Rentrée scolaire 2025

Chambly : une enseignante en avance

Le journal s’est invité dans la classe d’Alexe Deschatelets, enseignante de première année à l’école Jacques-De Chambly, qui préparait son local afin de vivre cette nouvelle aventure scolaire qui s’amorce. 

C’est également la rentrée scolaire pour les enseignants, qui feront connaissance avec une vingtaine de nouveaux petits visages.

L’école Jacques-De Chambly était presque vide lorsque nous nous sommes présentés sur place. Alors que ses homologues ne débutaient que cette semaine, Alexe Deschatelets arrive une semaine plus tôt afin de se préparer à un rythme qui lui convient. « Tout simplement parce que j’aime ça, pouvoir placer ma classe avant. Pendant les journées pédagogiques (précédant la rentrée), on a beaucoup de rencontres. Ça m’enlève un stress », explique l’enseignante. Ses collègues connaissent cette habitude hâtive qu’elle perpétue. « Elles trouvent ça comique, à la limite. Elles savent que ça fait partie de mon personnage », identifie-t-elle.

Fin des vacances

Il s’agira de sa huitième rentrée scolaire. « Je ressens de l’excitation. J’ai toujours très hâte de rencontrer mes élèves. Je me sens bien dans mon métier », exprime-t-elle avec émerveillement.

En tout premier lieu, quand elle retrouve sa classe, les meubles sont à replacer. Elle s’attaque ensuite à la préparation des documents, en vue de rencontrer les parents. Chaque année, sa mère et son beau-père viennent l’aider. Équipé de ses outils, le beau-papa contribue notamment à des besognes manuelles. La mère, quant à elle, effectue des tâches liées à l’entretien ménager. « Ils sont rendus drillés, soutient l’enseignante avec le sourire. Ils savent maintenant quelles sont leurs tâches. Ils connaissent l’importance que ça a pour moi et ça m’aide à mieux commencer l’année », affirme celle qui compare sa classe à un milieu de vie. 

De nouveaux humains

Le type de groupe qu’elle aura influence son approche initiale. « L’an dernier, je savais à l’avance que j’aurais une classe un peu plus difficile. C’était une cohorte qui demandait plus la présence de technicien en éducation spécialisée en classe. Je vivais de nouveaux défis », mentionne-t-elle. Elle a dû accorder davantage de temps à l’encadrement et à la structure.

Vers la fin de l’année, en prévision de la venue d’une nouvelle cuvée d’écoliers, elle s’adonne en amont à quelques activités avec les élèves de niveau préscolaire. « Déjà, ça leur fait connaître nos visages et on crée ainsi des liens. C’est un premier contact qui se fait », établit Mme Deschatelets. La veille de la rentrée, elle envoie aux parents un document présentant qui elle est. Ceux-ci peuvent en prendre connaissance avec leur enfant. Le jour J, elle le consacre à des activités qui permettent de se découvrir.

Un défi budgétaire

D’une année à l’autre, les défis changent. Au coeur de ceux-ci se trouvent les restrictions budgétaires. « On a la chance d’avoir une directrice très flexible. Malgré les coupures, elle trouve des moyens. Je sais que ce n’est pas la réalité de tout le monde. Je ne sais pas comment elle fait. C’est une magicienne », confie Alexe Deschatelets. À l’école, elle porte le chapeau de technopédagogue. Elle est libérée pendant une plage horaire afin d’accomplir cette tâche. En juin dernier, en raison des compressions budgétaires de 570 M$ annoncées par le ministère de l’Éducation, elle perdait cette affectation. En juillet, Québec est revenu sur sa décision, précisant que 540 M$, destinés aux services aux élèves dans les écoles, seraient injectés. Mme Deschatelets pourra donc à nouveau jouer ce rôle. « Ça a été comme un yoyo, beaucoup d’émotions et d’ajustements », convient-elle.

Des parents à apaiser

Rencontrer de nouveaux élèves veut aussi dire de nouveaux parents avec qui communiquer. « Au départ, c’était mon plus grand stress, les parents. Avec le temps, je me suis rendu compte qu’ils ne veulent que le meilleur pour leur enfant et qu’ils ont besoin d’être rassurés », décrit la femme. Elle mise sur la première rencontre de parents pour faire comprendre qu’elle sera disponible pour le bien de leur enfant. « Ça les apaise beaucoup », remarque-t-elle. L’utilisation d’une application à travers laquelle elle peut déposer de l’information quotidienne concernant le déroulement en classe sert la cause. « Ça donne l’impression qu’ils sont avec nous. Ça établit un lien de confiance », assure-t-elle. 

Accueillir un nouvel élève

Sur le territoire, des parents ont témoigné leur appréhension quant à leur enfant qui change d’école et qui doit intégrer un nouveau milieu scolaire. L’an dernier, Alexe Deschatelets a eu deux écoliers arrivant d’un autre environnement. Elle prépare ses élèves en intégrant le volet des sentiments. « Je leur demande s’ils ont déjà vécu des situations où ils étaient nouveaux quelque part, cherchant à savoir comment ils se sont sentis », dit-elle. Lors des premières récréations, un comité est créé afin d’explorer l’espace. « Quatre-vingt-dix-huit pour cent des élèves veulent ce rôle. Ça crée un engouement d’environ une semaine. Il est une sorte de vedette », définit-elle.

Elle renchérit, ajoutant que c’est après cette période que le défi s’installe. « Par la suite, c’est de le maintenir, car l’effet de nouveauté est parti. À son retour de recréation, on s’assure de savoir avec qui il a joué et de valider comment il se sent à la fin de la journée », termine l’enseignante.