Jean-François Roberge : bilan d’un premier mandat

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Par Jean-Christophe Noël
Jean-François Roberge : bilan d’un premier mandat
Le bureau de comté de Jean-François Roberge a été l’hôte de multiples manifestations au fil de son mandat à titre de ministre de l’Éducation. (Photo : Jean-Christophe Noël)

À l’approche de la fin de son premier mandat à titre de ministre de l’Éducation, le député de Chambly, Jean-François Roberge, s’entretient avec le Journal de Chambly.

Quel regard portez-vous sur le projet, que certains ont contesté, qu’est celui des maternelles 4 ans?

Dernièrement, à l’Assemblée nationale, les partis de l’opposition me questionnaient parce que ça n’allait pas assez vite, le déploiement. Je trouvais ça intéressant, car le projet avait commencé avec des critiques. Ils finissent en en demandant plus. Ça m’a fait sourire. Je pense que beaucoup se sont ralliés.

Des citoyens fondaient beaucoup d’espoir quant au prolongement du REM à Chambly, promesse électorale. Qu’en dites-vous aujourd’hui?

C’est une déception. On pensait qu’il se déploierait jusqu’à l’intersection 10/35. L’étude de la Caisse de dépôt a montré que ce n’était pas le meilleur des projets. On a trouvé d’autres moyens d’améliorer la fluidité avec l’élargissement de la 10 dans les deux directions, en plus de refaire la bretelle d’accès.

Quel est le résultat de la transition des commissions scolaires en centres de services scolaires (CSS)?

Je dînais aujourd’hui avec un directeur général de CSS et il me disait à quel point c’est un nouveau souffle dans la gouvernance scolaire. Je reçois cet écho fréquemment depuis six mois. Il n’y a plus de politique qui se fait sur le dos des enfants. Ça a pris environ un an avant que les gens s’approprient cette façon de faire. Là, c’est fluide.

Quelles ont été les actions prises afin de protéger la rivière Richelieu et qu’en est-il des surverses?

Avec l’argent investi dans les systèmes d’épuration des municipalités pour financer la séparation des égouts pluviaux et sanitaires, il y a moins de surverses. On n’est pas arrivés à destination. J’aurais aimé que l’on aille plus vite, mais, au moins, on a avancé.

Où en est le dossier de l’accès à un médecin de famille dans les bâtiments du CLSC de Richelieu?

Ça a été décevant de voir la fin de non-recevoir des médecins du Groupe de médecine familiale (GMF). On est arrivés avec des incitatifs et des bonifications pour étendre les heures pour servir les citoyens. Le GMF n’a pas voulu élargir. On parle avec le CISSSMC pour améliorer l’offre. Il faut que les gens du coin aient accès à des soins de santé même s’ils n’ont pas de médecin de famille […] se déplacer à Saint-Jean, je ne suis pas satisfait de ça.

De nombreuses manifestations ont eu lieu devant votre bureau. Le réseau scolaire est-il plus que jamais en colère? Le sentez-vous bouillant?

Non, le réseau scolaire n’est pas au point d’ébullition; il est fatigué par deux années de pandémie et c’est normal. Je pense que c’est circonstanciel. Je pense qu’après l’été et un retour régulier à l’automne, ça va assez bien aller dans le réseau.

Du début de votre mandat à aujourd’hui, comment a évolué la pénurie de personnel dans les écoles à travers vos mesures proposées?

La pénurie s’est aggravée dans les années du mandat. De 2014 à 2018, chaque année, il y avait moins de gens qui s’inscrivaient dans la Faculté des sciences de l’éducation (FSQ). Depuis septembre, on a inversé la tendance. Chaque année, il y a plus de gens qui s’inscrivent dans les FSQ. L’éducation figure parmi les premiers choix des jeunes pour leur droit de carrière. Mais je n’ai pas de lunettes roses : ça va prendre encore des années.

Quel est l’état de l’air dans les écoles à ce jour?

L’air est tout à fait acceptable dans nos écoles. Je ne vous dis pas que c’était parfait, mais ça n’a jamais été le portrait noir que les oppositions ont voulu montrer. Il y avait déjà de la détresse et de l’angoisse, et des gens ont joué là-dessus pour faire encore plus peur aux gens. Après, je reconnais que nos écoles avaient et ont besoin d’entretien, mais nos écoles ne sont pas dangereuses et ne l’étaient pas il y a deux ans.

Pendant la COVID, le volet de l’Enseignement supérieur vous a été retiré. Avez-vous craint pour votre poste de ministre de l’Éducation?

Je n’ai jamais craint pour mon poste. Je sentais que j’avais la confiance du premier ministre. Quand je circulais, les gens comprenaient que l’on traversait une crise. Ils me disaient qu’ils ne voudraient pas être à notre place.

Quelle leçon tirer de l’école à distance?

En circonstances exceptionnelles, c’est valable pour scolariser des élèves, mais, pour moi, ça s’arrête là. Ce n’est pas la nouvelle façon d’éduquer au Québec. Le numérique offre des opportunités, mais en présence.

De quelles réalisations êtes-vous le plus fier dans la circonscription?

La Maison des aînés avec un CPE à Carignan. L’agrandissement de l’école secondaire de Chambly. Je me suis battu pour ça à l’opposition. Je pense que des jeunes seront diplômés grâce à ça. Ce sont des services humains.

Quel bilan tracez-vous de votre mandat?

Je me dis « quelle aventure! ». Ça aurait été compliqué aussi sans la pandémie. Ce n’est jamais facile de gouverner. Tu écoutes et fais de ton mieux sans te laisser influencer par des groupes de pression au détriment des gens du terrain. Faire des arbitrages en période de crise, ouf!, quelle aventure! On est fiers de ce que l’on a fait, mais si c’est possible, pour un éventuel prochain mandat, d’avoir des défis un peu plus relevables, ce serait correct.

Si la CAQ est réélue au pouvoir et que vous êtes élu à Chambly, souhaitez-vous être nommé ministre de l’Éducation à nouveau?

Je ne peux pas répondre à cette question […] ça fait beaucoup de ‘’si’’. J’ai une bonne relation avec M. Legault, mais du monde d’expérience et talentueux, il y en a partout. Je ne pense pas qu’il y ait rien d’acquis.

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