Marieville : elle se réoriente vers le milieu agricole
La Marievilloise Jessica Méthot a raflé le prix Coup de coeur lors de la remise des bourses de la relève agricole. Cela ne fait que trois ans qu’elle s’est tournée vers ce milieu.
Jessica Méthot cultive à Marieville ses légumes sans l’utilisation de pesticides chimiques. Il y a trois ans, elle a fondé Les Jardins Méthot. « Nous croyons en une agriculture respectueuse de la santé. Moi, je veux manger sans pesticides. Ce qu’il y a à l’épicerie, c’est bourré de pesticides », dit l’entrepreneure. Sur la terre qu’elle sème, elle produit plus d’une vingtaine d’aliments.
Il s’agit d’une réorientation pour la Marievilloise. Elle met à profit ses quinze années d’expérience en ingénierie robotique industrielle. L’automatisation, elle l’implante dans ses façons de faire. « Tout ce qui va fonctionner tout seul afin d’optimiser, je l’introduis », indique la mère de famille de deux enfants.
Étape par étape
Avant de se lancer, elle a suivi les étapes en bonne et due forme. Après un cours en agriculture au cégep, elle a effectué une attestation d’études collégiales en production maraîchère biologique suivie d’un stage. Elle a ensuite monté son plan d’affaires et a fait la grand saut. « C’est un virage, un virage vert. Les enfants nous font réaliser des choses dans la vie. Il faut prendre soin de nous, de la Terre, de l’environnement. Tout découle un peu de ça. On veut être le modèle », dépeint la femme qui reconnaît l’exigence physique que demande la démarche.
Le comité de la MRC de Rouville lui a attribué le prix Coup de coeur, accompagné d’une bourse de 5 000 $. « J’étais vraiment contente, affirme celle qui en était à une seconde participation. C’est quand même beaucoup de travail de documenter et de présenter. C’est un soulagement et une fierté », considère Mme Méthot.
Son projet d’aménagement d’un étang maraîcher, visant à sécuriser l’approvisionnement en eau en période de sécheresse, a marqué le comité de sélection. « Il témoigne d’une approche concrète et réfléchie face aux réalités climatiques », indique-t-il. Les 5 000 $ seront investis dans l’initiative qui coûte environ 25 000 $.
Se fier à l’honnêteté
Il y a un an, Jessica Méthot a ouvert son kiosque libre-service. « Ça implique d’avoir confiance aux gens. Le monde est super-honnête », remarque-t-elle. La population s’y sert dans les réfrigérateurs et utilise la « petite caisse ». « L’an dernier, on marquait ce qu’ils prenaient dans le cahier. Ils payaient soit par virement ou comptant », décrit-elle. La cultivatrice bonifie l’offre cet été, alors qu’une tablette s’ajoute à la flotte technologique et que le paiement par débit devient possible.
À propos de la bourse
La bourse de la relève agricole de la MRC de Rouville soutient les entreprises agricoles de la relève dans la réalisation de projets structurants favorisant l’innovation et le développement de leurs activités. Pour être admissibles, les candidats doivent être propriétaires d’au moins 10 % d’une entreprise agricole située sur le territoire de la MRC de Rouville depuis cinq ans ou moins, et en faire leur activité principale.
Le projet principal ayant retenu l’attention du comité de sélection est celui de La Fruiteraie des Gadbois, située dans la municipalité de Rougemont. Grâce à la bourse de 15 000 $, Alexis Gadbois pourra poursuivre le développement de son entreprise en concrétisant un projet novateur inspiré des pratiques européennes, axé sur l’implantation de vergers modernes à très haute densité. En intégrant de nouvelles variétés ainsi que des technologies comme la mécanisation et l’intelligence artificielle, il propose une approche tournée vers l’avenir qui a su séduire le jury par son potentiel et sa contribution à la pomiculture québécoise. Le gagnant recevra aussi un service d’accompagnement d’une valeur de 1 000 $ offert par l’un des trois clubs-conseils (Dura-Club, Club Agri-Durable et Groupe ProConseil), selon l’expertise requise. « Cette année encore, le concours a suscité un fort engouement grâce à des candidatures nombreuses et inspirantes, rendant la sélection particulièrement difficile », a fait savoir le comité.


