En ligne pour rester actif

Par Martine Veillette
En ligne pour rester actif
Steve Trottier, propriétaire du Gym chez Trottier. (Photo : courtoisie)

Les centres d’entraînement se sont vus contraints de fermer leurs portes dès le début du confinement. Ils doivent tenter de se réinventer pour survivre à ce défi qui s’est placé sur leur chemin.

D’emblée Steve Trottier, propriétaire du Gym chez Trottier, affirme que « c’est la plus grosse difficulté que le Gym chez Trottier aura à surmonter en 42 ans ».

M. Trottier explique que l’entreprise a comme principal revenu les frais d’abonnements. Pour cette période difficile, le centre a choisi de reporter les dates d’échéances d’abonnement en donnant aux clients le nombre de mois que le gym sera fermé. « Ce qui a vraiment fait plaisir à nos membres », dit-il.

Cependant, cela résulte qu’il n’y a pas de revenu, mais les dépenses demeurent. « Les centres de conditionnement ne roulent pas sur l’or. Tout repose sur les abonnements. Un gym, ce n’est pas une entreprise lucrative. Il ne faut pas avoir peur des fins de mois et il faut vraiment être constamment à notre affaire pour pouvoir continuer. En temps normal, nous n’avons pas grand marge de manœuvre. Imaginez maintenant! » soutient-il.

Cours en ligne

Afin de continuer son service en temps de pandémie, M. Trottier regarde pour offrir des cours de Taï Bo en ligne. « J’ai fait quelques capsules sur Facebook pour donner des idées d’entraînement sous forme humoristique », mentionne celui qui enseigne le Taï Bo depuis plusieurs années.

De son côté Pulsation Zen, de Carignan, qui offre entre autres un service d’entraînement en studio, a aussi fermé pour une durée indéterminée. Afin de rester actifs et présents dans la communauté, les propriétaires ont proposé des cours de groupe et des entraînements privés en ligne avec Catherine LeFrançois, kinésiologue.

« C’est la plus grosse difficulté que le Gym chez Trottier aura à surmonter en 42 ans. » – Steve Trottier

« Nous voulions que les gens puissent voir et savoir que nous sommes toujours ouverts, mais différemment. Notre pari est qu’après, les gens reviennent à la clinique parce qu’ils savent que nous sommes toujours en affaires et que la nouvelle clientèle, que nous serons allés chercher avec les services en ligne, essaie nos services en clinique », indique-t-elle.

Pour le mois d’avril, les cours offerts sur la plateforme ZOOM, afin de voir les participants, étaient proposés gratuitement. À partir de mai, ils seront payants avec différentes options pour une session de 15 semaines. Des cours pour des groupes privés sont aussi proposés.

Mme LeFrançois souligne avoir remarqué que les gens qui ont participé provenaient de différents endroits et n’étaient pas clients avant. « Une des raisons qui peut expliquer cela est le fait que les services virtuels sont internationaux. Nous avons des gens de l’Ontario, l’Outaouais, Montréal, La France et La Tunisie qui participent. Parfois, des gens d’une même famille, mais qui habitent des régions différentes s’entraînent ensemble avec nous. Notre nouvelle contrainte est le fuseau horaire ! »

Les propriétaires estiment que cette offre en ligne devrait se poursuivre même après l’ouverture physique du centre.

Réouverture incertaine

Pour ce qui est de la réouverture des centres d’entraînement, M. Trottier est inquiet quant aux mesures qui devront être prises, dont maintenir une distance de deux mètres. « Les appareils sont près et, par manque de place, nous ne pouvons pas distancer les appareils. Il y a l’expiration lors des efforts qui est amplifié, qui cause aussi un problème », avance-t-il.

M. Trottier ajoute que le port de masques ne peut être une option. « C’est impossible, simplement par le risque d’hyperventilation », affirme-t-il. L’entraîneur croit que la désinfection pourrait aussi être problématique. « Le gel désinfectant rend les barres et les poids glissants, donc dangereux pour nos membres. Nous touchons à beaucoup de choses dans un gym, autant avec les mains que la sueur. Nous aurons besoin de temps pour créer un mode de fonctionnement sécuritaire pour tout le monde, autant les membres que les employés », poursuit-il.

De son côté, Pulsation Zen, qui offre aussi des services de massothérapie et d’ostéopathie, indique que le port de blouses, visières et gants sera parmi les mesures apportées lors de la reprise des services en personne.

Aide financière

Faire du sport et bouger est important sur différents plans, autant pour la santé physique que mental que pour socialiser. « Les centres de conditionnement physique sont essentiels dans l’équilibre mental de beaucoup de personnes », affirme M. Trottier.

Devant ce constat, le propriétaire du Gym chez Trottier lance un cri du cœur afin de pouvoir survivre. « Présentement, nous sommes laissés dans une zone grise. Nous avons peu ou pas d’aide. La situation est critique pour plusieurs propriétaires. Nous avons besoin d’une aide pour simplement maintenir nos commerces en attendant leur réouverture », souligne-t-il.

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