Hausse des prix des aliments: le casse-tête des restaurateurs

Hausse des prix des aliments: le casse-tête des restaurateurs

ALIMENTATION. Si la hausse importante du coût du panier d’épicerie cause bien des tracas aux ménages, il en va de même pour les restaurateurs de la région. Modification de menus ou augmentation de prix sur la carte, les chefs doivent redoubler d’imaginati

À Chambly, le responsable des ventes et de la restauration du Fourquet Fourchette, Christopher Rassi, a dû compenser avec le prix trop élevé du bœuf. «On utilisait de la bavette avant, mais elle était vendue à un prix tellement exorbitant qu’on ne pouvait même plus traduire la hausse des prix aux clients ».

Ne souhaitant pas sacrifier la qualité du produit, le chef s’est tourné vers l’onglet, moins dispendieux, dans son menu.

À Marieville, l’Artisan du Manoir a carrément décidé de rayer le bœuf de sa carte. «La plupart du temps je dois le charger tellement cher que les clients l’évitent sur la carte, alors je n’en mets plus, à moins d’avoir des grosses demandes», mentionne la propriétaire Karine Grenier.

Des légumes trop chers

Même son de cloche pour les légumes. «Normalement nous avons accès à une belle variété de légumes à l’année, mais là, cette année, mon chef doit éviter à 100% certains légumes qu’on utiliserait normalement, parce qu’ils ne sont pas achetables au prix qu’ils sont, comme le chou-fleur et les asperges», regrette Christopher Rassi.

Karine Grenier quant à elle a préféré légèrement diminuer les quantités plutôt que d’augmenter les prix sur la carte. «Ça peut arriver que le légume coûte tellement cher que je vais en mettre un de moins dans l’assiette», annonce-t-elle.

Augmentation du prix des menus ?

L’abandon de certains produits ou la recherche de nouveaux fournisseurs font également partie des solutions pour les restaurateurs. Ces derniers ne choisissent qu’en dernier recours d’augmenter les prix sur leur carte.

Chez Dame Tartine, à Chambly, Kim Chaumont s’est trouvée confrontée à la hausse de prix, «surtout par rapport à l’achat de tout ce qui est bacon, saucisse, jambon, fromage», déplore-t-elle. La restauratrice a choisi de faire appel à plusieurs fournisseurs et de compter sur les effets de la concurrence, pour «ne pas pénaliser les clients».

Pas question pour Kim Chaumont donc de modifier le menu malgré la hausse des prix. «Les clients ont eu deux augmentations en deux ans, pas de grosses augmentations, mais elles nous ont permis de suivre le marché», explique Kim Chaumont.

Au Fourquet Fourchette, Christopher Rassi a de son côté fait le choix d’augmenter de 1$ le prix des menus du déjeuner, le restaurant absorbant la hausse pour la carte du soir. «On n’aime pas le faire, mais nous n’avons pas le choix», regrette-t-il.

L’Artisan du Manoir enfin table sur les spéciaux de ses fournisseurs et n’escompte pas modifier sa carte. «Je travaille mes légumes en fonction du coût des spéciaux, mais mes prix ne bougeront pas», conclut la gérante.

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