Gouvernance scolaire: un projet de loi à l’encontre de l’intérêt des élèves, croit la CSP

Gouvernance scolaire: un projet de loi à l’encontre de l’intérêt des élèves, croit la CSP

« Rien de concret pour favoriser davantage la réussite des élèves »: la Commission scolaire des Patriotes (CSP) a durement jugé le projet de loi déposé par le Ministre de l’Éducation François Blais, visant notamment l’abolition des élections scolaires.

Rappelons que le projet de loi 86, déposé au cours du dernier jour de la session parlementaire par le ministre de l’Éducation, vise à modifier la Loi sur l’instruction publique afin de remplacer le conseil des commissaires par un conseil scolaire formé de parents, de membres du personnel de la commission scolaire et de personnes de la communauté.

Cela aurait pour effet d’augmenter le pouvoir de contrôle du ministre, mesure qui inquiète la présidente de la CSP Hélène Roberge : « [Des] éléments contenus dans ce projet sont franchement inquiétants, notamment ceux où le ministre se réserve de nouveaux pouvoirs directifs qui pourraient aller à l’encontre de décisions locales prises en toute connaissance de cause dans l’intérêt des élèves. »

La présidente de la CSP est d’avis que la réforme proposée par le gouvernement n’amène rien de concret pour favoriser davantage la réussite des élèves: « Je suis déçue de la vision du gouvernement en matière d’éducation. Bien que le ministre Blais ait mentionné en point de presse que ce projet de loi s’inscrit en réponse à (sa) volonté de favoriser encore plus la réussite des élèves, je constate que ce n’est pas le cas puisque les élèves ne sont même pas au cœur de cette réforme qui s’attarde davantage aux structures », indique Hélène Roberge.

Élections scolaires

La commission scolaire s’est déclarée profondément déçue de l’abolition des élections scolaires. Hélène Roberge estime que le maintien d’une taxe réclame une élection au suffrage universel au cours de laquelle tous les citoyens peuvent choisir leurs représentants. Les élections « facultatives » proposées dans ce projet de loi ne répondent selon elle pas à ce principe.

Une participation des parents réellement accrue ?

Alors que la Fédération des comités de parents du Québec s’est déclarée satisfaite de la participation accrue des parents sur la gouvernance scolaire, la commission scolaire y voit au contraire une baisse déguisée. On note à la CSP que la présence de parents au sein du Conseil des commissaires est plus importante actuellement que ce qui se retrouve dans le projet de loi. « Nous avons un conseil formé de 16 parents : 4 nommés par le comité de parents et 12 élus qui sont également parents, dont plusieurs sont issus de la structure de participation des parents. Alors que le projet de loi propose un nouveau conseil avec seulement six parents sur 16 membres », explique Hélène Roberge.

Les parents risqueraient ainsi d’être en minorité sur un conseil qui pourrait être mené majoritairement par des personnes représentant des intérêts différents et qui se retrouveraient inévitablement dans des situations de conflits ou d’apparence de conflits d’intérêts ou de loyauté, croit la présidente de la CSP.

Réaction du syndicat

Le syndicat de Champlain demande quant à lui le temps de la réflexion afin d’analyser le projet de loi. « Nous n’avons pas encore pris position exactement, indique la porte-parole du syndicat Annabelle Sirois, mais ce n’est pas que nous soyons contre ». Le président du syndicat Éric Gingras s’exprimera demain sur projet de loi 86, qui est jusque-là loin de faire l’unanimité.

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