Chambly : une conférence environnementale abordée avec humour
Vikie Pedneault, biologiste et humoriste, présente à Chambly sa conférence L’environnement c’tune joke?. Avec humour et sensibilité, elle aborde la crise climatique.
« Environnement » et « joke » dans le titre d’une conférence, est-ce risqué? « Les risques environnementaux devant nous sont bien plus grands », répond Vikie Pedneault. Diplômée en biologie de l’Université Laval, la vulgarisatrice scientifique sensibilise, depuis plus d’une décennie, les internautes sur les réseaux sociaux, accumulant près de 150 000 abonnés.
Le 25 mars, au Pôle culturel de Chambly, la créatrice de contenu mettra de l’avant sa conférence L’environnement c’tune joke?. Vikie Pedneault soutient que notre façon de parler d’environnement doit « drastiquement » changer. « Il faut rendre l’environnement plus accessible. Le discours climatique est extrêmement rigide, démoralisant et accusateur. Le rendre plus déculpabilisant et offrir un modèle plus facilement identifiable contribuera à faire cheminer plus de monde dans la bonne direction », identifie-t-elle.
Impuissance collective
Face aux enjeux climatiques, Vikie Pedneault convient que le sentiment d’impuissance est « naturellement étendu » chez le citoyen moyen. « Je pense, par contre, que c’est un réflexe qui est facile. On vit, en général, dans le confort. C’est plus facile de se sentir impuissant que de faire face à ce que l’on peut faire pour changer », observe l’entrepreneure. Elle ajoute tenter de mettre de l’avant qu’il est possible d’agir sans déployer trop d’énergie. « Ce qui fait que tu te sens impuissant, c’est que les solutions proposées sont démesurées par rapport à ce que tu peux faire comme effort. J’essaie de proposer des entre-deux : des façons de réfléchir et de communiquer l’environnement d’une façon qui nous amène un tout petit peu plus au bon endroit, sans nécessairement que ce soit disproportionné. »
Paille de carton
Dans cette conférence, elle dit « les vraies affaires ». Elle revient sur le troc de la paille en plastique contre celle en carton, qui se désagrège dans la bouche du consommateur. « Je ne signifie pas que si tout le monde prend une paille en carton, ça fait vraiment une différence. Passons des lois, votons des mesures, mobilisons-nous et faisons-nous entendre. Gardons en vie le processus démocratique à travers nos revendications gouvernementales », relativise la femme engagée. Elle nuance toutefois ne pas minimiser l’utilité du « petit geste ». Elle estime la force du nombre face aux « institutions, gouvernements et groupes de personnes privilégiées ».
Discussion avec un climatosceptique
Vikie Pedneault affirme qu’il règne « beaucoup » de confusion quand il est question d’environnement. « Il y a des lobbyistes qui ont avantage à passer des messages et qui sèment cette confusion », nomme la Lévisienne. Elle estime que le taux de désinformation à ce sujet n’est « globalement pas extrême ».
Elle entretient des échanges avec des climatosceptiques. Il s’agit d’une personne qui, notamment, met en doute ou nie le réchauffement climatique. « Je ne fais que poser des questions en général pour voir la base de l’argumentaire de la personne. En posant ce genre de questions, souvent, la personne se rend compte d’elle-même que son argument ne tient pas sur des éléments aussi forts qu’elle ne l’aurait cru. Mais je ne suis pas confrontante dans mon approche », situe Mme Pedneault.
Ne pas faire la vaisselle
Lors de festivités, des gens reçoivent avec assiettes en plastique ou en carton. Ils s’évitent ainsi un lot de vaisselle à laver. Est-ce mal vu comme action? « Il faut arrêter de faire ces raccourcis. Je travaille en environnement et j’ai un motocross. Certains de mes passe-temps impliquent soit un véhicule à essence, soit des déplacements. Rendu là, n’importe quel dernier des granos qui a pris un char pour aller faire une randonnée, c’est terminé. Je pense que c’est justement le sentiment de s’attaquer à ce genre de choses qui fait que l’on perd notre esprit de communauté », considère-t-elle. Elle propose toutefois de substituer les assiettes en plastique en demandant à l’un des convives, « par pure bonté de coeur », d’aider à faire la vaisselle.
La passionnée de théâtre, d’improvisation et de communication anime également le magazine scientifique Drôlement débrouillards sur les ondes de Télé-Québec. Elle y transmet le goût des sciences aux jeunes. La principale intéressée a créé du contenu pour les médias traditionnels et numériques, collaborant avec Bell Media, Télé-Québec, Sphère Média, ACFAS, ainsi que plusieurs universités et ministères.
La conférence est gratuite et ouverte à tous. Les places sont cependant limitées. Pour y assister, il faut réserver sur le site vosbillets.ca.
