La productrice de La Faille réalise un rêve

Par Martine Veillette
La productrice de La Faille réalise un rêve
Dominique Veillet (à droite) avec les comédiens Alexandre Landry et Isabel Richer, lors d’une journée de tournage à Fermont. (Photo : courtoisie - Éric Myre)

Dominique Veillet a toujours voulu travailler sur de la fiction. Après avoir œuvré pour créer plusieurs variétés, dont Génial, Star Académie, Donnez au suivant et Occupation Double, elle est la productrice de la fiction La Faille, diffusée sur Club Illico.

La résidente de Carignan raconte que c’est un rêve pour elle de travailler sur une fiction depuis qu’elle a fait ses études en arts et technologies des médias au cégep de Jonquière. Elle précise qu’il y a peu de femmes productrices de fiction au Québec. Son modèle est Denise Robert.

La productrice a œuvré sur les premières saisons de plusieurs émissions populaires qui sont, pour certaines, encore en ondes. « J’ai surtout participé à des émissions que j’ai mises au monde. J’aime partir des projets, mais après, je me tanne. Je n’aime pas répéter les mêmes affaires », affirme-t-elle.

La Faille est la première fiction sur laquelle elle travaille. « C’est un rêve que j’ai voulu faire toute ma vie. Je suis contente parce que ça dépasse toutes mes attentes », ajoute-t-elle.

La productrice soutient avoir eu une « grosse vague d’amour » de commentaires élogieux à la suite de la diffusion et souligne que la série a battu des records de visionnement sur le Club Illico. Il n’a cependant pas été possible d’obtenir les chiffres. « Je pense que les gens ont besoin de voir l’hiver », dit-elle pour expliquer cet engouement.

La série est un thriller. Le public est amené à se questionner sur l’identité du tueur. « On a eu un plaisir à mettre plusieurs suspects potentiels », indique la productrice. Elle ajoute que si certains y voient une ressemblance avec des polars norvégiens, il n’en est rien. « On est en train de faire notre signature québécoise », affirme-t-elle.

Son rôle

Elle illustre son rôle comme étant la colonne vertébrale d’un projet. Elle est présente du début à la fin du processus.

Une fois le projet accepté, parce qu’une maison de production en reçoit beaucoup, c’est la productrice qui doit former son équipe de techniciens. Ensuite, avec le réalisateur, ils sélectionnent la distribution. Le diffuseur a également son mot à dire sur le choix des comédiens.

« C’est un rêve que j’ai voulu faire toute ma vie. Je suis contente parce que ça dépasse toutes mes attentes. » – Dominique Veillet

L’équipe de production a également été chercher du financement supplémentaire à l’étranger pour pouvoir tourner la série. « Ça nous garantit par le fait même un rayonnement à l’international. C’est la première fois que c’est fait ainsi. Normalement, on crée un produit au Québec, qui est ensuite acheté et transformé ou traduit », indique la productrice. Elle estime que Netflix a apporté cet aspect de pouvoir produire une série ou un film ici pour ensuite l’exporter tel quel.

Plusieurs défis

Le tournage de la série, dont l’action se passe à Fermont, a comporté plusieurs défis. Un des plus importants pour Mme Veillet était de convaincre la Municipalité de Fermont ainsi que la mine, qui est un élément important dans la série, de les recevoir. « Il fallait trouver un échange de visibilité pour avoir la chance de tourner dans ces lieux. La mine n’en a pas besoin, mais nous, pour le scénario, on avait besoin d’y aller. Je suis de celles qui prétendent que tout est possible », affirme-t-elle. La productrice a donc réussi à les convaincre.

Le tournage là-bas a également été une épreuve, puisque les températures normales sont de – 45 degrés. La température a chuté à – 60 lors de leur présence. « J’adore l’hiver, et le réalisateur (Patrice Sauvé) aussi. On n’a pas peur du froid, mais on en avait minimalisé l’impact », dit-elle. Mme Veillet ajoute que certains comédiens avaient la bouche gelée lors de certaines prises.

Cependant, le tournage n’a pas pu se dérouler en entier là-bas, puisque c’est trop coûteux de s’y rendre. La production y est donc allée avec une équipe restreinte durant 11 jours. Le reste a été fait à Saint-Zénon, Terrebonne et au complexe Cousineau à Saint-Hubert.

Les tournages d’hiver sont également plus complexes, notamment si lors d’une journée, il neige. L’équipe doit alors reproduire de la neige pour les jours subséquents afin d’établir un raccord.

Comme la majorité des tournages au Québec, un des défis importants est de tourner dans un temps record. « Pour y arriver, on doit tourner de façon non chronologique », explique la productrice.

L’émission a été lancée sur le Club Illico en décembre dernier. Elle sera diffusée sur Addik TV en 2020 et finalement, à TVA en 2021.

Alors que la saison 1 commence à être diffusée, l’équipe de production planche déjà sur la seconde saison.

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