Inapte pour 5 ans, Denis Lavoie rompt le silence

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Inapte pour 5 ans, Denis Lavoie rompt le silence
Denis Lavoie ne pourra pas être un élu municipal pendant cinq ans. (Photo : archives)

Déclaré inapte pour cinq ans, l’ex-maire de Chambly, Denis Lavoie, ne pourra pas siéger comme élu municipal pendant cinq ans. En entrevue avec le journal, il commente ce dénouement.

À la suite d’une entente signée à la mi-décembre et d’un jugement de la Cour supérieure, M. Lavoie ne peut plus être un élu municipal, ni se présenter pour une période de cinq ans. « Ce dénouement évite un procès qui aurait duré plusieurs semaines et qui aurait coûté énormément d’argent aux contribuables québécois »,  souligne Isabelle Rivoal, en charge des relations de presse et porte-parole de la Commission municipale du Québec.

« La seule chose à laquelle je pense, c’est au nombre de journées qu’il me reste pour regarder le soleil se lever. » – Denis Lavoie

Une maladie incurable

Un peu après l’annonce de son inaptitude, M. Lavoie  a manifesté au journal le désir de s’exprimer et de commenter les faits. En entrevue, il a prétendu qu’une maladie auto-immune et dégénérative, lui ôtant toute volonté de se représenter en politique, serait à l’origine du règlement.

« Il faut savoir que depuis 2019, j’ai fait deux accidents vasculaires cérébraux (AVC). On vient en plus de diagnostiquer chez moi une maladie dégénérative qui m’impose un traitement de chimiothérapie. Pour ces raisons, il est clair que je n’ai aucune intention de me représenter en politique, ni même de pratiquer le droit, car je n’en ai pas l’énergie », affirme l’ex-maire, également avocat et ex-policier. « Sachant que je ne me représenterais pas, l’autre partie a proposé de laisser tomber les 45 accusations et de s’entendre sur l’inhabilité pour les cinq prochaines années. Il faut préciser que j’ai plaidé non coupable à toutes les accusations et qu’elles n’ont pas été retenues. Je ne suis pas d’accord avec l’affirmation selon laquelle j’aurais jeté la serviette. C’est le résultat d’un commun accord. »

N’eût été son état de santé, M. Lavoie ne nie pas qu’il serait peut-être resté combatif. « Mais la réalité, c’est que j’ai 61 ans et que j’ai une maladie incurable. Dans ce contexte, la présente entente me satisfait », raconte celui qui estime avoir été victime de « jalousie » et de l’exagération des proportions que l’affaire aurait prises. « Plus on réussit dans la société québécoise, plus on a d’ennemis. Pour moi, c’est tout le contraire. Je suis content lorsque quelqu’un réussit. »

À travers tout cela, l’ex-maire ne manque pas de rappeler ce qu’il estime être ses bons coups et se remémore le positif qu’il retient de sa carrière politique : « En 2013, Chambly a fini quatrième au International Award for Liveable Communities, un concours de l’ONU. Ce n’est pas rien! Mais tout ce que j’ai réalisé, ça ne s’est pas fait tout seul, c’était en équipe », de reconnaître M. Lavoie.

Lorsqu’on lui demande s’il a des regrets quant à la manière dont il a exercé son rôle de maire, ou quant aux reproches manifestés à son endroit, M. Lavoie répond que ce n’est pas l’objet de ses préoccupations. « La seule chose à laquelle je pense, c’est au nombre de journées qu’il me reste pour regarder le soleil se lever. »

Un rappel des faits

M. Lavoie, qui avait démissionné en avril 2019, était visé par 45 manquements déontologiques par la Commission municipale du Québec (CMQ), notamment pour avoir facturé des milliers de dollars de dépenses personnelles à la Ville, pour des actes d’intimidation et pour de l’ingérence dans l’émission de permis.

Le dossier devait être entendu au tribunal pendant huit semaines à partir du 10 janvier 2022. Le jugement qui vient d’être prononcé met fin au processus. Les 45 manquements tombent à l’endroit de M. Lavoie, qui se désiste donc des procédures de contestation qu’il avait entreprises contre la Commission. « C’est la voie que la Commission municipale a empruntée, mais c’est un jugement de la Cour supérieure, plutôt que de commencer (…) une série d’audiences qui se seraient étendues sur 11 ou 12 semaines, dont des semaines entières d’audiences et tout ce qui va avec, soit des frais exorbitants », de préciser Mme Rivoal.

Notons que l’enquête menée par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) sur l’administration de l’ex-maire est toujours en cours.

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