Montérégie : certains établissements ne passent pas le Bulletin des écoles secondaires
L’Institut Fraser a lancé son annuel Bulletin des écoles secondaires du Québec 2025. Où se positionnent les écoles du territoire?
Le Bulletin des écoles secondaires du Québec 2025 classe 470 écoles publiques. Selon certaines exigences, toutes les écoles ne peuvent être évaluées et classées. C’est le cas de l’école secondaire de Chambly, qui ne se trouve pas au palmarès. La raison est qu’elle n’accueillait que des élèves du premier cycle avant l’agrandissement, qui s’est terminé l’an dernier.
Ailleurs sur le territoire
Au Centre de services scolaire des Hautes-Rivières (CSSDHR), l’école Monseigneur-Euclide-Théberge (MET) de Marieville obtient 6,4/10 alors que l’école Paul-Germain-Ostiguy reçoit 4,3/10.
Données du ministère
L’Institut Fraser explique que pour en arriver à ces résultats, le Bulletin utilise exclusivement des données officielles du ministère de l’Éducation, notamment : les résultats aux épreuves ministérielles de 4e et 5e secondaire dans quatre matières, les taux d’échec, la progression des élèves, les écarts filles-garçons ainsi que la cohérence entre les notes d’école et les résultats aux examens.
Yanick Labrie, chercheur associé à l’Institut Fraser, révèle que les écoles peuvent être réticentes au Bulletin pour diverses raisons.
« Parce qu’il met en lumière des contrastes parfois inconfortables, parce qu’il introduit une forme de reddition de comptes ou simplement parce que ses critères diffèrent de ceux qu’elles privilégient pour s’autoévaluer », énumère le chercheur.
Réponse du CSSDHR
Le CSSDHR répond à l’édition 2025 du palmarès des écoles secondaires du Québec. Il soutient qu’il est d’abord important de préciser que l’Institut Fraser établit son classement à partir d’une cote globale en grande partie déterminée par les résultats des élèves aux examens ministériels.
« De notre côté, nous tenons compte d’un plus grand nombre d’indicateurs pour évaluer la réussite éducative », indique le CSSDHR.
Le Centre met de l’avant que sa priorité demeure la diplomation et la qualification de ses élèves, soit l’obtention d’un premier diplôme ou d’une première qualification dans les sept années suivant l’entrée au secondaire. « En ce sens, nous nous attardons davantage aux taux de réussite dans les matières à sanction, lesquels contribuent à la diplomation de nos élèves, qu’aux résultats obtenus aux épreuves ministérielles », dit-il.
Le CSSDHR fait savoir que pour atteindre sa cible de 80 % en 2027, il a mis en place plusieurs mesures, comme le suivi des élèves à risque de décrochage. « Les absences, même justifiées, constituent un facteur que nous surveillons attentivement, particulièrement au secondaire, où l’absentéisme peut influencer les résultats et entraîner un désengagement scolaire », ajoute le CSSDHR.
Cette année, l’organisation scolaire affirme avoir instauré une nouvelle approche : le suivi de cohortes. Cette démarche lui permet d’analyser le parcours des élèves de manière « rigoureuse » dans l’ensemble de ses établissements secondaires ainsi qu’au Centre d’éducation des adultes La Relance et à l’École professionnelle des Métiers. Ce suivi est assuré par une équipe multidisciplinaire composée de directions, de conseillers d’orientation et d’intervenants du milieu. Ensemble, ils définissent les actions concertées pour soutenir les élèves les plus à risque et leur offrir une trajectoire qualifiante adaptée à leurs besoins et intérêts. « En ce qui a trait au palmarès, nous ne sommes ni satisfaits ni insatisfaits des cotes. Pour nous, la véritable mesure de la réussite réside dans la diplomation et la qualification, et non uniquement dans les résultats aux épreuves ministérielles. Cela dit, nous poursuivons nos efforts pour réduire l’écart qui peut parfois exister entre les notes obtenues en classe et celles des examens ministériels », conclut le CSSDHR.
Choisir son école
Yanick Labrie nuance que le classement ne doit pas être le seul critère pour faire un choix d’école. « Mais il constitue un excellent point de départ », considère-t-il. Le chercheur rappelle que les parents tiennent compte de plusieurs dimensions, entre autres, les programmes offerts, l’ambiance, la distance du domicile, les activités parascolaires et les besoins particuliers de leur enfant. « Ce que notre classement apporte, c’est un élément que les parents n’ont pas autrement : une mesure objective et comparable du rendement académique des écoles, basée sur les mêmes examens standardisés pour tous. C’est un complément d’information essentiel, mais qui doit être intégré à l’ensemble des facteurs que les parents jugent importants dans le choix d’une école pour leur enfant », termine M. Labrie.
