Richelieu : l’achat de la Caisse Desjardins polarise

Richelieu va de l’avant avec l’acquisition de l’immeuble de la Caisse Desjardins pour son projet de rénovation et d’aménagement de l’hôtel de ville et de la bibliothèque municipale malgré les 623 signatures au registre.

La salle du conseil municipal de Richelieu était remplie à pleine capacité (environ 55 citoyens) lors de la séance de la semaine dernière. À l’extérieur, ils étaient au moins tout aussi nombreux à ne pas pouvoir entrer.

En tout, 623 citoyens avaient signé le registre référendaire contre le règlement d’emprunt de 7,5 M$. Le montant devait permettre à la Ville de faire l’acquisition de l’immeuble de la Caisse Desjardins afin d’y déménager, puis d’y aménager son hôtel de ville et bibliothèque municipale. Le conseil a donc voté pour le retrait du règlement d’emprunt pour ensuite voter en faveur de l’acquisition du bâtiment à même les surplus de la Ville. « L’enjeu était sur le règlement d’emprunt. On l’a retiré et on va de l’avant tout de même avec le projet, autrement », fait entendre Claude Gauthier, maire de la Ville, lors de la séance. Il explique ensuite son point de vue. « C’est peut-être le plus beau projet que l’on n’a jamais eu entre les mains à Richelieu. Le bâtiment répond à nos normes et rassemblera tous nos employés au même endroit. »

Chiffres à dévoiler

Des citoyens sur place ont réclamé plus d’informations quant aux états financiers entourant le projet. Le conseil n’a pas été en mesure de dévoiler tous les chiffres impliqués dans la transaction, invoquant des clauses de confidentialité. « Je comprends que les gens n’ont pas tous les chiffres. Quand je vais pouvoir les présenter, les gens vont réaliser que c’est un bon coup que l’on a fait pour l’ensemble des citoyens », soutient le maire. Il mentionne qu’il pourra révéler ces chiffres quand Desjardins aura fini de négocier le bail. L’institution financière occupera désormais son ancien bâtiment à titre de locataire.

Un conseil divisé

L’acquisition divise les conseillers. Ils se sont tous exprimés quant à leur position sur le sujet. Tout d’abord, trois ont voté contre le projet. « Cette manière de fonctionner est irrespectueuse envers les citoyens. C’est un moment triste pour la démocratie à Richelieu », commente Jacques Darche. « C’est un beau projet qui n’a pas eu de véritable séance d’information. Ça aurait pu être un projet structurant, mais il a été mal ficelé », considère Jo-Ann Quérel. « Le plan de gestion des actifs n’est pas fait. Si ce n’est pas fait, on ne peut pas savoir où l’on s’en va réellement », estime Lucie Marchand.

À l’encontre, trois conseillers ont voté en faveur. « On a vu et revu les chiffres. On les a changés et travaillés pour le mieux. C’est un excellent projet et vous le verrez dans quelques années », indique Bruno Gattuso. « C’est profitable pour tous. La bibliothèque et l’hôtel de ville sont désuets. Des réfections pour se mettre aux normes ailleurs coûteraient une fortune », affirme Tania Ann Blanchette. « On est ici pour prendre des décisions pour l’avenir. C’est le meilleur projet pour que la Ville évolue. Cette opportunité est extraordinaire », complète Luc Bélanger. C’est le maire qui a tranché favorablement à l’achat. 

Comparer avec des projets antérieurs

Jacques Ladouceur, ex-maire et candidat qui brigue la mairie, s’est exprimé vigoureusement à quelques reprises lors de la séance. Au micro, il a notamment fait entendre son désaccord quant à l’achat de l’immeuble. Luc Bélanger a comparé l’achat de la Caisse Desjardins à des projets antérieurs, sous l’ère de l’ancien maire. « M. Ladouceur n’avait pas consulté plus que ça pour la caserne de pompiers, ni pour le chalet (parc Florence-Viens) », dit-il. « Je pense que l’on serait mieux de se taire. Change de sujet », a vociféré Jacques Ladouceur, assis à travers le public. « Je le sais, j’étais là », répond Luc Bélanger.

Pas de référendum

Devant le nombre de signatures au registre, dépassant le seuil requis de 470, des citoyens souhaitaient un référendum. « Un référendum, ça coute des sous. Ce n’est pas une obligation. Est-ce que la Ville a les moyens financiers d’aller de l’avant (avec le projet d’achat)? La réponse est oui », tranche Claude Gauthier.