire au sein d’une phrase. « Dans un monde où le setting par défaut semble toujours avoir été l’humoriste homme blanc cisgenre hétérosexuel, ces six femmes aux origines multiples – mais d’abord et avant tout Québécoises et fières – brisent les conventions et amènent un véritable vent de fraîcheur à l’industrie de l’humour », a décrit le Zoofest relativement à l’événement.

« C’est un métier difficile, homme ou femme […] J’ai toujours été dans des milieux masculins. Je n’ai pas eu trop de difficulté à ce niveau, mais je sais que ç’a été plus difficile pour certaines femmes », nuance la femme d’origine turque. Avec des initiatives comme QUÉBÉCOISES ou Juste pourfilles, le milieu de l’humour, jugé parfois sectaire, tend à s’ouvrir. « Je pense que le Québec a toujours été ouvert. Il faut juste lui offrir et lui donner. C’est un métier qui était »plus pour hommes », mais je trouve que l’humour est aux femmes en ce moment », estime l’humoriste de 32 ans qui se qualifie d’énergique et sympathique.

Depuis le 7 octobre, le Momos Comédie Club offre une programmation à la salle Gaby Bernier, située au deuxième étage du Délires et Délices. Les soirées variables sont animées par le Chamblyen Sébastien Ouellet, qui reçoit des invités, comme Sinem Kara, avec une partie musicale à l’accueil des spectateurs. « Non seulement c’est un nouveau visage, mais ça s’en va vers une égalité. Même à la télévision, les portes se sont grandes ouvertes et il était temps », dit l’artiste de 44 ans. Il constate le talent féminin multiple actuel et souligne celui que l’on a peut-être manqué en un temps où les portes se voulaient plus étroites. Le talent féminin, il le côtoie d’ailleurs au quotidien, étant le conjoint de l’humoriste Silvi Tourigny. « L’humour est un métier qui traînait de la patte. On avait de l’arriérage pas mal. Il y a une belle évolution », convient-il. Sébastien Ouellet baigne dans le milieu de l’humour depuis une quinzaine d’années. Auteur pour certains humoristes, dont les Chamblyens Philippe Laprise et Stéphane Fallu, il participe à des galas et à des festivals. Sa plume sert également à des émissions de télévision comme Ça finit bien la semaine

Spectacle solo

Sinem Kara a complété ses études en théâtre en 2015. Elle a suivi des cours du soir à l’École nationale de l’humour en 2016. Elle a ensuite débuté ses premiers spectacles. Depuis 2018, elle fait de l’humour sa carrière. C’est son spectacle solo qu’elle rodera au Délires et Délices. Un alliage de numéros qu’elle confectionne depuis quatre ans y sera présenté. « On peut s’attendre sans prétention à un très bon show », annonce en riant la Brossardoise. Elle affirme avoir travaillé fort pour mettre sur pied le projet et se dit confiante de son matériel. « J’invite les gens à prendre le risque de découvrir. Parfois, on est frileux et on y va avec quelque chose que l’on connaît déjà », remarque celle qui partage entre autres sa culture à travers son humour.

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