Émile Hegarty-Aubin : de Gatineau à Sydney

Par Chloé-Anne Touma
Émile Hegarty-Aubin : de Gatineau à Sydney
Émile Hegarty-Aubin avait compté 13 buts et accumulé 20 points l’an dernier en jouant pour les Olympiques de Gatineau. (Photo : courtoisie)

Émile Hegarty-Aubin est l’un des joueurs privilégiés de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) pour qui la saison des matchs se poursuit, malgré la pandémie.

En février dernier, l’attaquant chamblyen de 19 ans marquait son dernier but au sein de l’équipe des Olympiques de Gatineau contre les Eagles du Cap-Breton, dont il fait maintenant partie. En juin, les deux équipes ont en effet procédé à son échange contre le défenseur de 20 ans, Kyle Havlena.

Des liens qui ne se brisent pas

C’est avec tristesse qu’il quittait alors ses coéquipiers de Gatineau, quoique enthousiaste à l’idée de continuer de jouer avec les Eagles dont la saison s’est poursuivie. « C’est certain que c’est toujours difficile de perdre ses coéquipiers en quittant une équipe. J’avais beaucoup de plaisir en leur compagnie à Gatineau, et ça faisait quand même 2 saisons que j’y jouais. Ce qui a rendu mon départ encore plus difficile, ce sont les circonstances dans lesquelles je les ai quittés. Avec la COVID, je n’ai pas pu aller les voir pour leur annoncer que je rejoignais les Eagles, il a fallu que je leur texte la nouvelle. Les joueurs d’une  équipe de hockey passent beaucoup de temps ensemble et sont soudés. J’aurais aimé que ça se fasse autrement que dans ces conditions. »

Le privilège de pouvoir continuer

Émile s’estime fortuné de poursuivre sa saison, bien qu’il ait une pensée pour ses anciens coéquipiers pour qui le fait d’être en zone rouge d’alerte COVID a tout fait arrêter. « On est chanceux, il n’y a pas plusieurs cas de COVID (à Sydney en Nouvelle-Écosse) et on n’est pas en zone rouge, donc on a la chance de continuer à pouvoir jouer. C’est dommage pour les joueurs des autres équipes comme les Olympiques dont ce n’est pas le cas. Je parle encore avec des amis qui sont là-bas et qui trouvent ça dommage car ils n’ont plus grand chose à faire. Ils continuent de pratiquer pendant la semaine, mais ils ont hâte de recommencer à jouer des matchs car c’est moins motivant de se pratiquer sans la compétition. »

Un trio performant et uni

Émile se dit également satisfait du trio qu’il forme avec Connor Trenholm et Liam Kidney : « Ça va super bien, on est rapides et performants, et on se complète super bien les trois. On s’entend bien aussi, on a une belle chimie. »

Le 24 octobre dernier, Émile avait compté le premier but lors du match contre les Mooseheads d’Halifax, défaits par les Eagles. Depuis qu’il est au Cap-Breton, il a récolté cinq points en six matches, une performance marquée qui donne suite à celle de l’an dernier, lors des 56 matches joués avec les Olympiques qui lui avaient valu 13 buts et 20 points accumulés.

Le hockey en temps de pandémie

Bien que les choses suivent leur cours pour les Eagles, ce n’est pas sans plusieurs ajustements apportés à leur routine. « Pour les entraînements, on est vraiment surveillés afin de limiter les risques de contracter la COVID. On a une application sur nos cellulaires dans laquelle on doit entrer nos symptômes si on en a. En rentrant à l’aréna, on nous prend notre température. Il faut tout le temps porter le masque. Et lorsqu’on sort, on fait très attention, on se lave les mains et on porte le masque. On sort entre joueurs et on se limite à notre cercle. Il n’est pas interdit de voir d’autres personnes, mais ce n’est pas recommandé. »

Plusieurs perspectives d’avenir

Quant à son emploi du temps, il n’a pas de difficulté à le gérer. « Je le gère aisément. Lors d’une journée typique, le matin, je vais à mes cours, ensuite j’ai mes entraînements en début d’après-midi, puis vers 15h, j’embarque sur la glace. Pour les joueurs qui vont à l’université, les horaires sont différents. Et on a toujours deux matchs par semaine, le vendredi et le samedi. Pendant la semaine, comparativement à l’année passée, on a le temps de se reposer pas mal les soirs de semaine, et on arrive en forme le vendredi et le samedi. »

Pour Émile, la vie à Sydney n’est vraiment pas différente de sa vie à Chambly, mais il admet qu’il lui a fallu s’adapter à l’omniprésence de l’anglais. « Je suis de plus en plus à l’aise à le parler et ça va très bien maintenant ».

« Je ne sais pas vraiment ce qui m’attend. Par contre, j’aimerais beaucoup aller à l’université. » – Émile Hegarty-Aubin

Émile n’a pas d’ambition précise quant à sa carrière sportive, mais il se confie sur son désir de faire de poursuivre ses études. « Je suis un joueur qui vit au jour le jour. Pour ce qui est du hockey, je vais là où les portes s’ouvriront pour moi. Je ne sais pas vraiment ce qui m’attend. Par contre, j’aimerais beaucoup aller à l’université, mais je ne sais pas encore dans quel programme. » Le jeune homme qui s’illustre au hockey, n’écarte aucune option quant à son avenir. S’il fait le choix d’embrasser sa carrière professionnelle à long terme, son esprit d’équipe, ses prouesses sur la glace, sa vivacité et son style fougueux continueront de faire rayonner la relève là où il ira.

Afin de permettre aux 7 équipes en zone rouge de jouer des matchs, la Ligue a soumis à la Santé publique un projet de tournoi qui se passerait soit au centre Vidéotron de Québec, soit à Shawinigan. Lors de la conférence de presse du jeudi 5 novembre, le Dr Horacio Arruda a dit être en pleine étude du dossier.

Que pensez-vous du fait de permettre à certaines équipes de poursuivre leur saison des matchs, tandis que d’autres sont à l’arrêt ?

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