MRC de la Vallée-du-Richelieu et de Rouville : gazon interdit dans nos bacs bruns

Dans les MRC de la Vallée-du-Richelieu et de Rouville, il est interdit de mettre du gazon dans les bacs bruns, information que plusieurs citoyens n’ont pas encore assimilée.

La période estivale est critique. « La majorité des camions que j’ai vus est remplie de gazon », rapporte Benoit Dumont, directeur de gestion des matières résiduelles pour la MRC de Rouville. C’est le constat qu’il a fait lors de sa visite à la Société d’économie mixte de l’Est de la Couronne Sud (SÉMECS), usine de biométhanisation qui dessert nos MRC. Celle-ci soutient qu’en juin, le gazon constitue plus de 50 % de la matière qu’elle recueille.

Compost ou biométhanisation?

Une confusion subsiste. Le gazon est compostable. Toutefois, dans les MRC d’ici, les bacs bruns ne sont pas destinés au compostage, mais bien à la biométhanisation, une nuance que plusieurs ignorent. « Les gens ne font pas la distinction entre les deux. C’est différent selon les régions. Ça n’aide pas les citoyens à comprendre », convient M. Dumont.

Ce ne sont que les « résidus de table » qui sont ciblés pour une biométhanisation effective. Une « petite quantité » de gazon ne l’empêcherait toutefois pas, mentionne Benoit Dumont. La SÉMECS rapporte que ce procédé offre de nombreux avantages, notamment une gestion efficace des matières organiques, la production d’engrais naturel pour l’agriculture, la production d’une source d’énergie renouvelable et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Les gens ne font pas la distinction entre les deux. » – Benoit Dumont

Répercussion sur les taxes

D’importantes quantités de gazon sont donc déposées dans les bacs bruns. Or, la SÉMECS décrit que cette matière ligneuse est mal adaptée à la biométhanisation, car elle prend du temps à se dégrader, ce qui entraîne notamment des blocages en matière d’équipement et des bris mécaniques fréquents. En raison des quantités excessives de gazon reçues, la SÉMECS doit prendre des mesures « exceptionnelles » pour en assurer le traitement, ce qui génère des coûts financiers importants, qui seraient supérieurs à un million de dollars annuellement. Ces pertes se répercutent sur le financement du service, donc sur les taxes des contribuables.

Pas de sanction

Benoit Dumont considère qu’il incombe davantage aux MRC qu’aux municipalités d’avoir la responsabilité de remettre des bacs convenablement remplis. Il affirme toutefois que les villes ont aussi un rôle à jouer en matière de sensibilisation. 

Présentement, il n’y a pas de mesures coercitives existantes envers un citoyen qui mettrait du gazon dans son bac brun.

Des escouades vertes, composées d’étudiants formés, patrouillent et remettent des avis informatifs à ce sujet.