Montérégie : méthode d’embauche revue afin de recruter le personnel
Le Centre de services scolaire des Hautes-Rivières se dit « fier » du taux de postes comblés au moment d’amorcer sa rentrée scolaire.
La veille de la rentrée scolaire, Marie-Claude Huberdeau, directrice générale (DG) du Centre de services scolaire des Hautes-Rivières (CSSHR), a communiqué au journal les données concernant le personnel en place.
« Ce sont de beaux taux », annonce Mme Huberdeau avant d’énumérer : 99,3 % chez les enseignants, 91 % pour les techniciens en éducation spécialisée, 97 % chez le personnel en service de garde en milieu scolaire, 100 % en ce qui a trait aux professionnels psychologues, orthophonistes et conseillers en orientation, 96 % pour les psychoéducateurs et 93 % chez les orthopédagogues.
Faciliter le recrutement
Pour en arriver à afficher ces statistiques, la DG met de l’avant les démarches des ressources humaines du centre de services. L’année dernière, celles-ci avaient le mandat de revoir l’ensemble de leurs processus d’attraction et de recrutement. « Il y a cinq ans, on avait des postes, on faisait des séances d’affectation, les gens s’affectaient et ça se faisait de façon plutôt mécanique », compare Mme Huberdeau. La méthode a été revue. Elle remarque que les foires d’emplois tenues en mai et juin ont contribué. Aussi, une formule « clés en main » a allégé le protocole d’embauche. « On a préqualifié des gens, entrevues sur place, ouvertures de dossiers, antécédents judiciaires, promesses d’emploi, etc. Plein d’étapes en quelques heures qui, autrefois, pouvaient prendre au moins une semaine », synthétise la tête dirigeante du CSSDHR.
Manœuvrer à travers les coupures
En juin, le ministère de l’Éducation du Québec (MEQ) annonçait des compressions budgétaires de 570 M$ pour la prochaine année. En juillet, le gouvernement corrigeait le tir et injectait 540 M$ destinés aux services aux élèves dans les écoles. Ces annonces ont créé un vide à combler en matière de personnel dans certains CSS. « Ça nous a obligés à travailler différemment », convient Marie-Claude Huberdeau. Le CSSDHR a repoussé sa séance d’affectation au 20 août. « Dans les faits, j’ai pratiquement le même niveau de services que l’année dernière. J’ai assurément perdu des gens pour d’autres secteurs, mais j’en ai récupéré d’autres. »
Marie-Claude Huberdeau ne commente pas les décisions du MEQ. « J’avise quand il y a des enjeux et des impacts possibles dans mon organisation. Mon rôle est de faire ressortir les problèmes de nos milieux », cadre-t-elle.
Pour le moment, il n’est pas possible de chiffrer la hauteur des coupures vécues par le CSSDHR en raison du budget qui n’est pas encore adopté. Toutefois, en juin, l’effort de compression demandé aux écoles s’est élevé à 5,4 M$. « Dès le retour des vacances, j’ai renversé cet effort et les écoles ont pu réinvestir », balance la DG. Pour l’instant, les écoles ne peuvent plus faire d’ajouts pour combler des postes à temps partiel, comme c’était le cas antérieurement. « Le temps que l’on adopte notre budget, on a demandé de faire une pause là-dessus pour valider notre capacité à réellement investir. »
Garder le contrôle
« Je l’ai toujours dit, c’était sans précédent », admet la DG devant cette situation. Elle soutient ne pas avoir cédé à la panique. « C’est mon rôle de rester en contrôle, peu importe ce que l’on me présente. Il est attendu de moi que je trouve des solutions et que je pilote cette organisation. On a retroussé nos manches et on s’est mis en action », indique la femme, qui rappelle avoir 45 établissements et 4 300 membres du personnel à « faire rouler ».
Code d’éthique pas unanime
Un nouveau Code d’éthique imposé par le gouvernement du Québec aux membres du personnel scolaire ne fait pas l’unanimité dans le milieu de l’éducation. Québec décrit que le Code d’éthique doit notamment indiquer les pratiques et les conduites attendues des personnes appelées à travailler auprès des élèves. Il doit également prévoir l’obligation de signaler sans délai à l’Organisme scolaire tout manquement aux dispositions qu’il contient et qui peut raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique ou psychologique des élèves. « J’ai toujours géré en me disant que le personnel et les élèves me regardent : je dois être un modèle, affirme Mme Huberdeau, qui a été enseignante dans le passé. Ça vient avec un certain standard de comportements. Tout ce qu’il y a là-dedans, ce n’est que du gros bon sens. »
Des membres du personnel et des syndicats remettent en question la nécessité d’avoir un Code d’éthique pour édicter ce qu’ils qualifient eux aussi de « gros bon sens ». « La vaste majorité du personnel l’applique déjà. Par contre, de venir l’affirmer haut et fort, moi, j’y vois une certaine fierté collective. Je ne dis pas que ça prenait ça pour le faire, mais j’y vois une plus-value », considère Mme Huberdeau.
Rentrée scolaire entamée
« Retrouver nos élèves, c’est notre raison d’être », met en reflet la DG. Elle conclut sur le portrait présent. « Oui, il y a des choses et des réalités que l’on ne voyait pas avant. Le contexte financier actuel, il est là. Je ne dis pas que tout sera rose et facile, mais on va gérer et on va trouver des solutions », porte comme regard la DG, en cette rentrée scolaire désormais amorcée.
