Faire de la place à ceux qui n’en avaient pas

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Par Jean-Christophe Noël
Faire de la place à ceux qui n’en avaient pas
Le hockey adapté est bel et bien installé à Chambly et pourrait voir son bassin de participants s’agrandir dès la saison prochaine. (Photo : courtoisie)

L’implantation du hockey adapté à Chambly fait le bonheur des enfants atteints du trouble du spectre de l’autisme (TSA) et les inclut dans une société où ils n’ont pas toujours leur place.

Initialement, c’est avec crainte que Bruno Charland, v.-p. participation au hockey Chambly et directeur pour le hockey adapté, a pris le mandat.

« J’avais peur au départ, peur de l’inconnu. C’est une grosse aventure dans laquelle on s’embarquait. En fin de compte, avec nos jeunes, ça va super bien. Ils s’améliorent énormément, ils ont du plaisir. C’est une belle expérience. J’avais la crainte d’un obstacle qui n’est jamais arrivé, finalement », avoue M. Charland.

Ils sont 14 jeunes de 6 à 17 ans vivant avec un trouble du spectre de l’autisme, sans déficience intellectuelle ou légère, à participer au programme. Huit d’entre eux sont des Chamblyens alors que les six autres proviennent de villes avoisinantes n’offrant pas le programme. Tous les samedis, à la même heure afin de ne pas brusquer leur routine, ils enfilent leur équipement et sautent sur la glace dans le but d’apprendre ce sport dans lequel ils ne trouvaient pas leur place.

« Nous avons formé deux groupes de débutants et d’intermédiaires. Je me base sur les leçons provenant du programme Méthodes d’apprentissage de hockey sur glace (MAHG). On bâtit nos entraînements ainsi. Ils apprennent à patiner à travers des parcours, à maîtriser la rondelle, à jouer au hockey », dit le v.-p. et directeur.

Formation

Le programme étant jeune, M. Charland apprend au jour le jour à travailler avec ces jeunes et leur différence.

« Nous aimerions avoir des gens formés, et en hockey et en ressources humaines, pour gérer les enfants vivant avec cette réalité. Par contre, ça, c’est de croire aux licornes. Mais finalement, c’est moins lourd que je ne l’aurais cru au départ. C’est simplement de faire attention à leurs besoins, d’y aller à leur rythme. Ce sont des jeunes très émotifs, mais très attentionnés et très vivants. C’est cliché, mais ce sont eux qui me montrent des choses plus que l’inverse », reconnaît-il.

« Peut-être que ça l’aidera un jour à avoir un travail et à collaborer avec des collègues. » – Sébastien Provost

JOUER au hockey

Extérieurement, il serait facile de croire que cette heure de bénévolat dédiée à ces jeunes en est une ardue.

« En fin de compte, c’est mon heure de bonheur de la semaine. Les jeunes ont le sourire aux lèvres, ils sont heureux d’arriver à l’aréna, d’aller sur la glace, et moi, ça me comble de constater ce retour pur de réellement jouer au hockey. Il n’y a pas de compétition, pas de chialage et les parents sont heureux de voir leur enfant s’épanouir et progresser », met en lumière le responsable du programme, qui vante le taux de participation, loin d’être à la baisse depuis que le programme a été initié.

Un papa qui voit une progression

Sébastien Provost est le père de Jacob, 8 ans, qui a reçu un diagnostic de TSA sans déficience dès l’âge de 3 ans. Quand Jacob avait 6 ans, M. Provost l’a retiré du hockey régulier.

« Ça ne marchait pas. Jacob aimait patiner, mais il se foutait de la rondelle et de ses coéquipiers. Donc, il tournait en rond. Il avait du plaisir, mais il ne jouait pas le jeu du hockey comme tel. Il ne faisait que patiner », décrit le papa chamblyen.

À l’âge de 7 ans, Jacob s’est inscrit au programme de hockey adapté à Saint-Jean-sur-Richelieu. Puis, à 8 ans, lorsque le programme a ouvert ses portes à Chambly, c’est ici qu’il a poursuivi son parcours.

« L’an passé, à Saint-Jean, il s’est amélioré quelque peu. Cette année, à Chambly, il a eu une grosse progression. Maintenant, il joue au hockey, il a du plaisir à compter des buts. Avant, ça ne lui tentait pas. Depuis environ deux mois, il a envie d’y aller de son propre chef. Il a hâte à sa prochaine partie et il parle de quand il compte un but. C’est de plus en plus positif », avance avec enjouement Sébastien Provost.

Intégration sociale

À travers le sport, c’est aussi le volet social de Jacob qui est stimulé.

« On a fait notre deuil d’un enfant comme les autres, mais on est contents qu’il soit capable d’interagir avec des gens, d’établir des contacts. C’est le but principal derrière l’activité. Peut-être que ça l’aidera un jour à avoir un travail et à collaborer avec des collègues. Voir tranquillement qu’il y a de l’amélioration, qu’il sort de sa bulle, c’est positif », termine M. Provost, dont l’enfant chemine en milieu scolaire dans une classe adaptée à ses besoins.

 

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Marie Denise
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Marie Denise

Bonjour
Mon gars aimerait faire du hockey mais malheureusement, il n’arrive pas encore à rester debout sur ses patins.
(dispraxie). Il a un trouble du spectre de l’autisme avec une déficience légère. Je me demandais quels sont les possibilités pour qu’il fasse du hockey adapté.
Merci