Richelieu : la toute première élue de la ville

Huguette Archambault a été la première femme à être élue à Richelieu et a siégé à son conseil municipal, en 1984.

Mère de trois filles, la Richeloise Huguette Archambault venait de compléter sa maîtrise en urbanisme. La femme de 78 ans avait alors un contrat à la MRC de Rouville. Avec deux autres chercheurs, on lui avait attribué le mandat de créer le premier schéma d’aménagement. 

C’est le volet urbanistique qui l’a incitée à s’impliquer en politique municipale. Encouragée par son père, elle a tout d’abord été élue une année, en 1984, lors d’élections partielles. Pierre Lareau était maire du moment. Elle battait son candidat, en Pierre Ladouceur, 486 voix contre 336. « Ils ont été surpris », remarque celle qui vit à Richelieu depuis 1975. 

De façon « indirecte », elle soutient que c’est Simonne Monet-Chartrand qui l’a poussée vers la politique. La Richeloise, femme de l’illustre syndicaliste Michel Chartrand, était impliquée dans la ville. « Elle venait aux réunions du conseil, discutait, s’offusquait de dossiers », rappelle Mme Archambault. Les deux femmes faisaient partie de l’Association des propriétaires. Un jour, Huguette Archambault a été nommée pour devenir présidente de l’Association. « Encore timide, je disais que je pensais qu’il y a des hommes qui pouvaient avoir le titre. Elle (Simonne Monet-Chartrand) s’est choquée et m’a dit que j’en étais tout à fait capable », se souvient-elle.

Seule de son clan

Huguette Archambault devenait non seulement la première femme, mais elle était également la seule ne faisant pas partie de l’équipe du maire. « Disons que ça a été assez froid », indique la septuagénaire. Elle nuance toutefois que Pierre Lareau ne l’a pas exclue. « Il ne me donnait pas de gros dossiers, par exemple », recadre-t-elle. 

Elle reconnaît avoir dû travailler plus fort en tant que femme afin de se faire valoir. « C’était légèrement sexiste, comme conseil. Il fallait être forte pour exprimer son opinion. Des fois, il y a eu des frustrations », confie-t-elle

Cette victoire, elle l’attribue à trois aspects l’ayant aidée : le fait d’être une femme, de ne pas faire partie de l’équipe Lareau, ainsi que ses compétences en urbanisme. Elle a d’ailleurs révisé le « peu » de règlements en urbanisme du moment. « En principe, une conseillère ne fait pas ça. C’était moins étanche que maintenant. Aujourd’hui, le conseil municipal a son rôle et les employés ont le leur », convient-elle. 

Un dépliant orangé

« C’est tellement minimaliste », lance Mme Archambault, en montrant au journal le dépliant orangé qui contenait sa présentation du moment. C’est avec ce document qu’elle a fait son porte-à-porte. En fouillant à travers la documentation qu’elle a conservée, elle souligne que le taux de participation avait été de 59 %. Aux élections municipales de 2025, le taux de participation de Richelieu s’est élevé à 42,79 %.

Après cette première année, elle a été réélue. Elle a traversé un premier mandat complet. Cette fois, une seconde femme s’ajoutait au conseil en Marielle Demers (Ferland). Plus tard, de 1993 à 1995, Nicole Millette a été mairesse de Notre-Dame-de-Bonsecours (NDB). Mme Archambault définit que NDB était la « campagne » de Richelieu. En 2000, elles ont fusionné. 

Après son mandat, elle n’est pas revenue à la charge. « C’était très exigeant. Quand tu dis à ta fille, qui veut te parler, qu’elle doit se dépêcher, car tu as une réunion, je me suis dit que ça faisait. J’ai fait un choix », assume la femme. Elle fait savoir que les allocations reçues ne couvraient même pas les frais de gardiennage. Mme Archambault a ensuite travaillé dans le domaine de la revitalisation de quartiers anciens, entre autres à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Saint-Constant.

De nouvelles infrastructures

Quand Huguette Archambault était du conseil municipal, les enjeux du moment concernaient notamment le traitement des eaux usées. La résidence Villa Belle Rivière et le premier CLSC richelois étaient encore fraîchement construits. Il en était de même pour la piscine et les terrain de tennis. 

À ce moment, la bibliothèque municipale se trouvait là où se déroulent les séances du conseil municipal. Elle a plus tard été relocalisée au sous-sol quand les travaux publics ont déménagé. « C’était une belle innovation. C’était tout neuf. On a apprécié, mais là, elle a fait son temps », considère-t-elle. Elle ajoute qu’à Richelieu, la culture n’est pas suffisamment mise en valeur.

Huguette Archambault est présidente du Comité Logement de Richelieu (COLORI), créé en 2023 après la vente de la résidence Villa Belle Rivière. Il vise à trouver des solutions au problème de logement abordable pour les personnes âgées de 60 ans et plus.