Jeux de Tokyo : Myriam Da Silva souhaite montrer l’exemple

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Jeux de Tokyo : Myriam Da Silva souhaite montrer l’exemple
Après sa défaite contre Maria Moronta, la boxeuse de Chambly, Myriam Da Silva, est rentrée au bercail. (Photo : courtoisie - Mark Blinch/COC)

Après une aventure olympique qui l’aura secouée, tant au sens propre que figuré, c’est la tête haute que la boxeuse chamblyenne, Myriam Da Silva, rentrera ce soir du Japon au bercail.

Malgré une défaite de 5-0 au tour préliminaire contre la Dominicaine Maria Moronta dans la catégorie des moins de 69 kg, mardi passé, la pugiliste de Chambly, également professeur en adaptation scolaire à ses heures, pourra se targuer de s’être rendue jusqu’aux Jeux olympiques, et montrer à ses élèves que tout est possible.

Ses premiers Jeux

« C’est un peu surréaliste de vivre une expérience olympique. Tout y est impressionnant, même l’endroit où je suis ! », nous confie-t-elle, en nous montrant la vue imposante qu’offre le condominium qu’elle partage avec d’autres athlètes, en plein cœur du village olympique. « C’est toujours un peu irréel, et ça l’est d’autant plus dans le contexte de la COVID, puisque c’est un report des Jeux 2020. C’est quelque chose de voir les matchs se dérouler malgré tout ! », amène-t-elle.

« Pour le moment, j’anticipe le fait de revenir à la maison, à mon Chambly natal, de mettre des sourires dans mon quartier. » – Myriam Da Silva

Une défaite difficile à accepter

En rétrospective, Myriam salue les efforts de l’Institut National du Sport, qui de concert avec ceux de la Santé publique, ont permis aux athlètes olympiques locaux de poursuivre leur entraînement assez rapidement. Elle reconnaît toutefois que la pandémie a eu des effets perturbateurs, en ce qu’elle l’a empêchée de bien jauger le niveau de la compétition. « On n’a pas souffert d’un grand décalage par rapport à notre entraînement personnel car on a su s’adapter au contexte sanitaire sur la scène locale, mais il est certain qu’à l’échelle mondiale, c’est une autre histoire, car on n’a pas pu avoir de compétition, ni voir nos adversaires progresser pendant un an. Une fois arrivés aux Olympiques, on fait face à des adversaires que l’on n’est pas nécessairement préparés à affronter. C’est un peu ce qui m’est arrivé », suggère la boxeuse. « Je ne m’attendais pas à l’adversaire que j’ai eue face à moi dans le ring, et il y a eu une difficulté d’adaptation. », conclut-elle. Lorsqu’on lui demande si la fierté d’être aux Olympiques prend tout de même le dessus sur le sentiment d’échec, Myriam admet que c’est surtout la déception qui l’habite depuis son combat. « Perdre aux Olympiques n’est jamais facile. C’est purement de la déception et de la tristesse. J’ai perdu, et c’est tout. C’est difficile de se concentrer sur le positif devant une telle défaite, et de se réjouir d’y être, car le but ultime était de gagner. D’habitude, j’encaisse bien les coups durs, mais le fait de ne pas avoir atteint mes objectifs une fois rendue à la plus importante compétition de ma vie est vraiment difficile. »

Son autre carrière

En parallèle de sa carrière sportive, Myriam jongle aussi avec celle de professeur. « Je n’enseigne plus à temps plein depuis deux ans afin de me consacrer aussi aux Olympiques, mais j’ai des élèves de tous les horizons, ceux d’avant et ceux de maintenant, des élèves auprès desquels j’ai fait du tutorat à la suite des mesures instaurées par le ministère de l’Éducation, et ceux de l’École Antoine-Brossard, où je suis enseignante. J’en ai même qui me connaissent depuis le primaire. J’espère que mes élèves sont fiers de moi. J’ai toujours misé sur la persévérance, comme enseignante et comme athlète, et j’espère montrer l’exemple, prouver que l’on est capable de miser sur ses forces. Mais comme je reste authentique, je montre aussi qu’on a le droit d’être déçu lorsque l’on ne parvient pas à atteindre les objectifs que l’on s’était fixés. » Quant à tous ceux qui hésitent à se lancer à la poursuite du rêve olympique, Myriam leur livre ce message : « Douter, c’est la première étape qui mène à l’action. Quand tu doutes d’y arriver, c’est que quelque part, tu envisages que c’est possible. Le doute est sain, mais doit être le début d’un cheminement plutôt que son frein. »

Un repos bien mérité

Elle souhaite prendre le temps de « retomber sur ses pattes », de profiter de chaque instant et d’apprécier le retour à la maison. « Avec la COVID, il est difficile de me projeter dans un avenir rapproché, et de contempler un prochain objectif. Pour le moment, j’anticipe le fait de revenir à la maison, à mon Chambly natal, de mettre des sourires dans mon quartier. » Elle se remémore ses étés passés dans les camps de jour qu’elle a fréquenté, ou encore à jouer au soccer avec nulle autre qu’Alexandra Labbé. « Je connais la mairesse depuis qu’on a 15 ans ! C’était le début du soccer à Chambly. On jouait dans des équipes mixtes, et mon souvenir d’elle, c’est qu’elle avait autant de caractère que moi ! », évoque-t-elle, touchée d’apprendre que la mairesse lui avait témoigné son soutien sur les réseaux sociaux. « Parfois, on me reconnaît de l’époque des camps de jour, et on me dit que je n’ai pas changé ! Les jeunes me reconnaissent, et un peu comme pour mes élèves, j’espère les inspirer. J’espère avoir un impact positif auprès de ma communauté, tant dans le sport que dans ma ville. »

Une autre raison d’être fière

En tant que boxeuse de moins de 69 kg, Myriam fait partie des premières femmes de sa catégorie à se battre aux Jeux olympiques. Elle reconnaît qu’elle est de celles qui ont dû lutter pour faire du sport de haut niveau, et qu’elle a toujours été sensible à la cause de l’égalité des sexes, dans le sport comme dans la vie. « Ce n’est pas une cause que je porte parce qu’elle m’est imposée, loin de là. C’est une cause que l’on choisit de défendre, et ça a toujours été naturel pour moi, déjà parce que je suis d’une génération qui a conscience des enjeux féministes. En tant qu’enseignante qui traite ses élèves de façon équitable, en tant qu’être humain, et en tant qu’athlète, je pense que c’est important. », termine l’olympienne, qui aura l’occasion de retenter sa chance aux Jeux de Paris, en 2024, alors qu’elle aura atteint l’âge maximal en boxe olympique.

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1 mois

Bravo Chloé-Anne pour cette article fantastique!